Santé

Passé cinquante ans, on ne plaisante plus avec sa santé

Temps de lecture : 2 min

[BLOG You will never hate alone] C'est pas moi qui le dit, ce sont les docteurs. Et évidemment, trouillard comme je peux l'être, je suis leurs recommandations. À la lettre même.

Flickr/John Jones-Assorted Doctors Tools
Flickr/John Jones-Assorted Doctors Tools

Arrivé à la cinquantaine, soudain la question de notre santé qui jusqu'alors se contentait de se poser quand survenait un problème ou une défaillance, devient une source d'attention quasi-quotidienne. C'est que désormais la maladie, la mort ne sont plus ces choses impossibles que jadis nous considérions comme étant réservées à des individus dont l'âge de péremption était largement dépassé. La mort n'existait pas vraiment, elle était juste cet événement qui devait bien survenir un jour mais inscrite dans un futur si lointain qu'elle apparaissait comme vide de toute réalité.

Arrivé à cinquante ans, tout change.

Ce n'est pas que nous vieillissons d'un coup d'un seul ou que notre corps commence à flancher d'une manière déraisonnable, non, c'est juste que nous ressentons avec une acuité supplémentaire les assauts du temps, le martèlement des années qui désormais se comptent les unes après les autres, ce lent écoulement de la vie qui s'en va nous conduire un jour prochain aux abords du cimetière.

Et comme l'idée de cesser d'exister ne nous enchante guère, que le corps lui-même perd un peu de son assurance et de sa prestance, voilà que désormais nous attachons une importance parfois démesurée à notre santé et à tout ce qu'elle recouvre. On se découvre une passion pour nos taux de glucides et de cholestérol, on s'intéresse de près à nos chiffres de tension artérielle, on s'examine sous la lumière blanche de la salle de bains à la recherche de la moindre anomalie susceptible de devenir demain la tumeur tant décrite dans les journaux, on devient plus prudent, plus mesuré dans nos excès et on réalise que si nous voulons rester vaillants le plus longtemps possible, il va nous falloir ruser avec notre corps et l'aider à se maintenir en forme.

Commence alors la chasse aux sucres divers et variés, à tout ce qui encombre et alourdit les artères, à tout cet apanage de colorants, d'additifs, de saloperies en tous genres dont l'évocation hier encore provoquait chez nous un simple haussement d'épaules, comme si leurs effets néfastes ne pouvaient nous concerner. Et comme les savants nous disent que nous sommes ce que nous mangeons, nous commençons à entretenir avec la nourriture une relation équivoque et compliquée, passionnelle et irrationelle, où chaque aliment, chaque produit destiné à être consommé est examiné sous toutes ses coutures avant d'être admis à notre table.

On a des prudences de grand-père, des attentions de vieux malade, des préoccupations de starlette. On s'économise des folies nourricières, on se restreint sur le fromage, sur le vin, sur les graisses, sur à peu près tout; bientôt on se surprend à calculer le nombre de grammes de sucres digérés dans une journée; on papillonne de sites en sites, de conseils en conseils, de livres foireux en livres foireux à la recherche du Graal et parfois dans cette quête constante de l'excellence, on en oublie de vivre.

On se met à courir, on achète des podomètres, des haltères, des vélos d'exercice. On avale du bitume, on s'inscrit à des semi-marathons, on recherche l'adresse du meilleur club de sport où l'on se rend avec l'assiduité d'un premier communiant. On se pèse, on se mesure, on s'écoute, on s'inquiète et au moment de se coucher, juste avant de s'endormir, on en vient à mesurer si on a bien consommé sa fichue ration de fruits et de légumes. On se promet de redoubler de vigilance, on part dans les supermarchés avec une loupe dans sa poche, on mange varié, bio, équilibré et si d'aventure, on s'autorise un écart, on se met à la diète les jours suivants. On range nos cigarettes, on oublie nos liqueurs d'après-dîners; passées dix heures du soir, on bâille à s'en décrocher la mémoire afin de précipiter un sommeil qu'on espère être le plus réparateur possible.

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Et à la première alerte survenue, on se demande dans un grand cri d'angoisse: «Et si c'était le début de la fin ?»

Vivement la soixantaine !

Laurent Sagalovitsch romancier

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