Sciences

Marcherons-nous enfin sur Mars dans 50 ans?

Temps de lecture : 4 min

Les questions technologiques ne sont pas les seules à prendre en compte.

La fusée Atlas 5 transportant la sonde Mars InSight est lancée depuis la base aérienne de Vandenberg, le 5 mai 2018 près de Los Angeles, en Californie. | David McNew / Getty images / AFP
La fusée Atlas 5 transportant la sonde Mars InSight est lancée depuis la base aérienne de Vandenberg, le 5 mai 2018 près de Los Angeles, en Californie. | David McNew / Getty images / AFP

Cet article est publié en partenariat avec Quora, plateforme sur laquelle les internautes peuvent poser des questions et où d'autres, spécialistes du sujet, leur répondent.

La question du jour: «Aurons-nous posé le pied sur Mars dans 50 ans?»

La réponse de Nicolas Nelson, militant passionné pour le développement de l’exploration spatiale humaine:

Cela dépend de cinq entités distinctes susceptibles d’ouvrir la voie. Chacune compte un grand nombre de soutiens, mais a également beaucoup de détracteurs à convaincre.

Les trois premières sont des agences gouvernementales: la Nasa, la CNSA (Administration spatiale nationale chinoise) et l’Esa (Agence spatiale européenne). Cinquante ans, c’est beaucoup. Suffisamment pour que l’une de ces agences lentes mais très compétentes, chacune ayant la capacité de mener à bien des vols habités (bon, l’Esa n’en a pas encore réalisé, mais ce n’est plus qu’une question de temps, et vous leur donnez cinquante ans), passe à l’étape supérieure et envoie une mission humaine sur Mars. Ces agences pourraient même travailler ensemble ou avec d’autres agences spatiales (l'agence chargée du programme spatial civil russe Roscosmos ne lancera certainement pas le mouvement, mais c’est un partenaire de premier choix; l’agence indienne ISRO est un partenaire moins évident, mais elle présente un gros potentiel; et il y en a de nombreuses autres).

Les deux autres entités sont des entreprises privées, SpaceX et Blue Origin, inspirées et dirigées par leurs visionnaires PDG et fondateur respectifs Elon Musk et Jeff Bezos. L’une ou l’autre de ces entreprises pourrait envoyer une mission humaine sur Mars bien avant une agence gouvernementale, si elle en a la volonté et n’est pas limitée par des raisons financières.

Bezos ou Musk, qui prendra les devants?

Jeff Bezos a beaucoup plus d’argent qu’Elon Musk, mais il préfère l’option «lentement mais sûrement» à l’option «course» vers Mars que privilégient certains. Il a ainsi pour priorité le développement dans l’espace cislunaire et ne souhaite s’intéresser à Mars que lorsque l’infrastructure cislunaire sera en place, au moins à un certain degré. Pour le moment, Jeff Bezos n’a donc pas de projet d’exploration de Mars très précis.

Elon Musk brûle d’envie de coloniser Mars (yeah!), mais il n’est pas non plus dans une logique de «course» vers Mars. Il adorerait que d’autres aillent sur Mars d’abord (il l’a dit ouvertement) et n’espère qu’une chose: qu’ils s’activent un peu pour que ce soit fait bientôt. Mais il doit surmonter des obstacles financiers qui ralentissent sa recherche et développement et ses efforts de construction de fusées. Elon Musk ne semble pas accorder beaucoup d’importance à l’espace cislunaire. Ses projets sont plutôt assez similaires à ceux de la mission «Mars Direct» imaginée par la société Martin Marietta, qui prévoit de se passer des missions «explorer et faire de la recherche scientifique» pour lancer directement des missions d’installation. Mais avec cette approche, il joue gros et prend des risques financiers considérables. Si Tesla, la Gigafactory ou The Boring Company s’effondre, elle pourrait entraîner tous les autres dans sa chute, y compris SpaceX. Le destin de l’exploration et de la colonisation de Mars à court terme pourrait donc dépendre des ventes de camions de Tesla en 2018! (Bon, la situation financière n’est peut-être pas aussi délicate, mais vous voyez l’idée.)

Pour résumer: dans cinquante ans, Elon Musk aura envoyé des humains sur Mars, ou sera mort/en faillite en ayant essayé de le faire. Si tout se passe bien pour SpaceX, la multinationale pourrait envoyer un équipage d’humains sur la planète rouge dans dix ou douze ans seulement… Mais beaucoup de circonstances peuvent retarder cela.

Dans cinquante ans, si Elon Musk a échoué quelque part, Jeff Bezos aura envoyé des humains sur Mars, mais depuis peu, et en prenant son temps. Donc je dirais que Jeff Bezos sera en mesure d’aller sur Mars dans trente ou quarante ans.

Une question de climat géopolitique

D’ici cinquante ans, une mission humaine Nasa/Boeing pourrait avoir visité Mars deux ou trois fois en l’espace de six ans, laissé des drapeaux et des empreintes, prélevé des échantillons géologiques, déclaré que le projet était une réussite et rejoint la Terre. Mais tout dépend de l’avis volatil du Congrès américain, et des administrations présidentielles en perpétuel renouvellement. Est-ce que cela peut se produire? Oui bien sûr. Est-ce que c’est probable? Pas du tout.

Il en va de même pour l’Esa et la CNSA: en cas de volonté politique constante et de réussite diplomatique à la fois en matière de politique étrangère et de coopération scientifique, il n’y a aucune raison pour que l’une d’entre elles (plus leurs éventuels partenaires) ne soit pas capable d’envoyer une ou deux missions humaines sur Mars. Mais si de nombreux facteurs conspirent contre ces missions, la probabilité qu’elles aient lieu est faible dans le climat géopolitique actuel. Et une guerre d’ampleur ou une menace de guerre imminente pourrait retarder le projet d’exploration de Mars de cinquante ans supplémentaires.

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