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Coupe du monde: un groupe russe compte dénoncer les homosexuels à la police

Temps de lecture : 2 min

Après les hooligans, c'est au tour des Cosaques.

Lito et Hernando de la série Sense8 à la Gay Pride de Sao Paulo | Capture d'écran via Youtube License by
Lito et Hernando de la série Sense8 à la Gay Pride de Sao Paulo | Capture d'écran via Youtube License by

À l’aube de la Coupe du monde, la Russie est décidément un pays où il ne fait pas bon être lesbienne, gay, bisexuel ou transgenre.

Après les hooligans, c’est au tour des Cosaques de menacer la communauté LGBT. Des membres de ce groupe militaire religieux et ultra-conservateur se sont portés volontaires afin d’aider à sécuriser les stades. Comme le rapporte Indy100, leur concesption de la sécurisation est bien particulière: à Rostov-sur-le-Don, une des villes hôtes pour cette compétition internationale, les Cosaques ont menacé de dénoncer à la police toute démonstration publique d’affection entre deux hommes.

«Nos valeurs placent la foi orthodoxe et la famille au premier plan: s’il l’on voit deux hommes s’embrasser, on les dénoncera et leur sort sera entre les mains de la police», a expliqué Oleg Barannikov, coordinateur en chef du groupe.

Les Cosaques ont pour réputation d'être violents et homophobes. Pendant les Jeux olympiques d'hiver de 2014, la milice avait attaqué les Pussy Riot (un groupe de punk rock féministe russe) à coup de fouets alors qu'elles tentaient d'entamer une chanson à trente kilomètres du site olympique.

La Russie, un pays anti-LGBT

Si l’homosexualité n’est pas illégale en Russie, ce pays fait partie d’un des plus hostiles envers les LGBT. Depuis 2013, la loi «anti-propagande homosexuelle» réprime la «promotion des relations sexuelles non traditionnelles auprès des mineurs». La Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) avait condamné cette législation car elle «renforce la stigmatisation» des homosexuels et «encourage l’homophobie, qui est incompatible avec les valeurs d’une société démocratique». Depuis l’adoption de cette loi, le nombre de crimes haineux a doublé.

En 2012, la ville de Moscou a tout simplement banni la Gay Pride (Marche des fiertés) pour cent ans. Les représentants locaux avaient alors expliqué qu'ils souhaitaient éviter le désordre public engendré par cette fête –sans oublier de souligner que «de toute façon, les Moscovites n’étaient pas fan de cet évènement».

Le 28 mai dernier, Pinknews rapportait que les Orel Butchers (un groupe de supporters russes connus pour leur violence) avaient proféré des menaces à l’encontre des supporters anglais homosexuels.

Pourtant, la Fédération Russe de Football a assuré que les supporters homosexuels pourraient «se sentir en sécurité et à l'aise lors de la compétition».

«Les instances footballistiques russes vont tout faire pour que la Coupe du monde se passe sans incidents. Une fois la compétition terminée, l'homophobie et les lois anti-LGBT perdureront», a déclaré Alexandre Agapov, président de la Fédération Sportive LGBT russe.

Slate.fr

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