Culture

Romans d'été: ceux-là non plus, ne les emportez pas à la plage

Temps de lecture : 13 min

Avec la bienveillance qui nous caractérise, nous avons de nouveau sélectionné quatre livres que vous ne devez pas acheter pour partir en vacances.

De belles guimauves comme on les aime. | Julien Ricard via Flickr CC License by
De belles guimauves comme on les aime. | Julien Ricard via Flickr CC License by

Dans ce second épisode des livres à ne surtout pas lire (le premier est à retrouver ici), nous évoquons le renouveau du roman sentimental, désormais dopé au développement personnel. Le passage à l’hôpital est un plus.

Un roman qui ne manque pas de selles

Liés pour la vie est un roman qui se lit les yeux fermés. Il est écrit par Laëtitia Milot, qu'on connaît grâce à Plus belle la vie, ce qui n'a pas échappé à son éditeur (Plon).

Lucie, jeune cavalière, 32 ans quand même, vit toujours chez ses parents, prépare les Jeux olympiques avec son père qui s’est sacrifié pour lui offrir Saphir, un cheval à qui elle dit «hé oh, hé oh», et tolère sa mère, qui trouve qu’ils manquent de pognon. La mère est pas toujours sympa avec sa fille; elle squatte encore à 32 ans, on la comprend. Lucie a un chien, à qui il manque un testicule. Bon. Lucie fait parfois l’amour avec Fred «devant le feu de bois» et il leur arrive de se disputer gentiment.

«Les deux bras croisés sur sa poitrine, elle décida de se fâcher et de bouder un bon coup, pour une fois. Quelques minutes s’écoulèrent dans un silence lourd. Elle avait envie de rire. Non, décidément, elle n’y arrivait pas. Bouder plus de trois minutes était hors de sa portée.»

Tout ici est charmant. Les yeux sont «éclatants de bonheur», une gamine est «haute comme trois pommes», le feu «crépite joyeusement», «un instant [paraît] une éternité», tandis qu'un «paysage est d’une beauté à couper le souffle». Les gros mots sont à peine esquissés: «Ce p… de chalet de m…!!!». On dirait que ce serait ça le bonheur, non? C'est sans compter sur la vie cette pute et l'écrivaine, déesse ex machina. Un soir, c’est le drame.

Une nuit en fait: à scooter, Lucie est violemment percutée par une voiture. Au volant, imbibé de vodka, Marc. Le chauffard s’enfuit. Elle se retrouve à l’hôpital: hémiplégie flasque. Elle ne bouge plus; elle ne pourra plus monter. Fini les JO. On est à la page 90 et on ne parvient plus à sécher nos larmes.

Fantasia - L'apprenti Sorcier (Walt Disney)

Puis, tout s’enchaîne. Fred devient distant tandis que Marc, pris de remords, lui rend visite régulièrement. Un inconnu qui vient dans ta chambre tous les jours, c’est un peu chelou mais il est vrai que Lucie est pas trop en état de s’enfuir. Et puis «Mysterious Man» a du charme, même s’il pue parfois l’alcool. Marc est un grand reporter, ce qui confirme qu’il n’y a plus que dans les romans sentimentaux que le métier de journaliste fait encore rêver.

Une idylle naît: les yeux verts de Lucie «faisaient chavirer en lui quelque chose au plus profond»

Marc ose un «geste inouï qu’il n’aurait jamais accompli s’il avait pris le temps d’y réfléchir». Il lui PREND LA MAIN. WOWOWOW. Lucie a «l’impression que c’était son cœur à elle qui palpitait entre les paumes de l’homme».

Un miracle s’opère. Il n’est pas exclu que Lucie puisse passer du fauteuil roulant au cheval trottant. Du coup, elle se montre assez directe avec Marc. «Tu viens monter?»

Second miracle, elle se réconcilie avec sa mère, retrouvant le plaisir de dire «Maman. Réalisant soudain que ce mot, dont elle avait été privée trop longtemps, ce mot était le plus beau de la Terre».

