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Baptiste Marsollat est chroniqueur pour Slate.fr
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Baptiste Marsollat
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Les climato sceptiques marquent des points
Le doute était politiquement incorrect il y a encore quelques semaines. La mise en cause de la crédibilité du Giec et du consensus scientifique par une succession d'affaires change la donne.
Les scientifiques qui prédisent depuis des années une catastrophe climatique sont-ils honnêtes? La question se pose aujourd'hui quand la crédibilité du Giec (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) est mise en cause. Les experts des Nations unies ont reconnu avoir annoncé à tort et sur la foi d'informations anciennes erronées et non vérifiées l'accélération de la fonte des glaciers de l'Himalaya. Ils se sont aussi fourvoyés et ont fait preuve de légéreté sur le lien entre le réchauffement de la planète et l'augmentation du nombre et de la sévérité des catastrophes naturelles comme les ouragans et les inondations. Les vérifications scientifiques de rigueur n'ont pas été faites.
Il faut y ajouter l'affaire du «climate gate», qui a éclaté quelques semaines avant le sommet de Copenhague de décembre. Elle visait, estime-t-on, à discréditer, à la veille de ce grand rendez-vous, les travaux des scientifiques «orthodoxes» sur le réchauffement du climat.
Il s'agirait donc d'un «coup» des «climato-sceptiques» —terme qui semble remplacer progressivement celui d'«éco-sceptique», signe que la question du climat supplante et/ou englobe désormais les autres sujets de préoccupation écologiques (pollutions locales, biodiversité, eau, démographie etc...). Ces derniers auraient cherché à ébranler l'expertise scientifique dominante, à fissurer le consensus sur le climat, au moment où la conclusion d'un accord politique international sur le climat, devant prendre la suite du protocole de Kyoto à compter de 2013, apparaissait tout à la fois urgent et crucial. Peut-être. N'exagérons cependant pas l'impact de cette affaire sur l'échec de ce sommet qui était craint, annoncé et pressenti de longue date.
L'essentiel ici est sans doute ailleurs. Cette affaire, au fond  de médiocre importance, a fait apparaître les climato-sceptiques sinon comme une grande fraternité conspirant à la destruction d'un dogme particulier du moins comme une famille d'esprits.
Or, qui désigne-t-on ordinairement sous le vocable «climato-sceptique»? Quiconque, finalement, remet en cause une ou plusieurs des propositions suivantes: le réchauffement du climat est sans équivoque et particulièrement rapide; il a des causes essentiellement ou majoritairement anthropiques (les émissions de gaz à effet de serre résultant de l'activité humaine); la température moyenne devrait croître de plusieurs degrés au cours du XXIe siècle (de 1,8 à 4°C d'ici 2100 par rapport au niveau moyen observé au cours de la période 1980-1999); cette augmentation aura, pour l'humanité, des conséquences négatives (dans le cas d'une augmentation relativement faible des températures, de l'ordre de 2°C), ou catastrophiques (si la hausse s'approche du haut de la fourchette); le changement climatique constitue en conséquence le principal défi auquel se trouve actuellement confrontée l'humanité et il convient de tout mettre en œuvre, quel qu'en soit le coût, pour endiguer le phénomène; pour ce faire, la principale action à adopter consiste à réduire drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre.
A une controverse scientifique, se mêlent donc, on le voit, des considérations de nature politique économique et sociale.
Il n'est pas étonnant, dans ces conditions que les tenants de thèses multiples et parfois incompatibles soient indistinctement frappés de climato-scepticisme.
Climato-sceptiques, donc, Vincent Courtillot et Jean-Louis Le Mouël, qui remettent en cause la validité même de la construction d'une courbe moyenne de la température mondiale et qui font remarquer qu'en admettant même qu'elle soit valide, il conviendrait de souligner que la température a certes cru de 1910 à 1930 environ mais aussi décru de 1940 à 1970 (alors que les émissions de CO2 progressaient continûment sur la même période), puis progressé derechef jusqu'en 1998, avant de décroître à nouveau.
