Boire & manger

Huit restaurants parisiens à découvrir absolument

Temps de lecture : 8 min

Rive gauche ou droite, viande ou poisson, étoilé ou non... Voici huit restaurants de la capitale à ne pas manquer.

Au restaurant Gaya Rive Gauche, makis de légumes façon pot-au-feu. | Sarah Sergent
Au restaurant Gaya Rive Gauche, makis de légumes façon pot-au-feu. | Sarah Sergent

Gaya Rive Gauche

Au cœur de Saint-Germain-des-Prés, presque en face de l’Atelier de Joël Robuchon (double étoilé), Pierre Gagnaire a installé une seconde table de style culinaire très classique –et abordable côté addition. Le grand chef triple étoilé, un demi-siècle de métier, a mis au point la carte avec son cuisinier Nicolas Fontaine, en charge de l’envoi des plats de ce restaurant de quelques tables où l’on se soucie du bien-être des visiteurs et des bons gourmets.

Au restaurant Gaya Rive Gauche, l'actualité du moment: assiette de coquillages et crustacés. | Fabien Breuil

Carpaccio de daurade royale, poêlée d’encornets aux chanterelles, remarquable tataki de thon rouge, aile de raie aux câpres, lieu jaune de ligne poché à l’huile d’olive. La carte reste marine même si se glisse de temps à autre un exquis navarin d’agneau escorté d’une purée fumée, un délice.

Au restaurant Gaya Rive Gauche, le tout-chocolat. | Sarah Sergent

Du pâtissier Giuseppe di Giuro, voici la cassate café aux raisins blonds (19 euros) et la mousse Guanaja à damner un saint (18 euros). L’étoile est plus que méritée, d’autant que le rapport prix/plaisir est motivant. Personnel de grande maison. Un must à Paris.

44, rue du Bac 75007 Paris. Tél: 01 45 44 73 73. Menus au déjeuner à 48 et 65 euros. Carte de 65 à 110 euros. Fermé dimanche et lundi.

Arnaud Nicolas

Ce charcutier MOF artisan est le prince du pâté en croûte de volailles et foie gras (16 euros) ou de caille, poire et pistache qu’il a inscrit à la carte de ce bistrot lumineux où l’on trouve une dizaine d’entrées de charcuterie cuisinée jamais vues à Paris.

Ce grand professionnel découvert par Alain Ducasse qui sert son pâté en croûte d’anthologie prépare aussi des terrines Grand-mère (11 euros), du foie de canard mi-cuit au naturel (16 euros) et une rare couronne de jambon parfumée aux herbes et oignons caramélisés (12 euros). Pour les amateurs de ces assiettes oubliées des chefs, une adresse parfaite –régal assuré.

Au restaurant Arnaud Nicolas, la couronne de cochon parfumée aux herbes. | Anne-Emmanuelle Thion

En plus, Arnaud offre des poissons: le dos de saumon mariné et le tzatziki (15 euros), le thon rouge sauce vittelo tonnato (14 euros) et des tagliatelles aux herbes fraîches prises dans un ragoût de homard et émulsion coraillée, le beau plat du répertoire actuel (31 euros) avec le turbot cuit sur l’arête (42 euros).

Aussi, le pâté Pantin aux morilles et vin jaune, salade mesclun, de la haute cuisine (79 euros pour deux). On termine par le baba au rhum, crème vanillée fouettée (9 euros) et un vacherin fraise et basilic (12 euros).

Oui, une adresse innovante à inscrire sur vos tablettes. Un remarquable charcutier à l’œuvre et des dons évidents de chef respectueux des produits. Mérite l’étoile en 2019.

46, avenue de la Bourdonnais 75007 Paris. Tél: 01 45 55 59 59. Menus au déjeuner à 32 et 35 euros. Fermé dimanche et lundi au déjeuner et dimanche au dîner.

L’Innocence

Anne Legrand est en cuisine de ce mini bistrot accueillant d’une vingtaine de couverts, pas plus. Jonathan Caron, passé par l’Ambroisie, le trois étoiles de Bernard Pacaud place des Vosges, et par la Bigarrade de Christophe Pelé, accueille et sert les clients. La cuisinière perchée sur son estrade est une passionnée des cadeaux de la nature, lesquels font la recette indique-t-elle. Venue de chez Hélène Darroze, elle connaît les bons producteurs: Annie Bertin pour les légumes, Tom Saveurs pour les poissons des Charentes, Fleur Godart pour les viandes. D’où une palette recherchée et personnelle comme le ceviche de carottes et pamplemousse, les encornets au pesto d’ail et pistaches de Sicile, ou encore un simple carré d’agneau.