Bien sûr, elle n’ira pas aux JO, mais elle a retrouvé «son profond désir d’aller de l’avant, son envie de défier les limites». Marc lui offre une selle; pour une nana qui a passé des mois en milieu médical, c’est délicat.

«La vraie réussite personnelle, Lucie, elle est dans le chemin»

Et voici que le roman sentimental se fait coach. On y apprend que Lucie a un «travail à accomplir» pour avancer dans sa nouvelle vie. Et là, hop, le bon vieux carpe diem s’incruste dans le saut d’obstacles: «ton obsession était de gagner du temps […] mais t’es-tu déjà interrogée sur ce que tu cherchais dans le fond?». Savoir dire non à la «satisfaction égotique» de la championne, «la vraie réussite personnelle, Lucie, elle est dans le chemin».

L’accident de la vie lui permet de se retrouver, d’être en convalescence d'elle-même. Et, accessoirement, de coucher avec Marc. Le premier baiser est une «déflagration intérieure», reste plus grand-chose pour la baise qui sera un simple «corps à corps charnel et spirituel». Marc, de son côté, a cessé de «fuir droit devant», donc de picoler. Il finit par lui avouer ce qu’elle avait deviné: le chauffard, c'est lui. Mais elle est pas rancunière, Lucie:

«En prenant cette route, Marc, tu as changé le chemin de ma vie. Et j’ai découvert des choses que je n’aurais jamais découvertes si je n’avais pas emprunté cette nouvelle route. Tout ce qui m’est arrivé depuis mon accident, toutes ces belles choses, ce n’est pas à cause de toi Marc, mais grâce à toi.»

On ferme ce roman ivre de bonheur en se disant que, franchement, le gouvernement a bien tort de vouloir limiter la vitesse à 80 km/h.

Prise de La Bastide

Comme Laëtitia Milot, Agnès Martin-Lugand a le don d’écrire des textes qui prennent le lecteur par la main, quitte à tirer un peu fort s’il traîne en route.

Succédant à Les Gens heureux lisent et boivent du café, La Vie est facile ne t’inquiète pas et autres titres prometteurs, À la Lumière du petit matin narre le retour à la –vraie– vie d’Hortense, 39 ans (elle le redit quatre ou cinq fois dans livre et parfois elle nuance: «presque 40 ans»), sans enfant, qui codirige une école de danse avec Sandro et Bertille –ah la la, ils forment un joyeux trio.

Elle est la maîtresse d’Aymeric, avec qui elle jouit, et porte le deuil de ses parents, qui lui ont laissé La Bastide, belle propriété dans le Luberon. «Aspirée par le tourbillon de [sa] vie», Hortense prend progressivement conscience que cette existence parisienne, qui lui procure «joie, bonheur et satisfaction professionnelle» est un peu factice.

«J’avais beau rester très attachée à mon Luberon natal, jamais il ne me serait venu à l’idée de quitter la capitale.» On est à la page 15, il en reste 317 et on sait qu’elle va faire l’inverse.

«On a tous nos coups de moins bien»

La voici face à Aymeric. «À présent qu’il était devant moi, tout allait parfaitement bien.» Spoiler: non, en fait, tout ne va pas parfaitement bien, Hortense. Certes, c’est «explosif» entre vous et vous n’êtes «jamais rassasiés» mais enfin, Aymeric est marié. Elle ne voulait pas le voir. Heureusement, page 59, ses yeux se dessillent.

«Qui étais-je, finalement? Une femme avec qui il couchait deux fois par semaine, une femme qu’il emmenait en cachette dans un hôtel de luxe [...]. Pourquoi étais-je revenue vers lui pour me retrouver encore et encore dans cet état de solitude, cette culpabilité et ce dégoût de moi-même?»

Hortense se résigne, c’est pas cool de se résigner dans un roman sentimental de développement personnel: «J’avais définitivement cessé de lui réclamer davantage que ce qu’il pouvait m’offrir». Mais, purée, Hortense, c’est ta vie qui est comme ça! Réagis, merde!

