Santé / Monde

Une soldate américaine se fait greffer une oreille artificielle cultivée sur son bras

Temps de lecture : 2 min

L'organe a été sculpté par les chirurgiens à partir de cartilage extrait des côtes de la jeune femme.

Capture d'écran via YouTube
Capture d'écran via YouTube

Lundi 7 mai, les chirurgiens du centre médical miliaire de William Beaumont à El Paso (Texas) ont transplanté avec succès une nouvelle oreille sur la soldate Shamika Burrage. En 2016, cette jeune femme de 19 ans avait frôlé la mort après avoir été éjectée de son véhicule suite à l'explosion de l'un de ses pneus avant: sa voiture a dérapé sur 200 mètres avant de partir en tonneaux. À son réveil, son oreille gauche manquait.

«Je n’aimais pas ce que je voyais dans le miroir. J’ai tout de suite voulu changer ça. La chirurgie esthétique s’est très vite présentée comme une option», explique la jeune femme, maintenant âgée de 21 ans.

Les chirurgiens plastiques de William Beaumont ont décidé de reconstruire son oreille à partir de cartilage –une alternative à la prothèse.

«Elle avait à peine 19 ans au moment de l’accident, on ne se voyait pas lui proposer de vivre avec une prothèse pour le reste de sa vie. En tant que jeune militaire en service actif, elle méritait la meilleure reconstruction possible», explique le lieutenant-colonel Owen Johnson, directeur du service de chirurgie réparatrice et plastique au centre médical miliaire.

Une première pour l’armée américaine

À partir de cartilage extrait de ses côtes, les chirurgiens ont sculpé une nouvelle oreille, qu’ils ont ensuite placée sous la peau de l’avant-bras de la jeune femme pour qu’elle puisse continuer de grandir.

«C’était une opération compliquée et une première pour l’armée. Dans cinq ans, personne ne pourra savoir que ce n'est pas son oreille d’origine», souligne Owen Johnson.

Cette intervention n’est pas, cependant, la première tentative de reconstruction de l’oreille qui adopte la technique de culture sous la peau de l'avant-bras. Dans les années 1990, la photo d’une souris avec une oreille sur le dos avait fait le tour du monde. La «Vacanti mouse» faisait partie d’une étude cherchant à déterminer la faisabilité de la technique.

En 2012, Sherrie Walter, atteinte d’un cancer qui l’avait privée de son oreille gauche, avait subi une greffe similaire. «Je ne me voyais pas scotcher une oreille artificielle à ma tête tous les jours. Ce n’est pas quelque chose qui me ressemble. J’imaginais déjà mes enfants courir avec dans la maison et crier “J’ai l’oreille de Maman”», raconte-t-elle à ABC News.

La chaîne américaine avait alors expliqué que cette intervention était l'une des plus compliquées à pratiquer pour les chirurgiens plastiques, notamment parce que la reconstruction est totale –elle permet même la formation de vaisseaux sanguins dans le cartilage, et donc de retrouver des sensations dans l'oreille.

Malgré tout, la convalescence de la soldate Shamika Burrage est loin d’être complète. Elle doit encore subir deux interventions visant à cacher ses cicatrices, grâce à une greffe d’épiderme provenant de son avant-bras.

«Je suis très optimiste et impatiente de voir les résultats. C’est un long processus, mais je suis redevenue moi-même», confie-t-elle au Washington Post.

Slate.fr

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