Au restaurant l'Innocence, pomme de terre agria, jaune d'œuf confit, émulsion noisette. | Elis Bond

Au déjeuner, un menu de trois plats, pas de carte hélas. Un midi, des asperges cuisinées avec goût, un beau merlan de ligne et un dessert basique aux fruits –c’est la prison du menu, comme disait Robert Courtine, le regretté chroniqueur du Monde.

Au dîner, un menu carte blanche de six plats, c’est ce que l’on souhaiterait aussi à midi: il faut de la générosité à table et des assiettes tentatrices afin de séduire les bons gourmets. Anne Legrand n’a que 27 ans, elle doit élargir son répertoire, elle a de l’avenir.

28, rue de la Tour d’Auvergne 75009 Paris. Tél: 01 45 23 99 13. Menus au déjeuner à 25 et 30 euros, dîner à 49 euros. Fermé dimanche.

La Trattoria di Bellagio

Le fils Menut, propriétaire de cette trattoria des Ternes, a rénové l’intérieur, disposé des vitrines de vente de produits italiens (pâtes, condiments, vins) et engagé un nouveau chef venu de Parme, Massimo Curti, expert en classiques de la «cucina della mamma» dont une dizaine de pizzas, de la margherita à la tomate San Marzano (12 euros) à la délicate tartufo à la crème de truffe et copeaux de parmesan (22 euros).

À la Trattoria di Bellagio, saltimbocca. | Alban Couturier

Parmi les spécialités actuelles, les spaghetti bolognese (15 euros), carbonara (17 euros), ail, piment et huile d’olive (12 euros), les penne al pesto (15 euros), deux risotti (18 et 20 euros), des lasagnes (18 euros), des gnocchi au fromage (14 euros) et deux variétés de linguine tomate basilic (12 euros) et alle vongole (20 euros). Tout cela est cuit presque al dente et sans prétention. C’est le meilleur de la carte.

Aussi le piccata de veau au citron (20 euros), l’osso bucco (22 euros) et la côte de veau milanaise de 300 grammes (25 euros). Bon choix de glaces et sorbets (10 euros) du glacier Philippe Faur. Un aperçu des vins de la Botte, un cru par région: pinot gris de Venise (5 euros le verre), Brunello di Montalcino toscan 2011 (13 euros le verre). Expresso (3,50 euros). Terrasse agréable et service à l’écoute des clients.

101, avenue des Ternes 75017 Paris. Tél: 01 40 55 55 20. Menus au déjeuner à 20 euros et 27 euros. Carte de 40 à 65 euros. Ouvert tous les jours. Voiturier.

Le Layon

Cette enseigne sur les hauteurs de Montparnasse, tout près de l’excellente Assiette de David Rathgeber, renvoie à un petit sentier forestier où le chef patron Phildera Diazabakana invite ses clients à savourer une cuisine d’ici et d’ailleurs car ce chef virtuose d’origine congolaise a œuvré au Citrus Étoile, chez Pétrus, chez la Mère Catherine à Montmartre et à l’Hôtel Montaigne où il a rencontré Candyce Piotin, en charge de l’accueil et des vins acquis à la boutique Les Petits Domaines –208, rue de Grenelle (75007).

Au restaurant le Layon, œuf parfait/chiboust. | Le Layon

Pas de carte, six plats au choix à midi: un velouté de panais bien parfumé, de la rascasse au chou pak choï et laitue ou une volaille fermière aux cacahuètes et riz. On termine par une terrine de roquefort aux noix ou un tiramisu. Aussi, récemment, un œuf parfait cuit 45 minutes escorté d’une chiboust de pommes de terre et lard puis un mulet rôti à la purée de chou-fleur et tangor, un hybride d’orange et de clémentine venu de la Réunion. Tarte citron, crumble chocolat et son sorbet en baisser de rideau.

Voilà un chef imaginatif et qui joue avec des produits rares, des trouvailles et épices qui créent des surprises gourmandes –tout le sel et l’originalité de cette petite boîte, comme disait Curnonsky, pour palais avides de curiosités culinaires. Hélas un seul Bordeaux.

139, rue du Château d’Eau 75010 Paris. Tél: 09 83 36 40 42. Menus au déjeuner à 19,50 et 24,50 euros, au dîner à 32 et 42 euros. Fermé dimanche et lundi.

