Santé / Sciences

«Il ne se lâche pas au lit»

Temps de lecture : 3 min

[C'est compliqué] Cette semaine, Lucile conseille Aurélie, une jeune femme dont le partenaire n'arrive pas à s'épanouir sexuellement.

Alice Isaaz dans «Espèces menacées» de Gilles Bourdos (2016) | Capture d'écran via YouTube
Alice Isaaz dans «Espèces menacées» de Gilles Bourdos (2016) | Capture d'écran via YouTube

«C’est compliqué» est une sorte de courrier du cœur moderne dans lequel vous racontez vos histoires –dans toute leur complexité– et où une chroniqueuse vous répond. Cette chroniqueuse, c’est Lucile Bellan. Elle est journaliste: ni psy, ni médecin, ni gourou. Elle avait simplement envie de parler de vos problèmes. Si vous voulez lui envoyer vos histoires, vous pouvez écrire à cette adresse: [email protected]

Vous pouvez aussi laisser votre message sur notre boîte vocale en appelant au 07 61 76 74 01 ou par Whatsapp au même numéro. Lucile vous répondra prochainement dans «C'est compliqué, le podcast», dont vous pouvez retrouver les épisodes ici.

Et pour retrouver les chroniques précédentes, c’est par là.

Chère Lucile,

J'ai 26 ans, et je suis en couple depuis bientôt quatre ans avec un homme qui a tout pour être parfait: drôle, attentionné, gentil...

Il faut savoir que je suis sa première fois. Les débuts furent donc un peu tâtonnants et je fus bien entendu compréhensive et patiente. Mais trois ans après, nous en sommes toujours au même stade: il ne se lâche pas au lit, n’a pas confiance en lui, fait des crises de panique.

J’ai essayé de lui en parler (dès que j’aborde le sujet, il se bloque et se terre dans le mutisme), de conseiller de voir un professionnel pour l’aider (nous aider, en réalité), de laisser du temps au temps... Rien n’y fait.

Nous en sommes à un point où nous n’avons quasiment aucun rapport, et moi qui était très en demande, j’ai mis mes envies de côté plutôt que d’avoir à subir un rapport décevant –d’autant plus que je ne suis pas très tactile et câline de base. Autant vous dire que désormais, nos contacts se résument à «rien».

Nous avons des caractères différents: je suis très créative, j'aime les débats passionnés et les rencontres; lui est plutôt réservé et discret. Mes amies et amis ne veulent plus le voir car il ne leur parle pas, et je m’ennuie dans nos conversations, qui restent trop «routinières».

Il est néanmoins une personne formidable et hormis cet aspect, j’ai tout pour être heureuse. Suis-je une éternelle insatisfaite? Que puis-je faire pour débloquer cette situation?

Aurélie

Chère Aurélie,

Il est bien entendu nécessaire de faire parfois quelques concessions ou ajustements quand on se met en couple. On laisse la place à quelqu’un d’entrer dans sa vie et, comme on aménage un appartement, elle y trouve ses marques.

Mais cette fois, dans le cadre de votre relation avec votre compagnon, les sacrifices que vous consentez me paraissent assez importants, que ce soit dans vos relations amicales ou dans votre vie sexuelle. En fait, tout ceci pourrait n'être qu’accessoire et vous pourriez bien vivre la situation si votre relation vous comblait, mais en m’écrivant, vous faites l’aveu que quelque chose vous dérange ou vous manque.

Vous avez déjà proposé à votre compagnon de voir un professionnel en ce qui concerne son approche de la sexualité. Il me semble que c’est peut-être à deux qu'il faudrait consulter, pour trouver ensemble un terrain d’entente. Mais cette fois, plutôt que de l’envisager comme simple une proposition, peut-être devriez-vous mettre l’accent sur l’importance de la démarche pour votre bien-être et pour le futur de votre relation.

Je n’ai pas le sentiment que vous êtes une éternelle insatisfaite. Je pense même que vous ne demandez pas la lune en voulant travailler sur votre couple pour qu’il vous convienne et qu’il convienne à votre compagnon. J’ai le sentiment que cette expression est tristement utilisée pour reprocher aux femmes de demander ce qui relève du strict minimum.

Vous aimez votre compagnon et vous le louez pour son amour et son caractère, mais vous arrivez tout de même à vous reprocher de voir des défauts qui pour beaucoup seraient rédhibitoires. Vous n’êtes pas en cause, Aurélie. Et vous ne le serez jamais, à vouloir une relation plus équilibrée où vos désirs seraient entendus autant que ceux de votre partenaire.

Si vous n’êtes pas heureuse, même si vous pensez avoir «tout pour être heureuse», alors vous devriez vous écouter. Il ne suffit pas d’être gentil ou simplement un être humain décent pour justifier les sacrifices que vous consentez et qui, à la longue, pourraient avoir une incidence sur votre propre personnalité.

C’est une question de curseur. Vous acceptez ses limites, ses défauts –qui en sont bien– et il n’a pas l’air d’être prêt à respecter autant vos besoins et vos désirs. Avoir besoin de contact physique et d’une vie sexuelle épanouie ne fait pas de vous une nymphomane; avoir envie d’échanger et de partager des discussions avec vos proches et votre conjoint n’est pas non plus un abus.

S’il vous aime, il acceptera qu’en ne prenant pas en compte votre personnalité et vos besoins, il peut vous faire du mal –comme vous l’acceptez de votre côté. Il est tout à fait possible de faire un travail ensemble vers l’équilibre. Mais tant que le déséquilibre règne, j’ai bien peur que l’issue ne soit fatale, soit pour votre relation, soit pour votre bonheur personnel.

Lucile Bellan Journaliste

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