Égalités / Monde

À Portland, un «happy hour» financé par des Blancs en réparation de l'esclavage

Temps de lecture : 2 min

Lors de cet événement dans un restaurant local, des personnes non blanches reçoivent 10 dollars en forme de «réparations» pour les injustices passées aux États-Unis.

Cocktails | SPICYICECREAM via Flickr CC License by
Cocktails | SPICYICECREAM via Flickr CC License by

Le 21 mai à Portland aux États-Unis, l'association Brown Hope a organisé un happy hour spécial pour personnes de couleur. Chaque non Blanc ou Blanche qui se présentait à la porte du restaurant avait droit à un billet de dix dollars venu d'une cagnotte financée par des personnes blanches. Environ quarante personnes ont participé.

Le créateur de cette initiative, Cameron Whitten (un activiste de 27 ans qui avait fait campagne pour être maire de Portland en 2012), a baptisé l'événement «Happy Hour de réparation» (ou «Reparations happy hour») en référence à l'idée que les Afro-Américains devraient recevoir des réparations financières pour compenser les siècles d'esclavage et de discrimination aux États-Unis.

«Safe space» et critiques

Sur le site de l'événement, il est précisé que les personnes blanches ne sont pas invitées au restaurant.

«Les Blancs peuvent être présents et nous aider en DONNANT des réparations. Au lieu d'être physiquement présents, votre présence sera ressentie à travers votre aide financière pour soutenir la guérison, le leadership et les réseaux de la communauté noire, de couleur et amérindienne.»

Whitten a expliqué à la presse que cet happy hour était une façon de montrer aux personnes de couleur que leur souffrance était comprise et reconnue, ainsi que de créer un espace sécurisé («safe space»).

«On parle beaucoup, on cherche des excuses. Mais quand arrive-t-il que nous reconnaissions vraiment la souffrance de quelqu'un? Nous avons tellement l'habitude de l'injustice que dix dollars est un répit», a-t-il dit au journal The Oregonian.

Des photos des participants avec leur billet de banque ont été postées sur Twitter.

Un projet de loi pour donner des réparations financières aux Afro-Américains est réintroduit au Congrès américain chaque année depuis 1989 par le député John Conyers mais n'avait récemment qu'une douzaine de soutiens (sur plus de 500 représentants).

Sur les médias et les réseaux sociaux, les réactions ont été plutôt négatives. D'un côté, certains ont accusé le concept de ridiculiser l'idée de réparations en les réduisant à un billet de dix dollars dans un restaurant. D'autres ont trouvé que l'initiative ressemblait à une parodie d'activisme antiraciste qui poussait la rhétorique du privilège blanc jusqu'à l'absurde.

Slate.fr

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