Égalités / Sports

Coupe du monde: des hooligans russes «veulent traquer et poignarder» les supporters gay

Temps de lecture : 2 min

Pas du tout LGBT friendly.

Des supporters russes allument des fumigènes au stade Eduard Streltsov à Moscou | YURY MARTYANOV / KOMMERSANT / AFP License by

La Coupe du monde en Russie débute le 14 juin prochain. Le spectre d’éventuels affrontements générés par les hooligans russes planent sur la compétition. En février 2017, la BBC diffusait un reportage sur les Orel Butchers –un groupe de supporters affilié au Lokomotiv, Moscou– dans lequel ils promettaient un «festival de violence». Pendant l’Euro 2016 en France, ces fans s'étaient déjà fait remarquer pour de violentes altercations avec des supporters anglais.

De nouvelles menaces proférées par des hooligans russes viennent de faire surface, cette fois à l’encontre des supporters anglais homosexuels:

«Certains membres de la communauté Pride in Football [une organisation caritative qui soutient les fans de football LGBT, ndlr] ont reçu des menaces par mails. Certains messages ne laissent aucune place au doute: ils disent qu’ils veulent nous traquer et nous poignarder», révèle Joe White, en charge de la campagne Pride in Football.

Les hooligans russes ont pour habitude de poster des vidéos d'entraînement au combat –le but étant de faire peur aux groupes de supporters adverses. Ces vidéos illustrent à quel point ces fans sont organisés et violents.

Des précautions à prendre pour tous les supporters membres de la communauté LGBT

Si ces dernières menaces visent spécifiquement les supporters anglais, ceux des autres nationalités devront aussi être vigilants. Les organisations de supporters ont conseillé aux fans de football LGBT de ne pas «exposer leur sexualité en public»: les drapeaux arc-en-ciel et les manifestations d’affection envers leurs partenaires sont donc à éviter.

«Cette Coupe du monde est une compétition qui célèbre l’hyper-masculinité dans un pays où le gouvernement soutient activement/publiquement la haine avec des lois et des beaux discours. Si en plus, vous ajoutez de l’alcool à l’équation, on a tous les éléments pour que ça tourne mal», indique Alexander Kondakov, chercheur au Centre for independent social research (CISR) à Saint-Pétersbourg.

La Russie fait partie des pays où l'intolérance envers la communauté LGBT règne. Depuis 2013, la loi «anti-propagande homosexuelle» réprime la «promotion des relations sexuelles non traditionnelles auprès des mineurs». La Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) avait condamné cette législation en soutenant qu’elle «renforce la stigmatisation» des homosexuels et «encourage l’homophobie, qui est incompatible avec les valeurs d’une société démocratique». The Independent explique que depuis l’adoption de cette loi, le nombre de crimes haineux a doublé.

Pour Joe White, les membres de la communauté LBGT ne devraient pas avoir à se cacher pendant la Coupe du monde en Russie: «Je pourrais retourner dans le placard et agir de façon plus masculine mais on ne devrait pas devoir se comporter différemment parce qu'on est en Russie. C'est pas comme si j'allais rouler des pelles à droite et à gauche. J'y vais pour le football avant tout».

La prochaine Coupe du monde devrait se déroulera au Qatar où l'homosexualité est punie d'une peine de prison pouvant aller jusqu'à sept ans. En 2012, Richard de Mos, ancien membre du parlement néerlandais avait proposé à la sélection nationale de jouer en rose pour protester contre les lois anti-gay qui sévissent dans l’émirat. À suivre.

Slate.fr

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