Elle ne réagit pas. Alors la vie s’en charge, elle est comme ça, la vie, bienveillante au fond. Une chute dans un escalier, et voici Hortense, prof de danse n’oubliez pas, avec une entorse à la cheville. Si c’est pas un signal, ça?

«Je sentais au plus profond de moi que c’était grave. Je n’avais pas simplement trébuché dans l’escalier. Il y aurait des conséquences.»

Bienveillante pour son lecteur, l'auteure multiplie les signes: son héroïne ne peut plus se mentir, il y a en elle «une plaie [qu’elle] refusait de voir, encore moins d’analyser», elle est «vide», elle qui a «refusé de voir le temps passer, le temps filer, le temps [lui] échapper».

Les langues se délient: «Je t’observe, on dirait un fantôme», la voici qui pleure, «c’est si rare que tu pleures», «on a tous nos coups de moins bien», bref, la carapace de la femme forte se fendille. Il est temps de changer de vie, non?

Aymeric va l’y aider. Il ne la supporte pas blessée –les mots ont un sens. L’homme galant et séducteur devient IMMÉDIATEMENT un rustre absolu, excédé à l’idée que sa maîtresse ne puisse plus porter des talons. «Comment peux-tu être claquée?, me rétorqua-t-il. Tu ne fais rien de tes journées!». Moi, j’aime bien ces personnages dotés d’une belle profondeur psychologique. Une simple entorse, ça le rend dingue. J'ose pas imaginer la jambe cassée.

Elle s’interroge: et si elle n’était «qu’un corps pour lui»? C’est pas possible d’être gourde à ce point. «J’avais l’impression de ne plus avoir affaire au même homme.» Nous aussi, Hortense, nous aussi. Elle mettra encore 200 pages à se débarrasser définitivement de lui, Agnès Martin-Lugand prend son temps. Sadique.

On va pas vous raconter la suite, vous l’avez devinée. Hortense part dans la maison de ses parents, en fait une chambre d’hôtes, héberge, par le plus grand des hasards, un type un peu paumé et sauvage: Elias. Il y a en lui un lourd secret: «cet homme était sacrément abîmé», «les rides au coin de ses yeux racontaient ses souffrances et certainement quelques joies», «cet homme paraissait exténué par son existence, rongé par un poids qui l'écrasait». Oui, mais il est formidable: lorsqu’elle lui prête sa voiture, il la lui rend après avoir fait le plein. «Sa prévenance m’époustoufla.» Euh non, Hortense, c’est juste normal.

Elias tient un journal intime, qu'Hortense lit régulièrement lorsqu'elle change les draps. C'est assez pratique pour découvrir un lourd secret mais bon, une vie de couple qui commence par le stalking? Pendant ce temps, Aymeric lui demande: «que se passe-t-il?» (trois fois) et «qu'est-ce qui nous arrive?» (quatre fois). Lucide, le gars.

Faute d'avoir lu Derrida, il ne peut savoir qu'Hortense a «déconstruit sa vie» et s'apprête désormais à la construire. Le livre fait 332 pages. En nombre de pages ressenties, comme le dit Raphaëlle Leyris, on est à plus de 3.000.

Histoire de la romance

Coup d’essai, coup de maître. Édouard Louis reprend les aventures d'Eddy Bellegueule mais en l'inscrivant dans la thématique du roman sentimental avec Qui a tué mon père, utilisant avec brio tous les codes du genre: dialogue avec les parents, maladie, renaissance, n'oubliant pas, on a sa dignité, de les nimber d’une délicate nuance de combat social. Comme Hortense, Édouard souffre de l’exil, de la vie factice qui a cours à Paris.

Le voici qui retourne voir papa dans une ville picarde pourtant «laide et grise», soyons honnêtes, il ne cachetonne pas à l’office de tourisme des Hauts-de-France, mais comme dirait Reggiani, «Venise n’est pas en Italie, Venise c’est chez n’importe qui, fais-lui l’amour dans un grenier et foutez-vous des gondoliers». Peu importe le décor pour parler, écouter, se découvrir, se construire, s’aimer. Il faut être soi, chez soi.