Climato-sceptiques, ceux qui émettent l'hypothèse selon laquelle le rôle de l'activité solaire dans les variations des températures aurait été sous-estimé. Climato-sceptiques encore, ceux qui, comme Richard Lindzen, estiment que la sensibilité de l'atmosphère au CO2 a jusqu'ici été surestimé. Climato-sceptiques en conséquence, ceux qui remettent en cause la part des activités humaines dans le réchauffement et ceux qui jugent déraisonnable la confiance accordée à la modélisation de l'évolution du climat alors que toutes les variables ne sont pas connues et que la pondération de celles dont nous disposons peut apparaître grandement incertaine.
Mais climato-sceptiques aussi ceux qui, prenant pour base de leur réflexion les conclusions du GIEC, jugent une réduction drastique de nos émissions de CO2 trop coûteuse, en particulier pour les pays en développement dont la croissance est plus gourmande en énergie, plus émettrice de CO2 et néanmoins plus urgente et plus indispensable que celle des pays développés. Climato-sceptiques, Bjorn Lomborg, qui juge improbable et peu efficiente la réduction des émissions de gaz à effet de serre pour contenir le réchauffement à venir et juge plus opportun d'investir massivement dans les technologies vertes et de mettre davantage l'accent sur l'adaptation au phénomène du réchauffement que sur sa prévention.
Climato-sceptiques, ceux qui rappellent que les ressources engagées dans la lutte contre le changement climatique ne pourront être affectées à d'autres causes et que de nombreux défis (faim, malnutrition, éducation, émancipation des femmes, lutte contre le Sida, le paludisme etc.) se présentent à l'humanité - actuellement et non dans plusieurs décennies, certainement et non probablement.
Climato-sceptiques, ceux qui estiment que les scientifiques du GIEC ont peut-être tendance à noircir quelque peu le tableau dans le but - que certains jugeront estimables et que d'autres trouveront insultants, infantilisants, malhonnêtes et moralement condamnables - que les décideurs politiques et les opinions publiques se mobilisent à temps pour lutter contre le phénomène.
Climato-sceptique, Freeman Dyson, qui estime que le réchauffement du climat pourrait fort opportunément retarder l'arrivée d'un nouvel âge glaciaire et climato-sceptiques aussi ceux qui rappellent que le réchauffement aura certains effets positifs - réduction de la mortalité liée au froid, accès plus aisé aux hydrocarbures de l'Arctique, possibilité de relier l'Atlantique et le Pacifique par le nord, augmentation des rendements agricoles dans certains pays etc.
Enfin et paradoxalement, climato-sceptiques ceux qui, prenant la menace du réchauffement très au sérieux jugent que le recours à la géo-ingénierie ne serait pas seulement bon marché et beaucoup plus efficace que la réduction des émissions de CO2 mais permettrait aussi d'agir sur le processus de manière immédiate, avant l'éventuel «emballement du climat, avant qu'il ne soit trop tard (notamment pour les écosystèmes de l'Arctique), que le réchauffement ne produise ses effets dévastateurs (déplacements de populations, inondations, sécheresses, ouragans plus fréquents et plus violents etc.)...
La liste est sans nul doute encore longue. Mais les opposants au «climatisme» de stricte obédience forment un ensemble si bigarré qu'ils ne constituent une famille que pour leurs adversaires. De sorte que l'on est climato-sceptique, pourrait-on dire, «par le regard de l'autre»... Il est assurément commode de rassembler sous une seule dénomination des gens qui n'ont parfois en commun que leur hostilité à l'une ou l'autre des dimensions du consensus actuel sur le climat. C'est qu'il y a toujours mille façons - plus ou moins convaincantes, estimables et intéressantes - d'être hérétique. Mais une seule de hurler avec les loups.
Baptiste Marsollat
LIRE EGALEMENT SUR LE MEME SUJET: Ayatollah vert contre Faurisson du climat, Faut-il brûler les climatosceptiques?, Copenhague n'est surtout pas un échec et Copenhague, c'est vraiment un échec.
Image de Une: Des usines en Thaïlande, REUTERS/Sukree Sukplang
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Comments
allegro allegre
finira par etre le nouveau gourou ecolo
Barba-Papa
On a vu ces derniers mois Ã
On a vu ces derniers mois à de multiples reprises M. Jean Jouzel, "vice-président du GIEC", "scientifique reconnu" nous jurer la main sur le cœur que la terre se réchauffait, juré craché ! Jamais je ne l'ai entendu nous expliquer que la terre subit des cycles de refroidissement-réchauffement, du fait de l'activité solaire et du fait des irrégularités de son orbite autour du soleil. Pour ces "savants", la conviction remplace la démonstration; c'est ce qu'ils payent aujourd'hui. Quant aux politiques(Sarkozy et Borloo), il apparaîtra qu'ils ont simplement essayé de surfer sur cette vague écolo-bobo, sans trop se poser de question. Et pour la coup, l'activité humaine réchauffe-t-elle la terre ou pas ?
