Société / Culture

Les sitcoms sont-elles encore un bon baromètre de la société?

Temps de lecture : 14 min

Depuis cinquante ans, les sitcoms accompagnent l'air du temps social, politique et culturel en traitant avec humour les réalités du monde. Mais le retour polémique sur les écrans de «Roseanne» en supportrice de Trump brouille les pistes.

Barney et Robin dans How I Met Your Mother | Stefaniecabs via
Wikimedia Commons License by
Barney et Robin dans How I Met Your Mother | Stefaniecabs via Wikimedia Commons License by

Chaque jour, à la sortie du collège, je me précipitais pour ne pas rater le bus et l’épisode quotidien du Prince de Bel-Air, diffusé vers 17h sur France 2. La série avec Will Smith occupait alors une grande partie de nos discussions dans la cour de récré, comme on discuterait aujourd’hui de Game of Thrones à la machine à café. Des discussions souvent futiles sur la garde-robe du prince, une vanne particulièrement drôle ou la danse de Carlton, le tout largement saupoudré du célèbre «check» avec Jazz. De toute façon, la série l’était, futile. C’était une sitcom légère, grand public, familiale, qui nous plaisait car elle rendait accessible à une heure de grande écoute une culture hip-hop définitivement absente des grands médias français en ce début d’années 1990.

Pour autant, cette futilité n’empêchait pas la série, créée par deux auteurs blancs à partir de l’expérience très privilégiée des enfants de Quincy Jones, de s’aventurer au-delà et de visiter des territoires dont on discutait rarement à l'école: ceux de l’actualité, des sujets montrés et débattus dans les journaux.

Quelques mois après les émeutes de Los Angeles en 1992, par exemple, un épisode s’emparait du sujet. C’était une première, un choc même, pour mon jeune cerveau habitué aux très policés, voire irréels Cosby Show et Madame est servie. Un choc d’autant plus intense que Le Prince de Bel-Air n’était pas la seule de mes sitcoms préférées à en parler: Campus Show, qui passait alors sur M6, a également traité à la même époque des émeutes et de la violence policière dans un épisode encore plus radical.

«À la minute où les émeutes ont commencé, tous les auteurs se sont appelés pour se dire que ça allait changer ce qu’on l’avait prévu pour la saison», expliquait à l’époque Susan Fales, la show-runneuse du spin-off universitaire du Cosby Show au Washington Post. «Le fondement de cet épisode est de montrer qu’il y a de nombreux problèmes entre les Noirs et les Blancs qui n’ont jamais été résolus et nous devons commencer à en parler si nous voulons commencer à soigner et grandir en tant que nation.»

Ces problèmes alors réservés au journal télévisé de 20h s’invitaient dans mes séries préférées avec une liberté de ton inédite et une forme de réalisme d’autant plus poignante qu’en France, à la même époque, le débat sur le contrôle au faciès faisait rage et les émeutes provoquées par des bavures policières n’épargnaient pas les banlieues.

À mesure que je grandissais, les sitcoms se mettaient donc à accompagner –voire à modeler– mon rapport à l’actualité, à l’air du temps culturel, social ou politique car, comme l’expliquait Jerrod Carmichael au Daily Beast à propos du traitement des violences policières et de #BlackLivesMatter dans sa sitcom The Carmichael Show, «je sais que dans la vie, j’ai ces conversations, dans les ascenseurs ou avec mes amis. On discute de ce qui se passe dans l’actualité. Je n’aime pas forcément utiliser le mot “honnête” mais c’était vraiment ça, de “l'honnêteté”. Ce sont des conversations que nous avons. Alors pourquoi ne pas les avoir à la télévision?».

Un mode de production suffisamment rapide pour parler d'actu

Ces moments, ces conversations, elles existaient grâce à un épisode, le deuxième de la série All in the family, diffusé le 19 janvier 1971 sur la chaîne ABC. Archie Bunker, un quinquagénaire de la communauté ouvrière du Queens à New York, y découvrait que son fils Michael avait écrit une lettre sur «la pollution de l’air, les relations raciales, la guerre au Vietnam» au président Nixon. Alors, après une conversation politique fiévreuse avec le jeune idéaliste, le vieux conservateur décidait d’écrire sa propre lettre pour dénoncer ces donneurs de leçons qui «ne voient que des catastrophes dans notre grand pays». Pour la première fois, une sitcom utilisait la rapidité de son mode de production pour parler des sujets à la une de l’actualité.

