Culture

Les divas de la pop sont une espèce en voie d'extinction

Temps de lecture : 14 min

De Madonna à Lady Gaga, les grandes chanteuses pop dominaient les charts depuis les années 1980. Mais ces derniers mois, elles en ont presque complètement disparu. Fin de cycle ou crise d'identité plus profonde?

Ci-gît une pop-star dont les titres dominaient  les charts internationaux (Lady Gaga aux Grammy Awards, le 28 janvier 2018 à New York). | Timothy A. Clary / AFP
Ci-gît une pop-star dont les titres dominaient les charts internationaux (Lady Gaga aux Grammy Awards, le 28 janvier 2018 à New York). | Timothy A. Clary / AFP

Cet été 2008, «Just Dance», le tout premier single d’une jeune New-yorkaise de 22 ans, qui se ferait connaître sous le nom de Lady Gaga, faisait son entrée dans les charts américains.

La mélodie est imparable. La production, elle, oscille entre le R&B, la dance et la synth-pop. C’est une chanson qui «parle à la joie dans nos âmes et dans nos coeurs», comme l’expliquait la chanteuse. «Quand vous l’écoutez, vous êtes bien à l’intérieur.»

Quelques mois plus tard, en pleine récession mondiale, la chanson atteignait la première place des classements anglais, américains, australiens, canadiens et européens, se vendant à plus de huit millions d’exemplaires et lançant la machine à tubes.

«Poker Face», «Paparazzi», «Bad Romance», «Telephone», «Born This Way», autant de classiques qui, en l’espace de cinq ans, ont propulsé la jeune femme au sommet de la chaîne alimentaire pop, adulée dans le monde entier pour ses mélodies implacables, son personnage excentrique et son style baroque. Une diva était née.

Ventes en chute libre

Dix ans plus tard, pourtant, la machine déraille. Accablée par une fibromyalgie lui provoquant d’importantes douleurs musculaires dans le dos, elle annonçait, au mois de janvier, annuler les dix dernières dates de sa tournée mondiale.

Dans le documentaire Lady Gaga: Five Foot Two, mis en ligne par Netflix quelques semaines plus tôt, la pop-star semblait déjà exténuée, rincée par ces dix années vécues à deux cent à l’heure sur l’autoroute de la célébrité, des tournées infinies et des séances d’enregistrement interminables.

Pour les mois et années à venir, ce sera donc au cinéma, dans le remake de Une étoile est née par Bradley Cooper, et sur les planches de Las Vegas, où elle a signé une résidence de deux ans, que Lady Gaga se produira.

«Un cimetière d’éléphants où les talents vont mourir», disait Cher de la célèbre capitale du jeu, où elle était elle-même en résidence. Comme Céline Dion, Gwen Stefani ou Britney Spears avant elle, la diva se mettra donc au vert à un moment où, de toute façon, les ventes de ses disques ne cessaient de couler: Joanne, son dernier album, ne s’est vendu qu’à un million d’exemplaires, soit deux fois moins qu'Artpop, son troisième, six fois moins que Born This Way, son deuxième, et quinze fois moins que The Fame Monster, son premier.

Elle pouvait se rassurer en se disant qu’elle n’était pas seule. Katy Perry, qui a propulsé neuf singles au sommet du Billboard américain –dont cinq consécutifs– en cinq ans, n’a pas non plus réussi à réitérer cet exploit avec son dernier album Witness, vendu à moins d’un million d’exemplaires.

Idem pour Taylor Swift, qui n’a pas réellement confirmé avec Reputation les énormes ventes –dix millions d’exemplaires– de 1989, l’album qui avait entériné définitivement sa transition de la country vers la pop.

Miley Cyrus n’a, quant à elle, pas réussi à faire le chemin inverse avec Younger Now, qui n’a pas brillé à l’hiver dernier, malgré les singles multi-platines «We Can’t Stop» et «Wrecking Ball» de son album Bangerz.

Même Beyoncé n’a pas eu de gros tubes depuis «Drunk In Love» en 2013. Et Rihanna, l’ancienne stakhanoviste de la pop qui avait sorti un album par an pendant sept ans en enchaînant les hits, n’a plus rien sorti depuis Anti il y a deux ans, un album qu’elle avait déjà mis quatre ans à peaufiner.