«Il me semble souvent que je t’aime», glisse-t-il. Oh! L'exquise délicatesse de la litote! Ne dirait-on pas un titre de Guillaume Musso?

«Est-ce qu’il est normal d’avoir honte d’aimer?»

Égrenant les dates, il se souvient des jolis moments de son enfance, lorsqu’il est surpris par maman dansant dans sa chambre ou que son frère aîné fiche une raclée à son père. Le livre regorge de joyeuses péripéties: papa coupe du bois, papa va au bistro, papa regarde «une fois» un opéra à la télé, papa boit du pastis, papa mange «des poignées de gruyère râpé […] la bouche par-dessus le paquet grand ouvert». Il appelle sa femme «Poupette», «Bibiche», «Maman» mais, honnêtement, je ne sais pas quoi faire de cette information.

Longtemps, Édouard s’est cherché un bonheur. Il regardait Titanic en VHS, cadeau de son père pour son anniversaire. C'est là qu'est né son engagement social. Toute la vie, il saura qu'il y a des places réservées aux riches dans les canots, c'est son Rosebud marxiste à lui.

Aujourd’hui, il avance grâce à coach Sartre: «Sommes-nous définis par ce que nous faisons?» et coach Eribon: «Ta vie prouve que nous ne sommes pas ce que nous faisons, mais qu’au contraire nous sommes ce que nous n’avons pas fait». Edouard met cette phrase en italique. Elle doit être importante pour lui, c’est vrai qu’elle est bien écrite.

Le jeune Édouard Louis était toujours le premier en Eribon seconde langue. | Robert Doisneau

Et puis, il retrouve son père, obèse, sous assistance respiratoire, le dos brisé par l’injustice sociale, c'est la version indignée du fatum. Un dialogue s’établit, c’est important d’aimer ses parents.

«Tu as dit que tu étais fier de moi. Tu as dit que tu n’avais jamais connu d’enfant aussi intelligent que moi. Je ne savais pas que tu pensais tout ça (que tu m’aimais?). Pourquoi est-ce que tu ne me l’avais jamais dit?» À présent, Edouard peut grandir. L'oisillon tombé du nid est prêt à voler de ses propres ailes de géant qui l'empêchent de marcher.

Portait de l'artiste en Droopy

«Est-ce qu’il est normal d’avoir honte d’aimer?» Non, Édouard, libère-toi, oublie Valls et Sarko, paye ton psy, ouvre une chambre d'hôtes à Hallencourt. Il est temps que tu souries à papa et maman. À toi, à ta nouvelle vie.

«J'ai presque fini, je n'ai presque plus rien à raconter.»

Si seulement...

Les larmes des mères, c'est plein de vitamines (d'après Cavanna)

À son tour, avec La Chambre des merveilles, Julien Sandrel nous donne une belle leçon de vie, merci Julien.

Thelma, la quarantaine active, fait des PowerPoint pour vendre des shampoings antipelliculaires chez Hégémonie, une grande entreprise. Il n’est pas exclu qu’elle perde sa vie à bien la gagner mais n’anticipons pas. Le livre a une couverture un peu étrange, entre feu d’artifice et giclée de sperme d’un type qui aurait abusé des Smarties –notez que les deux options sont compatibles.

Le service avant-vente est tout en nuances. «Coup de foudre partagé par le monde de l’édition à l’international», explique l’éditeur, tandis que Bernard Lehut, RTL, nous promet «le livre qui vous fera pleurer de bonheur».

Ok, vérifions.

Thelma travaille trop. Un samedi matin, elle longe le canal Saint-Martin, avec son fils.

«J’observais Louis, qui cavalait devant avec sa planche à roulettes; J’étais fière de ce petit bout d’homme qu’il était en train de devenir. J’aurais dû le lui dire –ces pensées-là sont faites pour être exprimées– mais je ne l’ai pas fait.»

Je sais pas pourquoi mais je la sens mal cette balade.