Avant cela, les sitcoms les plus populaires comme Ma Sorcière bien aimée, Jinny de mes rêves, The Beverly Hillbillies ou Papa Schultz se complaisaient, selon le créateur de All in the family Norman Lear, dans un un humour de «cour de récréation», les chaînes étant persuadées que parler de l’actualité n’était pas bon pour les rediffusions, que ce genre de blagues, marrantes un jour, ne le seraient plus quatre ou cinq ans plus tard.

«Les auteurs de la série devaient obligatoirement lire le Los Angeles Times, le New York Times et le Wall Street Journal qui étaient toujours disponibles dans les bureaux. Ils devaient également savoir ce que les familles traversaient comme épreuves. Je ne vois aucun auteur sur mes séries qui n’était pas marié ou n’avait pas d’enfants. Ils avaient tous des familles. L’équipe que l’on formait était la culture nationale», expliquait ainsi Norman Lear à Vulture.

La réalité du monde prenait donc ses aises en prime-time dans les foyers américains. Au cours de ses neufs saisons, All in the family, ses deux spin-offs –Maude et The Jeffersonsainsi que son spin-off de spin-off –Good Timesallaient aborder des sujets comme le racisme, l’infidélité, l’homosexualité, la libération des femmes, le viol, la religion, les fausses couches, l’avortement, le cancer du sein, la guerre du Vietnam, la ménopause, l’alcoolisme, le suicide, le contrôle des armes, le changement de sexe, l'illettrisme ou l’égalité des genres.

«Les problèmes traités dans les séries venaient des vies que nous menions et des vies que nous voyions autour de nous, disait Lear à Variety. Ils venaient de la réalité de la vie et rien de plus.»

Éducation à la vie de jeune adulte

La sitcom moderne était née, reflet de la réalité de ses spectateurs, un reflet juste assez déformé pour les faire rire. Depuis, le genre accompagne –voire précède– toutes les grandes évolutions culturelles et sociales. En 1972, par exemple, un an avant le jugement Roe v. Wade légalisant l’avortement au niveau fédéral, Maude se faisait avorter dans un très médiatique épisode de la série éponyme. Depuis, même si rare, le sujet a été abordé par des séries comme Drôle de vie dans les années 1980, Roseanne dans les années 1990 et Scrubs dans les années 2000.

En 1991, vingt-cinq ans avant le jugement Obergefell v. Hodges légalisant le mariage pour tous, Les Craquantes, une bande de retraités partageant une maison à Miami, abordaient déjà le sujet, à l’époque complètement absent du débat national. «Tout le monde veut quelqu’un avec qui vieillir et tout le monde ne devrait-il pas avoir cette chance?», questionnait Sophia, l’octogénaire grande gueule à la délurée Blanche inquiète que son frère se marie avec un autre homme.

Quelques mois plus tôt, la série expliquait, par la voix de cette même Blanche, que le sida n’était pas seulement une maladie d’homosexuels, une «théorie» encore largement répandue alors que le taux de contamination explosait. «Ce n’est pas supposé arriver à quelqu’un comme moi… Je suis une bonne personne!», se lamentait Rose, inquiète d’avoir été contaminée lors d’une opération chirurgicale. «Le sida n’est pas une maladie de mauvaise personne, Rose. Ce n’est pas Dieu punissant les gens pour leurs péchés», répliquait Blanche.

Vingt ans plus tard, l’importance culturelle et sociale des sitcoms sera même validée au sommet: le vice-président américain d'alors, Joe Biden, admettra que Will & Grace «a probablement fait plus pour éduquer le public américain aux problèmes de la communauté LGBTQ que presque tout ce qui a été fait précédemment par tout le monde».

Même de façon moins franche, des séries comme Living Single, Friends, How I Met Your Mother ou New Girl ont également accompagné les bouleversements des mœurs dans les années 1990 et 2000 en suivant le quotidien de jeunes gens au début de leur vie d’adulte. Entre l’apprentissage de la colocation, des jobs alimentaires, d’une sexualité ouverte ou de l’amitié femme-homme, ces sitcoms respiraient leur temps, ses préoccupations, ses malaises, ses joies et ses peurs.

Trump fait revenir les anciennes sitcoms progressistes

C’était aussi le but affiché de Roseanne à ses débuts le 31 octobre 1988 sur la chaîne ABC: être «une sorte de tarte à la crème post-féministe jetée à la face du Syndrome de la Super Maman», comme elle se définissait elle-même dans le New York Times en 1990, briser le cliché de la super-woman incarnée alors par les très en vogue Clair Huxtable du Cosby Show ou Maggie Seaver de Quoi de neuf docteur?, capable de gérer sans souci carrière prestigieuse et famille nombreuse.