Vétérantes mal en point

Et ce ne sont pas les vétérantes des années 1980-1990 comme Madonna, Kylie Minogue ou Janet Jackson qui profitent de cette lente –et apparemment inexorable– désaffection pour leurs cadettes.

La première n’a pas réussi à hisser son dernier album Rebel Heart, sorti en 2015, à la première place des charts américains et anglais –ce qui n’était pas arrivé depuis plus de vingt ans, tandis que la deuxième n’a pas eu de gros tubes depuis «All The Lovers», en 2010.

Janet, elle, n’a même pas vendu 500.000 exemplaires de ses deux derniers albums, Discipline (2008) et Unbreakable (2015), passés complètement inaperçus.

En France, même en classant régulièrement ses singles à la première place du Top 50, les ventes de Mylène Farmer, détrônée depuis plusieurs années par David Guetta à la place d'artiste la ou le mieux payé de l'Hexagone, restent très marginales au regard de ses plus gros succès des années 1980 à 2000.

Il suffit de faire un tour sur l’Instagram de Britney Spears, tout en photos vintage d’un passé glorieux et vidéos qui feraient passer l’ex-lolita préférée des filles et garçons en fleur pour une des Real Housewives de Las Vegas, pour comprendre que l’âge n’épargne pas les pop-stars –malgré ce qu’aimerait faire penser Madonna ou Mylène Farmer.

Sometimes you just gotta play!!!!!!

Une publication partagée par Britney Spears (@britneyspears) le

«Les années 1990 sont mortes», lisait-on sur The Daily Beast à l’annonce du mariage de Gwen Stefani avec Blake Shelton, une star de la country homophobe et supporter de Trump. Comme si cette aura de rébellion cool qu’on a tous ressentie en regardant les pop-stars se dandiner dans des clips bariolés sur MTV n’avait été en fait qu’un mirage.

Bien sûr, fortes de tubes si massifs qu'elles peuvent les égréner en concerts comme autant de rappels de leur impact culturel sur le monde, les divas de la pop conservent une toute-puissance économique difficile à leur enlever: Britney est une nouvelle égérie Kenzo, Rihanna vend désormais plus chez Sephora qu'à la Fnac, Céline Dion fait danser Deadpool, Beyoncé affole Coachella, Katy Perry est jury à American Idol et Gwen Stefani à The Voice.

Mais en dehors d'un certain business de la nostalgie, les pop-stars féminines qui ont dominé les radios, les playlists et les charts depuis les années 1980 ne font plus vraiment recette.

Les hommes sont désormais partout. Sur les vingt plus gros titres de 2017 aux États-Unis, il n’y avait ainsi que trois femmes (Halsey, Rihanna, Alessia Cara), toutes en featurings de têtes d’affiche masculines (The Chainsmokers, DJ Khaled et Zedd).

Trois ans plus tôt, entre Lorde, Meghan Trainor, Taylor Swift ou Ariana Grande, elles étaient onze à se partager les premières places. Idem en 2013, 2012 ou 2011, années dominées par les imparables singles de Rihanna, Sia, Adele, Katy Perry, Pink ou Lady Gaga. Et le constat est exactement le même en France.

À l’heure de #MeToo, ces chanteuses adulées pendant des décennies par des hordes de jeunes filles qui les avaient érigées en modèle en les guidant vers leur éveil à l’amour, à la sexualité, à l’amitié ou au féminisme ont soudainement –et assez paradoxalement– perdus de leur aura.

Nouvelle génération à la peine

Ce n’était peut-être, après tout, que le résultat d’une fin de cycle, cette obsolescence (quasi) programmée qui avait déjà autrefois fait perdre de l’influence aux divas Céline Dion, Janet Jackson, Mariah Carey ou Madonna, au profit des lolitas Britney Spears et Christina Aguilera au début des années 2000, elles-mêmes détrônées par Gaga, Perry et Rihanna dix ans plus tard.

Mais la nouvelle génération semble autant peiner que ses aînées. Les noms des prétendantes au trône de la prochaine grande diva pop ont beau s’enchaîner sur les playlists Spotify, aucune n’arrive à casser ce plafond de verre qui en condamne beaucoup à n’être que des one-hit wonders pour connaisseurs et connaisseuses.