Climat et dissimulation
Il est bien certain que la terre se réchauffe. Elle pourrait également refroidir, ce yoyo existe depuis toujours et seule une vision frileuse d'un univers stable peut expliquer l'interprétation des évolutions naturelles comme autant de catastrophes.
Là où le GIEC manque de crédibilité c'est quand les modèles climatiques auxquels il se réfère "oublient" tout simplement le principal gaz à effet de serre : la vapeur d'eau. Le reste à côté n'est que broutille. Manque de crédibilité aussi quand il se refuse à considérer les études qui établissant la corrélation entre variation de CO2 et température font également ressortir que l'augmentation de la température est, dans le temps, première par rapport à l'augmentation du taux de CO2.
Michel Reynaud
Sur l'origine anthropique du dérèglement climatique
Article intéressant, qui montre à quel point on a du mal à se mettre d'accord, ne serait-ce que sur les observations. Je ne parle même pas de l'interprétation !... Il y a deux questions à se poser successivement :
1° Observe-t-on des phénomènes pouvant caractériser un dérèglement climatique ?
2° Si l'on observe de tels phénomènes, peut-on leur attribuer une origine anthropique (l'homme) ou non ?
Pour contribuer à y répondre, je vous communique l'extrait d'une communication d'Edouard Bard, professeur au collège de France, titulaire de la chaire sur l'évolution du climat, communication faite à l'Académie des sciences morales et politiques en 2007 avec Hervé Le Treut :
« Depuis le XIXe siècle les activités humaines ont considérablement augmenté la concentration atmosphérique en gaz à effet de serre (CO2, CH4, N2O, O3 …) conduisant à un forçage radiatif de l’ordre de 3 W/m2, réduit à environ 1,5 W/m2 en tenant compte des forçages négatifs associés. La combinaison des différentes causes naturelles et anthropiques permet d’expliquer le réchauffement mondial observé depuis un siècle. L’augmentation de l’éclairement solaire et la diminution de la fréquence des injections de poussières et aérosols d’origine volcanique ont probablement contribué à la première phase du réchauffement jusqu’en 1940. La deuxième phase du réchauffement observée depuis 1980 dépasse la variabilité naturelle du Soleil et des volcans, mais peut s’expliquer facilement par le forçage des gaz à effet de serre. »
En d'autres termes, les scientifiques ne nient pas la variabilité naturelle du climat -cela va de soi-, mais ils constatent que la variabilité actuelle est supérieure à ce qu'elle devrait être si seul le Soleil en était la cause. J'ajouterai par ailleurs qu'il risque de se produire un "effet cliquet" au-delà d'un certain seuil de fonte de la calotte glaciaire arctique : c'est la disparition de l'effet Albedo (qui renvoie les rayons du soleil frappant la glace dans l'atmosphère). Si cette glace fond, ne serait-ce que l'été, les rayons du soleil iront frapper directement l'arctique, lequel se réchauffera, ce qui risque de gravement affecter les grands courants marins (Gulfstream notamment), et donc, le climat de l'Europe. Ce dérèglement climatique pourrait conduire, non pas à un réchauffement du climat européen au sens strict, mais à un profond changement : nébulosité très forte, brouillards en permanence, pluies beaucoup plus fréquentes, peu d'ensoleillement...
Je rappelle à toutes fins utiles que la nébulosité est due à la vapeur d'eau. Et la vapeur d'eau est le premier gaz à effet de serre sur notre terre, avant le CO2. Pour raccourcir, je dirais qu'en une telle hypothèse, l'augmentation du CO2 entraînera à son tour l'augmentation de la vapeur d'eau, ce qui risque de rendre exponentielle l'augmentation des gaz à effet de serre dans l'atmosphère, et pourrait conduire -non pas à un refroidissement comme on l'entend parfois-, mais à une profonde altération des caractéristiques de nos climats sur terre.
