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YouTube: après la démonétisation, les publicités anti-LGBT

Temps de lecture : 2 min

«J'ai compris que le mot “trans” déclenchait l'algorithme YouTube», raconte Chase Ross.

Après la démonétisation, les publicités anti LGBT | JuralMin via PixabayLicense by

Entre Fortnite, les théories du complot et les beauty gurus, YouTube offre du contenu pour tous les goûts et pour tous les publics. C'est aussi une plateforme d'expression pour des YouTubeurs et YouTubeuses LGBT: Hannah Hart, Tyler Oakley ou encore Shane Dawson parlent de leur sexualité librement, jusqu’à faire leur coming out sur leur chaîne.

Aux États-Unis, juin est officiellement le mois des fiertés LGBTQ+, un événement qui vise à améliorer la visibilité d’une communauté souvent marginalisée et à célébrer la diversité sexuelle. Pourtant, depuis quelques jours, plusieurs utilisatrices et utilisateurs de YouTube se sont plaints de la présence de publicités «anti-LGBT» sur des vidéos.

«Hey @TeamYoutube, vous pourriez m'expliquer pourquoi je reçois des publicités provenant d'organisations OUVERTEMENT anti-LGBT? (Et oui, en plus avec un lien pour les dons)».

Comme l'explique The Verge, l’Alliance Defending Freedom est à l’origine de ces publicités anti-LGBT. Par le passé, cette organisation chrétienne conservatrice s’est souvent illustrée par sa haine envers les lesbiennes, gays, bisexuels et trans, promouvant la stérilisation forcée pour les personnes transgenres et luttant pour la criminalisation des homosexuels aux États-Unis.

YouTube, une plateforme pas si LGBT friendly?

Comme le rappelle The Verge, en 2017 YouTube avait déjà été accusé de démonétiser, de soumettre à une restriction d’âge ou de passer en «mode restreint» –fonction qui s’active lorsque YouTube juge un contenu «inapproprié»– des vidéos liées aux LGBT.

Le 28 mai 2018, Chase Ross, un YouTubeur transgenre, a publié une vidéo sur sa chaîne uppercaseCHASE1 où il explique que ses récents contenus sont systématiquement soumis à une restriction d’âge. Pire, certaines de ses anciennes vidéos ont été démonétisées ou même effacées. En cause, la mention «trans» ou «transgenre» dans le titre: ce YouTubeur documente sa transition FtM depuis maintenant douze ans sur sa chaîne.

«Ne me dites pas que YouTube ne cible pas les personnes transgenres? Mes deux vidéos étaient placées en “mode restreint”, je les ai supprimées et j'ai édité le nom du fichier et de la vidéo sans le mot “trans”».

«J'ai cherché à comprendre pourquoi mes vidéos étaient soudainement démonétisées. En effectuant quelques tests, j'ai compris que le mot “trans” déclenchait l'algorithme YouTube. Ce site était un havre de paix pour grand nombre de personnes trans. Je fais partie de ces personnes. Ça me fait du mal de me dire que certaines personnes ne veulent plus de nous sur cette plateforme», témoigne Chase Ross dans un échange de mails avec The Verge.

Megan Farokhmanest, journaliste à The Verge souligne l’importance des contenus LGBT sur YouTube: «Ces restrictions ne touchent pas seulement les YouTubeurs. Elles privent toute une communauté, en particulier les plus jeunes, d’avoir un accès libre à des informations et des témoignages qu’ils ne retrouvent pas autre part».

Slate.fr

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