Dua Lipa, Zara Larsson, Julia Michaels, Raye, Anne-Marie, Tove Styrke, Dagny, Alma, Astrid S, Maggie Rogers, Daya, Halsey, Bebe Rexha, Mabel, Noah Cyrus, Billie Eilish, Skott, Ängie, Whitney Phillips, Maggie Lindemann... Des noms qui reviennent ces derniers mois chaque vendredi dans les playlists New Music Friday, sans pour autant faire de ravages dans le Billboard ou le Top 50.

Quant à Demi Lovato, Selena Gomez ou Ariana Grande, toutes anciennes actrices de séries Disney pour pré-ados, elles ont beau jouir de fanbases très dédiées, grâce à des réseaux sociaux qui ont permis d’accompagner leur succès depuis leurs débuts, leurs ventes restent relativement marginales au regard des plus gros succès de Taylor Swift ou Katy Perry.

Le problème est profond, presque systémique. C’est le modèle même sur lequel était basé le succès de ces divas de la pop qui semble au cœur de la désaffection, ce modèle qui permettait à Britney Spears de débarquer avec fracas sur MTV en se présentant à la fois comme une écolière pas farouche et un modèle de vertu, qui permettait à Madonna d’être une prêtresse des ténèbres un jour et une reine du disco un autre, qui permettait à la très blanche et country Miley Cyrus de twerker à moitié nue sur un beat trap. A l’ère du streaming et du choix infini, la diva est en pleine crise d’identité.

Défiance face au modèle de la diva

Depuis toujours, la pop music est un théâtre, une fantaisie pour faire oublier les réalités mornes du quotidien… et faire consommer. Mais quand il est désormais possible d’écouter des chansons composées dans un petit appartement à l’autre bout du monde par une jeune chanteuse qui nous ressemble et d’en faire sa nouvelle star préférée, l’opium fait moins effet.

Terminée la dictature du disque à cent francs que l’on jouait en en boucle dans sa chaîne hi-fi parce qu’il était matraqué sur MTV et sur l’ensemble des grandes ondes, vive la démocratie du streaming, où l'ensemble des artistes sont, sur le papier, tous égaux devant le clic.

Quand tout le monde est célèbre, plus personne ne l’est. La défiance face au modèle de la diva, symbole de cette industrie du disque toute puissante, de ses frasques et de ses provocations, faisait donc son chemin –comme le chantait Lorde dans son tube «Royals».

«Every song's like gold teeth, Grey Goose, trippin' in the bathroom
Bloodstains, ball gowns, trashin' the hotel room
We don't care; we're driving Cadillacs in our dreams
But everybody's like Cristal, Maybach, diamonds on your timepiece
Jet planes, islands, tigers on a gold leash
We don't care; we aren't caught up in your love affair
And we'll never be royals; It don't run in our blood
That kind of luxe just ain't for us
We crave a different kind of buzz»

«Chaque chanson est comme des dents en or, de la Grey Goose et des trip dans les toilettes / Des taches de sang, des robes de bal et des chambres d’hôtel dévastés / On en a rien à faire; nous conduisons des Cadillac dans nos rêves / Mais tout le monde ne parle que de Cristal, de Maybach, de diamants sur les montres / De Jets, d’îles et de tigres avec des laisses en or / On en a rien à faire; nous ne nous laissons pas avoir par vos histoires d’amour / Nous ne serons jamais de la royauté; Ça ne coule pas dans nos veines / Ce genre de luxe n’est pas pour nous / On veut un autre genre de frisson.»

Hier, apprendre que Mariah Carey dépensait 200.000 dollars pour le confort de ses chiens, que Barbra Streisand faisait cloner les siens, que Katy Perry était en procès contre des nonnes au sujet d’un couvent à transformer en résidence secondaire, que Lady Gaga se désignait, dans ses accès de colère, comme «la reine de l’univers» ou que Taylor Swift avait une assistante pour ses crottes de nez pouvait passer pour une forme d’amusants divertissements.

Désormais, pour une génération d’ados qui n’a connu que la précarité économique depuis la grande dépression de 2008-2009 et qui doit composer avec l’anxiété quotidienne de vivre avec Trump, le Brexit et/ou les fusillades dans les lycées, ce qui pouvait être vu comme une forme d’exutoire glamour passe pour de l’indécence et de l’exploitation.

