Parents & enfants / Monde

Arrêtons de stigmatiser les bébés qui pleurent (et leurs parents)

Temps de lecture : 2 min

Ils faut les laisser gazouiller et babiller en paix.

Deux bébés en pleine compétition de pleurs à Tokyo  | Kazuhiro Nogi / AFP
Deux bébés en pleine compétition de pleurs à Tokyo | Kazuhiro Nogi / AFP

Au Japon, les pleurs de bébé sont considérés comme un gage de bonne santé. Pourtant, ce pays fait partie des moins tolérants envers les gazouillis et autres babillages de nouveau-né. En cause: un taux de natalité en baisse continue depuis 37 ans. La population japonaise serait tout simplement moins habituée à la présence de bébés.

Un groupe de treize hommes politiques se sont ligués pour éliminer toute stigmatisation à l’égard des bébés qui pleurent. Ce 4 juin, ces élus ont publiquement annoncé leur soutien au projet «We Love Babies» –qui fait campagne depuis 2016 pour permettre aux bébés de pleurer librement dans l’espace public. À l’aide de stickers portant la mention «Il n’y a pas de mal à pleurer» collés sur leurs vêtements, ils veulent faire changer les mentalités.

Quartz explique que cet engagement accompagne une nouvelle direction politique du Premier ministre Shinzo Abe où la famille retrouverait une place centrale dans la société japonaise.

Des bébés mal aimés

Cette intolérance envers les chérubins et leurs «areuh» peut aller très loin: des projets de construction de crèches ont été stoppés par des riverains qui craignaient une trop grande «pollution sonore» occasionnée par les plus petits. Plus alarmant encore: un homme de 43 ans a menacé un homme et sa fille de six ans avec une hachette. D’après la police, le quarantenaire ne supportait plus le «tapage» causé par la garderie voisinne et les enfants.

En octobre 2017, la compagnie aérienne All Nippon Airways, avait même mené une étude pour essayer de trouver une solution qui empêcherait les bébés de pleurer pendant le décollage et l'atterrissage. Toutefois, on vous rassure, comme le souligne Quartz, dans la plupart des cas les pleurs de bébés ne s’accompagnent que d’un simple regard désapprobateur.

Un bébé ne doit pas pleurer?

«La société japonaise a encore tendance à mettre mal à l’aise les parents de bébés qui pleurent», explique Eikei Suzuki, gouverneur de la préfecture de Mie.

Selon Quartz, il est courant pour les parents japonais d’éviter d’amener leurs enfants dans les espaces publics bondés par peur d’être réprimandés. Cette stigmatisation empêche même certaines femmes de prendre les transports en commun aux heures de pointe. Pire, un communiqué de All Nippon Airways conseille tout bonnement aux parents «d’éviter les voyages en avion» en raison du bruit que pourrait engendrer leurs progénitures.

Pourtant, ces pleurs sont un moyen de communication pour les bébés: ils peuvent signifier la faim, la douleur, l'ennui, la peur, l'inconfort. Au lieu de vouloir à tout prix les stopper, pourquoi ne pas essayer de les comprendre? L’université de Californie a d'ailleurs lancé une application mobile, ChatterBaby, pour traduire les pleurs des bébés.

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