Crom’Exquis

Le trentenaire Pierre Meneau, fils du grand Marc, le génie de Vézelay (le Relais est en travaux toute l’année), a été couronné «bistrot de l’année» par le guide Pudlo Paris voici cinq ans. Depuis, cet élève très doué de son père, l’as du cromesquis au foie gras, et de Michel Guérard, prince de la cuisine minceur, a fait évoluer la partition de sa cuisine de goûts vifs et d’une élégance dans l’assiette.

Au restaurant Crom'Exquis, tartare de bœuf aux couteaux, caviar et coques © Le Crom'Exquis

La crème d’asperges à l’œuf parfait (16 euros), la burrata et ratatouille aux anchois marinés et basilic (19 euros), les ravioles de langoustines aux petits pois et morille farcie (35 euros). Ce sont les entrées bienvenues de ce printemps que l’on fait suivre du filet de canette de Challans au chou rouge et navet glacé (24 euros), de la rascasse à l’oseille et asperges blanches (24 euros) ou du cochon de lait effiloché à la moutarde ancienne (32 euros). Toutes ces assiettes sont enrichies par des accompagnements choisis.

Oui, il y a au Crom’Exquis de la graine de grand chef d’avenir. En conclusion, le riz au lait à la vanille Bourbon (14 euros) et la tarte au citron sur un sablé breton (14 euros). On boit du chardonnay de Vézelay fruité et envoûtant. Dîner plus tranquille qu’au déjeuner très animé.

22, rue d’Astorg 75008 Paris. Tél: 01 42 65 10 74. Menus au déjeuner à 39 euros, 59 et 79 euros au dîner. Affilié à Châteaux & Hôtels Collection. Fermé samedi et dimanche au déjeuner, ouvert samedi au dîner.

La Cagouille

Ce restaurant de poissons en terrasse sur la belle place Brancusi fête son trentième anniversaire. Son fondateur Gérard Allemandou, éditeur de la revue Papilles, et son bras droit en salle André Robert ont eu le privilège réservé à de grandes tables d’offrir à de très bons palais un grand déjeuner du Club des Cent, suprême bonheur pour les membres: friture d’éperlans sauce tartare, nage de Saint-Jacques et langoustines, barbue grillée au beurre blanc, fromage de comté 2016, tarte fine aux pommes, glace vanille –de la haute cuisine agrémentée de grands crus.

Salade de mesclun et haddock. | La Cagouille

Sur l’ardoise, ces jours-ci, on trouve les plats de toujours: céteaux à la poêle (14 euros), l’araignée froide, les moules marinières (16 euros), le filet de mulet au vert (25 euros), le sauté de joues de cabillaud en persillade, les filets de maquereaux sauce moutarde (18 euros), le flan aux pruneaux, le millefeuille aux fraises (10 euros).

Les prix restent plaisants, d’où la fréquentation régulière d’habitués et de mangeurs de poissons et crustacés moins nobles que chez Le Duc, tout près. Sancerre blanc de Bourgeois et carte de cognacs mémorable –on vient aussi pour ces eaux-de-vie de rêve. Une fantastique collection.

10, place Constantin Brancusi 75014 Paris. Tél: 01 43 22 09 01. Menus à 29 et 35 euros. Ouvert tous les jours.

Evi Evane

Ce modeste bistrot grec, proche de la place Saint-Sulpice, est piloté par les deux sœurs Nikolaou, Maria en salle et Dina en cuisine, excellentes interprètes du répertoire de leur pays. C’est ici qu’il faut découvrir l’excellent tarama blanc sans colorant (9 euros), la vraie salade grecque Horiatiki aux tomates, concombre, poivrons, feta et huile d’olive (10,50 euros), la meilleure moussaka de Paris à la viande de veau et sauce au fromage (18 euros), l’exquis poulpe grillé aux oignons caramélisés (14 euros) et la souris d’agneau fondante enrichie d’une purée de courgettes à la feta et à la menthe fraîche (21 euros).

Au restaurant Evi Evane, la moussaka. | Evi Evane

Ne pas manquer au dessert le baklava, ces cigares de pâte filo aux amandes, noix, miel accompagnés de glace à la vanille (8 euros). Vin résiné ou rosé fruité (28 euros).

Cette table d’esprit familial a été distinguée par le guide Pudlo Paris 2017 comme la meilleure table étrangère de l’année, ce qui est justifié par le charme, la qualité des préparations et la vérité des recettes.

10, rue Guisarde 75006 Paris. Tél: 01 43 54 97 86. Carte de 27 à 40 euros. Fermé dimanche. À lire: Grèce: la cuisine authentique de Dina Nikolaou, 90 recettes illustrées, Hachette Pratique, 29,90 euros.

Nicolas de Rabaudy

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