Besoin d'authenticité

Ce sentiment, Katy Perry l’a expérimenté de façon assez brutale ces derniers mois. Elle avait conquis les charts avec une pop bubblegum et des hymnes à l'empowerment –une thématique récurrente chez les divas de la pop de sa génération. C’était inoffensif et terriblement efficace: la California Gurl enchaînait les tubes et accumulait la plus grosse communauté de fans sur Twitter.

Mais en se réinventant comme une chanteuse de «pop avec un but», en positionnant son Witness en album politique tout en collaborant avec des rappeurs connus pour leur homophobie, en pratiquant régulièrement l’appropriation culturelle, le «coup marketing» –qui aurait pu fonctionner pour Madonna il y a trente ans– ne passait plus.

Dans «Chained To The Rythm», elle chantait: «So comfortable, we're living in a bubble / So comfortable, we cannot see the trouble» [«Si confortable, nous vivons dans une bulle / Si confortable, nous ne pouvons pas voir les problèmes», ndlr]. Cette bulle, elle-même y vivait.

Ce besoin d'authenticité, Lady Gaga et Miley Cyrus l’ont bien mieux compris. Après la dance furieuse de ses trois premiers albums, la première était ainsi revenue avec Joanne à un style plus dépouillé, plus vrai, plus «mature», comme on dit dans la presse.

«Avec cet album, je veux me prouver que je suis vraiment une musicienne, que j’ai quelque chose à offrir, que les femmes peuvent être des musiciennes, que les femmes peuvent être des rock-stars, que les femmes peuvent être plus qu’une idée objectifiée d’une pop-star», expliquait-elle au New York Times.

Idem pour la seconde qui, après ses années de twerk, a retrouvé ses racine country avec Younger Now et n’a cessé de raconter en interview à quel point elle avait changé et qu’elle était désormais «heureuse d’être qui je suis». Sur ses pochettes de disques, tout en poses nature dans des champs de blés, elle était désormais bien loin de la jeune fille délurée qui s'affichait nue sur une boule de démolition.

Mais elles ne faisaient qu’appliquer, sans succès, une rhétorique déjà bien éprouvée par Madonna il y a vingt ans, quand elle passa de dominatrice sado-maso période Erotica à héroïne romantique période Bedtime Stories / Evita.

Le storytelling de la réinvention ne faisait plus recette: peu importe le chemin qu’elles décidaient de prendre, quand Miley Cyrus, Katy Perry ou Taylor Swift s’emparaient d’une culture comme elles changeraient de chemise, passant de l’une à l’autre tous les deux ans, au gré des albums, des envies et des impératifs de l’air du temps, elles ne trompaient désormais plus personne –et en particulier des adolescents plus woke que jamais, élevés à la culture du LOL et du gratuit.

Par conséquent, plutôt que des chansons d’amour générique qui parlent à tout le monde et s’échangent entre pop-stars comme des Pokémons, les jeunes filles préfèrent désormais des expériences plus singulières, plus intimes.

C’est la raison pour laquelle les rappeurs, qu’ils soient socialement engagés comme Kendrick Lamar ou plus futiles comme Migos, sont désormais les rois des charts et séduisent tant, bien au-delà de leur public cible: ils restent constants et singuliers.

Infantilisation des artistes féminines

Des adjectifs dont aimeraient justement pouvoir s’emparer les jeunes pop-stars féminines. Le problème est qu’elles en sont souvent empêchées. Dix ans après s’être rasée le crâne devant les caméras des paparazzis, Britney Spears le racontait: «Ma vie était contrôlée par beaucoup de gens, et ça ne me laissait pas de place pour être moi-même».

Le sexisme infantilisant du management, de la maison de disques et des médias empêchent ces jeunes filles d’être elles-mêmes, constantes et singulières –simplement parce qu’elles sont des femmes, jeunes de surcroît.

«Les gens pensent que vous ne pouvez pas vous défendre et que vous ne savez pas ce qui est bien pour vous. Souvent, pas juste les labels ou le management, tout le monde pense pouvoir vous façonner», expliquait au Guardian la jeune anglaise Chloë Howl, qui avait signé à 16 ans avec Columbia et sortit une poignée de brillants singles en 2013, avant de tout quitter pour ne revenir que trois ans plus tard en label indépendant.

