Culture

Pourquoi Tom Wolfe portait toujours des costumes blancs

Temps de lecture : 2 min

L'écrivain américain, qui vient de mourir à 88 ans, qualifiait son propre style de «néo-prétentieux» et dit avoir choisi ces costumes blancs pour «énerver les gens» et pour se donner un «substitut de personnalité.»

Tom Wolfe à Fordham University à New York en 2005. EVAN AGOSTINI / AFP
Tom Wolfe à Fordham University à New York en 2005. EVAN AGOSTINI / AFP

L'écrivain américain Tom Wolfe restera connu pour ses portraits acerbes de la société américaine - des soirées «radical chic» de la gauche mondaine aux hippies défoncés au LSD, en passant par les traders de Wall Street dans son roman Le Bûcher des vanités - et pour avoir libéré l'écriture journalistique de ses carcans stylistiques.

Mais il restera aussi célèbre pour son style personnel. Tom Wolfe est l'écrivain dandy aux costumes blancs faits sur mesure, un uniforme qu'il a commencé à porter en 1962.

La première fois, c'était un accident. Avec son premier salaire, conséquent, Wolfe, qui travaillait alors au New York Heral Tribune, avait décidé de s'acheter un costume d'été. Dans une interview de 1989 avec le magazine Time, où il qualifiait son style «d'anti-bohémien», il explique:

«Je me suis fait faire un costume blanc qui était trop chaud pour l'été, alors je l'ai porté en décembre. Je me suis rendu compte que cela énervait vraiment les gens - j'avais découvert une forme d'agression inoffensive».

Quand ses collègues journalistes s'habillaient de façon décontractée et banale, Wolfe cherchait à se démarquer. Le New York Times raconte qu'il décrivait son style vestimentaire comme «néo-prétentieux»: il lui arrivait de porter vestons, montres à gousset, pochettes de soie et chapeaux.

Pour la critique mode du Washington Post, ces costumes étaient une constante contradiction visuelle. Ils donnaient de Wolfe une apparence démodée et polie, à l'opposée de son journalisme explosif et novateur.

«Cela faisait de lui le centre de l'attention dans n'importe quelle pièce alors que sa profession journalistique consistait plutôt à être un observateur discret», écrit Robin Givhan.

En 2009, il évoquait avec le Time l'avantage de son uniforme:

«Peu après avoir publié mon premier livre, je me suis vite rendu compte que j'était très mauvais en interview. Mais ensuite, je lisais l'article qui disait, "Comme c'est un homme intéressant, il porte des costumes blancs". Et donc pendant dix ans, les costumes ont été un substitut de personnalité».

L'agente littéraire de Wolfe, Lynn Nesbit, estime pour sa part que les costumes ont aidé l'écrivain lors de ses reportages: «C'était contre-intuitif mais il savait que s'il s'habillait comme cela, les gens apprendraient à lui faire confiance».

Slate.fr

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