Le téléphone sonne, c’est son chef qui lui demande de modifier des PowerPoint. Son fils essaye de lui dire quelque chose. Elle s’énerve, lui aussi, il file sur son skateboard. Un camion le heurte. Louis est dans le coma et si son état ne s’améliore pas, son respirateur artificiel sera débranché dans deux mois, la vie cette pouffe. Le romancier lui met un peu la pression à Thelma, je trouve, genre fouette coachée, mais vous allez voir c’est plutôt efficace. On commence par les éclairs de lucidité, normal.

«Ces quelques jours m’avaient permis d’ouvrir les yeux sur la terrible réalité de mon existence. En dehors de mon travail et de mon fils, je n’avais rien. Je n’étais rien.»

«J’ai de nombreux amis sur Facebook, beaucoup de copains et de copines affichés dans la vie réelle, mais pas d’ami véritable.»

Elle décide de changer. Pour commencer, elle gifle son patron, le «connard en chef», un misogyne qui lui sert du «ma petite Thelma», vengeant toutes les femmes de sa boîte et, par procuration, les lectrices qui rêvent d’en faire autant. «Une chose était désormais certaine: je ne continuerais pas ma carrière comme avant.» Elle laisse son avocat gagner des K€ aux prud’hommes, l’argent ne doit pas être un problème dans une romance, et s’occupe de son fils.

«Rare. Redoutable. Foudroyant.»

Elle déniche son journal intime (tiens donc), dans lequel il expose ses vœux les plus chers. Persuadée, c’est son instinct de mère contre le corps médical, que son fils est conscient, elle réalise ses vœux, se filme, lui donne ses exploits à visionner. «Je ne pouvais me résoudre à laisser partir mon fils sans lui avoir permis de réaliser tous ses rêves d’enfant.» Elle va à Tokyo, utilise des toilettes japonaises, s’époumone dans un karaoké, fait un stage de foot à Paris, se rend à Londres pour lui faire découvrir son père (un homme marié, tiens donc). Enseveli sous des tonnes de tuyaux, Louis se gondole. Nous, c'est là qu'on pleure. L'auteur, lui, pense déjà à une adaptation au cinéma.

Dans cette quête, Thelma se réconciliera avec sa mère (tiens donc). Elle rencontrera évidemment l’amour (Edgar «avait une voix chaude, éraillée, presque cassée. [...] Le mec était beau. Charmant. Je ne m’y attendais pas. La quarantaine ou un peu plus –peu importe»). Edgar aussi a des «fêlures»: ses parents sont morts dans un accident d’avion et il élève seul sa fille dont la mère est morte d’un «cancer des canaux biliaires intra-hépatiques. Rare. Redoutable. Foudroyant». Romanesque, quoi. En 186 pages, Thelma et Edgar ont accumulé à peu près toutes les merdes qu’ont peut imaginer. On comprend qu’ils ne couchent pas le premier soir. Avec leur bol, ils choperaient une chtouille spontanée.

Épilogue. Avec l’argent des prud'hommes, elle a acheté un mas en Provence (tiens donc), qu'elle transforme en maisons de vacances pour enfants et parents au sortir de l’hôpital. Ils y vivent en tribu, forcément.

À LIRE AUSSI Tupuducu le Renaudot

Il est temps de remercier Raphaëlle Giordano, entre autres, d’avoir ouvert le développement personnel à la forme romanesque. Cela nous vaut des livres de care à la guimauve, larmoyants et finalement répugnants, reposant sur un principe immuable:

A: Vie bien remplie = fausse vie
B: Accident de la vie = prise de conscience
C: Changement de vie = bonheur

A+B+C = pleurs de bonheur (théorème de Lehut)

Mais, franchement, même si c'est métaphorique, on n’est pas obligé de faire croire que la vie de famille doit ressembler à une colonie de vacances, ni d'essayer de nous faire chialer avec les gros tuyaux d'un gamin dans le coma. J’ai eu honte de lire ce livre.

Jean-Marc Proust Journaliste

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