Parents & enfants / Société

Devrait-on enseigner les bienfaits de l’allaitement dès l’école?

Temps de lecture : 2 min

Les professionnels de santé déplorent un manque de pédagogie qui expliquerait pourquoi tant d’Européennes choisissent de ne pas allaiter.

Bébé nourri au sein par Anton Nossik via Wikimedia Commons
Bébé nourri au sein par Anton Nossik via Wikimedia Commons

Les Françaises figurent parmi les femmes qui allaitent le moins au monde. Uniquement devancées par les Irlandaises, elles ne sont que 63% à donner le sein à leur bébé, contre 82% en Allemagne et plus de 99% au Sri Lanka ou au Népal. Plus édifiant encore: les sept premières places de ce classement réalisé par l’Unicef sont toutes occupées par des pays occidentaux développés:

1. Irlande (55%)
2. France (63%)
3. États-Unis (74,4%)
4. Espagne (77%)
5. Royaume-Uni (81%)
6. Allemagne (82%)
7. Italie (86%)

Relayé par The Independent, ce rapport est l’occasion pour plusieurs professionnels de santé d’appeler à la mise en place de campagnes pédagogiques nationales autour de l’allaitement. L’objectif: promouvoir ses vertus et inciter de plus en plus de mères à s'y adonner.

Au Royaume-Uni, des experts demandent ainsi que soit désormais intégré aux programmes de SVT, dès le collège, un cours sur les multiples bienfaits de l’allaitement pour la mère et son bébé. Et pour cause:

«Bien que le lait maternel sauve des vies, protège les bébés et leurs mamans de certaines maladies mortelles, soit lié à un meilleur QI et une meilleure réussite académique, environ 21% des bébés ne seront jamais nourris au sein dans les pays riches. Tandis que ce taux avoisine les 4% dans les pays aux revenus modestes», écrit l’Unicef.

De son côté, l’Organisation mondiale de la santé recommande l’allaitement jusqu’à l’âge de six mois, en précisant qu’il peut s’étendre jusqu’à deux ans s’il est progressivement complété par une autre alimentation. Un moyen idéal, selon elle, «d’apporter aux nourrissons tous les nutriments dont ils ont besoin pour grandir et se développer en bonne santé».

Malgré ces données, l’allaitement ne va pas forcément de soi pour de bon nombre de femmes. S’il arrive que certaines ne produisent pas ou peu de lait maternel, d’autres peuvent trouver l’expérience fastidieuse voire douloureuse, souligne The Independent.

Mais les mœurs occidentales autour de l’allaitement en public sont également –et surtout?– pointées du doigt. Dans une interview accordée à Vanity Fair en 2016, l’actrice américaine Mila Kunis confiait à propos de sa propre expérience: «Je me sentais un peu bizarre... Les gens nous regardaient de manière honteuse. Je m'en fichais, c'était mon choix. Mais malheureusement, je pense que c'est un choix difficile pour les femmes de le faire en public». Car elles sont nombreuses à avoir intériorisé le tabou qui régit l’allaitement maternel et qui découle principalement de l’hypersexualisation des seins observée dans nos sociétés.

Selon une étude mentionnée par l’Obs en 2016, 41% des Françaises se disent gênées d'allaiter en dehors de leur domicile. Sans compter, ajoute The Independent, les restaurants, magasins ou autres établissements publics qui interdisent aux femmes d’allaiter. Autant de raisons, affirme le professeur britannique Russell Viner au site Refinery29, de sensibiliser les enfants à la question dès leur plus jeune âge via l’école.

En 2018, il est urgent que cet acte on ne peut plus naturel cesse d'être considéré comme impudique lorsque réalisé dans un lieu public, et que toutes les futures mamans aient –réellement– conscience des bénéfices que leur lait procurera à leur bébé. Sans toutefois tomber dans l’injonction à l'allaitement!

Slate.fr

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