Santé / Sciences

Les femmes absentes des études sur les maladies les plus dangereuses pour elles

Temps de lecture : 2 min

Elles manquent toujours à l'appel dans la recherche cardiovasculaire, par exemple.

Le coeur des femmes est-il une énigme? | Andreanna Moya Photography via Flickr CC License by
Le coeur des femmes est-il une énigme? | Andreanna Moya Photography via Flickr CC License by

Première cause de mortalité en France comme dans bon nombre de pays industrialisés, les maladies cardio-vasculaires ne cessent de toucher de plus en plus de femmes, mais celles-ci demeurent sous-représentées dans beaucoup d'essais cliniques.

Une réalité confirmée dans une étude parue ce mois-ci dans la revue du collège américain de cardiologie. En particulier, les femmes manquent à l'appel dans les cohortes étudiant l'insuffisance cardiaque, la coronaropathie ou le syndrome coronarien aigu, mais elles sont aussi sur-représentées dans les recherches sur l'hypertension artérielle pulmonaire, compte tenu de la proportion de femmes concernées par cette maladie, que ce soit en termes de prévalence ou d'incidence. Les chercheurs ont également examiné les disparités sexuelles en matière d'efficacité ou d'innocuité des médicaments cardiaques, pour trouver peu de différences cliniquement significatives.

Inertie dans ce domaine

Au milieu des années 1990, l'agence américaine chargée des aliments et des médicaments (FDA) mettait en place un programme spécifique destiné à améliorer la santé des femmes, via une meilleure compréhension des différences sexuelles susceptibles de se manifester dans les maladies. Pour faire progresser la science et garantir la qualité et la généralisabilité de la recherche biomédicale, il est désormais acquis qu'une représentation proportionnelle des femmes dans les essais cliniques est nécessaire. Mais l'inertie se fait toujours sentir.

Du côté des bonnes nouvelles, la participation féminine a plus que doublé en vingt ans dans les essais de nouveaux médicaments, mais du côté des mauvaises, cette inclusion est extrêmement variable selon les indications et reste la plus basse dans la recherche cardiovasculaire.

Menés par Pamela Scott, directrice du «Bureau de la santé des femmes» au sein de la FDA, les scientifiques ont fait leurs calculs en divisant le pourcentage de participantes aux essais par celui des femmes touchées par telle ou telle maladie –une fourchette de 0,8 à 1,2 signifiant une représentation juste. Au total, la proportion de femmes présentes dans les essais cliniques variait de 22 à 81%, avec une moyenne de 46%.

Et si les chiffres sont bons pour la fibrillation auriculaire (0,8-1,1) et l'hypertension (0,9), les femmes sont sur-représentées dans les essais cliniques sur l'hypertension artérielle (1,4) et sous-représentées dans ceux sur l'insuffisance cardiaque (0,5-0,6), la maladie coronarienne (0,6) et le syndrome coronarien aigu (0,6), alors que les risques féminins sont particulièrement élevés.

Slate.fr

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