Cyril
L'imposture mise à jour
Maintenant que la baudruche du "réchauffement climatique" est en train de se dégonfler, on va pouvoir enfin régler les réels problèmes environnementaux, qui sont bien réels et gravissimes , comme la destruction accélérée de la biodiversité , la gestion des déchets (il y a une mer de plastique ayant 2 fois la taille du Texas -ou de la France ,collectivités d'outre-mer inclues-surnommée le "North Paciic Gyre"au nord d'Hawaii), la bétonnisation des zones inondables, le pillage halieutique, et surtout la question qui conditionne tous les autres, aborder le tabou démographique (et de la nécessaire décroissance de la population mondiale), du pain sur la planche pour nos politiques donc, mais ils devront auparavant se convertir au principe de réalité, en seront-ils capables et le voudront-ils?
The Ordinary Live In Emergency, The Extraordinary In Urgency
Escroquerie?
un p'tit rappel de cet intéressant documentaire diffusé sur Planète:
http://video.google.fr/videoplay?docid=-3483608200922759033#
en gros, le CO2 serait l'un des gaz à effet de serre les plus insignifiants
le réchauffement (si réchauffement il y a) serait plutôt dû au soleil !
étonnant non?
bref, une thèse qui ne plait pas trop au politico-lobby du nucléaire en France...
Combien de scientifiques au gouvernement?
Nathalie Kosciusko-Morizet , polytechnicienne et ingénieur du GR, a été débarquée de l'Ecologie pour avoir seulement refusé d'être un " godillot" UMP; et je doute que la culture scientifique de nos "brillants" avocats les conduise à avoir des idées très pointues sur ces sujets complexes et controversés!
dest
Domage qu'il n'y a pas de climato-sceptiques dans les médias...
Quand on voit que la boulette des glaciers de l'Himalaya a circulé pendant 3 ans sans être relevée, ca en dit long sur l'objectivité des médias quant il s'agit du climat...
"Je m’intéresse à l’avenir, car c’est là que j’ai l’intention de passer mes prochaines années."
Woody Allen
Ce n'est pas un match...
... et il ne se résume peut-être pas seulement à une mesure de température globale.
S'il n'y a qu'elle qui compte, les parts de chauffage naturel et de chauffage d'appoint
dans son obtention ne déterminent au fond que notre capacité à la réguler.
La chaleur, après tout, n'est jamais que la même forme dégradée de l'énergie
qui résulte de transformations diverses dégageant, elles, dans notre environnement
une grande variété de sous-produits plus ou moins bien recyclés et recyclables.
Si l'ensemble des rejets est pris en compte, il n'est peut-être pas si futile de se soucier
de leur impact sur un milieu clos, unique, aux équilibres dynamiques interdépendants
et assez instables pour conditionner non seulement notre survie,
mais tout bonnement notre existence.
La porte du garage est fermée, le moteur de la voiture tourne, nous à l'intérieur :
s'il y a match entre les partisans de l'accélérateur et ceux de la modération,
c'est un match sans spectateurs ; que des passagers dans la voiture.
Masquà gazement.
Polémikoeur.
Mouais...
Climato-sceptiques ou climato-rigides, il n'en reste pas moins que nos sociétés occidentales consomment bien plus de ressources que la Terre ne peut en produire, si toute la planète en faisait autant ! Je propose donc de poursuivre nos efforts en faveur des économies d'énergie, des énergies renouvelables, etc.
Pour ce qui est du changement climatique, on verra bien...
Pascal G.
Bravo !
Merci à Baptiste Marsollat pour cette excellente synthèse. La réflexion sur les climato-sceptiques est la marque d'un esprit critique remarquable.
"Douter de tout ou tout croire sont deux solutions également commodes, qui l'une et l'autre nous dispensent de réfléchir." Henri Poincaré, mathématicien
Pas bigarrés les partisants du "climatisme"?
Vous indiquez que "les opposants au «climatisme» (sic) de stricte obédience forment un ensemble si bigarré qu'ils ne constituent une famille que pour leurs adversaires".
Mais les partisants du "climatisme" sont également mûs par des visées diverses voir contradictoires. J'en identifie deux grands que je liste ci-dessous :
1. Partisants avec visée politique :
2. Partisants avec visée pécuniaire :
Pas si unifiés si vous voulez mon avis...
"Je m’intéresse à l’avenir, car c’est là que j’ai l’intention de passer mes prochaines années."
Woody Allen