«Je me demandais pourquoi eux [des stars anglaises masculines comme Sam Smith, Tom Odell, George Ezra ou MNEK ayant débuté en même temps, ndlr] étaient capables d’être eux-mêmes sans que cela pose de problèmes. J’avais l’impression de devoir constamment travailler sur mon image, d’être formée à bien apparaître dans les médias, de devoir être une meilleure artiste. Je n’avais aucune opportunité de mûrir. Souvent, on attend des filles d’être “complète” beaucoup plus tôt que les mecs. Je vois des garçons se lancer avec un jean et un T-shirt en ayant l’air un peu débraillé et un peu bizarre, et les gens adorent ça. Mais quand vous êtes une artiste féminine, on attend de vous que vous soyez très policée très rapidement. Ça peut être très décourageant.»

Ce paradoxe entre une recherche constante d’authenticité chez les pop-stars et cette incapacité à faire confiance aux femmes, ce contrôle permanent de leur corps et de leur discours, est donc au cœur de la mort annoncée des divas, condamnées, pour les plus anciennes, à surfer sur leur fanbase pour se diversifier –comme Rihanna avec les cosmétiques et la lingerie– ou, pour les plus jeunes, à rester des chanteuses «de niche», adulées sur Instagram et Spotify mais incapables de s’installer durablement en devenant des icônes réellement mainstream.

Divas d'un genre nouveau

Parmi elles émergeront toutefois des divas d’un genre nouveau, celles qui réussiront le mieux à maintenir cet équilibre entre l’affirmation constante de leur singularité et une musique assez accrocheuse pour séduire au-delà d’un public de connaisseurs.

On peut déjà voir les prémisses de ces nouvelles divas, par exemple chez la norvégienne Sigrid qui, à seulement 20 ans, s’est faite connaître avec une chanson aussi rageuse et féministe qu’elle était fun et catchy.

Dans «Don’t Kill my Vibe», elle chantait ainsi en réaction aux producteurs masculins la prenant de haut pour lui imposer leur style.

«You think you're so important to me
You think you're so important to me, don't you?
You shut me down, you like the control
You speak to me like I'm a child
Try to hold it down, I know the answer
I can't shake it off and you feel threatened by me
I tried to play it nice, but don't kill my vibe»

«Tu penses que tu es important pour moi / Tu penses que tu es si important pour moi, n’est-ce pas? / Tu me dis de la fermer, tu aimes le contrôle / Tu me parles comme à une enfant / Essaye de te retenir, je connais la réponse / Je ne m’en fous pas et tu te sens menacé par moi / J’ai essayé de la jouer gentille, mais ne tue pas ma vibe.»

Ces nouvelles divas, elles s’appellent également SZA, princesse de la neo-soul et protégée de Kendrick Lamar dont le premier album a été certifié platine –un million d’exemplaires– à l’automne, ou Tove Lo, une Suédoise dont le single «Habits» était aussi sombre, crade et hyper-réaliste que sa mélodie était imparable. Accompagnée d’un clip dont les deux versions cumulent à près d’un milliard de vues sur YouTube, la chanson s’était hissée à la troisième place des charts américains –et la deuxième en France.

Mais c’est peut-être la jeune Hayley Kiyoko qui représente le mieux cette nouvelle génération de divas de la pop. À l’aide de chansons pop hyper-accrocheuses –et les clips qui les accompagnent– comme «Girls like Girls» ou «Curious», celle que ses fans appellent la «Lesbian Jesus» s’est faite une mission de normaliser les relations gays par la pop-music et s’est imposée comme une figure incontournable de la communauté LGBTQ –et bien au-delà.

«Personnellement, j’aime le fait d’aimer les filles. C’est qui je suis. Ce n’est pas quelque chose dont j’ai honte», disait-elle à Harper’s Bazaar.

Alors, oui, elle conservait le sex-appeal d’une Madonna se déhanchant «like a virgin», la fraîcheur enjouée de Katy Perry chantant «I Kissed a Girl» et l’activisme d’une Lady Gaga entonnant «Born This Way».

Mais plutôt qu’une prétendue sulfureuse mise en scène homo-érotique d’un personnage né de la fiévreuse imagination d’un management ou d’une maison de disques, Kiyoko utilisait les armes de ses aînées pour être elle-même, juste elle-même, une jeune fille de 27 ans qui chante son attirance pour sa meilleure amie.

Michael Atlan

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