«Je fais huit heures par jour à l’usine et, quand je rentre à la maison, je rempile pour huit heures», disait-elle à son mari Dan dans le pilote de la série.

Salaires de misère, pointage, factures impayées, la vraie vie et les vraies galères d’une famille ouvrière du Midwest qui peine à finir ses fins de mois étaient au centre de Roseanne, avec là encore, un discours social régulièrement engagé.

Par exemple, dans un épisode de la quatrième saison, la mère de famille recevait la visite d’un politique souhaitant lui annoncer qu’il allait faire venir des entreprises grâce aux réductions d’impôts. «Mais qui va payer les impôts qu’elles ne payent pas?», demandait Roseanne. «Et bien… vous… Mais vous travaillerez, vous aurez un bon et stable travail», lui répondait le politique. «Donc, ils vont virer les syndicats pour venir ici et nous payer une misère et, pour ce privilège, on va payer leurs impôts?», lui assénait Roseanne dans un échange qui n’aurait pas fait tache en 2018 au moment de la réforme des impôts de Trump et de son parti.

Pour cette raison, il ne semblait pas absurde de faire revenir la famille Conner à la télé. Comme elle, Will & Grace avait aussi fait son retour devant les assauts répétés de Trump et son parti contre les femmes et la communauté LGBTQ. «Cette réincarnation est née de toute l’agitation en Amérique», racontait en janvier dernier Eric McCormack, qui incarne Will, au Guardian. «Elle est née à cause de cette vidéo. Ça a commencé comme un pur besoin de dire quelque chose, au nom de Hillary et au nom de la santé mentale.»

Depuis les débuts de la campagne, les médias se sont en effet gargarisés de cette Amérique de la Rust Belt décrite dans Roseanne trente ans plus tôt, son malaise, sa peur du déclassement économique face à la fin du modèle industriel. L’Amérique blanche et ouvrière, en particulier celle du Midwest, aurait été celle ayant voté massivement pour Trump. Elle aurait permis son élection et lui accorderait, encore aujourd’hui, un inconditionnel soutien. Alors, il a été décidé de faire de Roseanne Conner, cette mère de famille fauchée faisant la leçon à un politique sur les impôts, les syndicats et les salaires de misère, une supportrice de Donald Trump.

«J’ai toujours tenté de faire le portrait des Américains et de la classe ouvrière d’une façon réaliste. Ce sont eux, les ouvriers, qui ont élu Trump. Donc, oui, la série est très réelle et c'est quelque chose qui méritait d’être discuté, particulièrement la polarisation dans les familles, les gens qui se détestent à cause de la façon dont ils ont voté, ce qui n’est pas américain selon moi», confiait Barr au Hollywood Reporter.

De candidate chez les Verts à fervente supportrice de Trump

Le challenge était ambitieux et, sur le papier, une plutôt bonne idée, ce reboot permettant a priori d’ouvrir une ligne de dialogue dans une Amérique bien réelle, radicalisée et extrêmement polarisée, de décrire cette fracture si souvent décrite par les médias entre amis, membres d’une même famille ou collègues.

Après tout, Archie Bunker, l’anti-héros de All in the family n’était pas non plus un bisounours: bigot et raciste, il détestait les hippies, les gauchistes, les progressistes, appelant son fils «l’homme blanc le plus fainéant que j’ai jamais vu» et utilisant régulièrement des épithètes racistes comme «spic» (Latinos), «spade» (Noirs), «hebe» (Juifs), «yid» (Yiddish) ou «polack» (Polonais). Mais son comportement permettait de constater une réalité, de la mettre en perspective et, bien sûr, à terme, de la ridiculiser. Au lieu d’offrir un regard béat sur le monde, Archie Bunker offrait l'occasion chaque semaine à ses spectateurs de regarder ce monde droit dans les yeux, de l’affronter, qu'importent ses convictions.

Comme l’expliquait Christina von Hodenberg dans son essai Television's Moment, «il n’y avait pas de “majorité silencieuse” de bigots supportant Archie mais plutôt une majorité en transition. [...] Tandis que la plupart des spectateurs “aimaient” Archie, ils n’étaient pas pour autant “en accord” avec lui. [...] Vidmar et Rokeach ont rapporté que 20% des sujets de leur étude trouvaient que la série les avait rendus plus conscients de préjugés qu’ils ne pensaient pas avoir. L’étude Dutch a, quant à elle, trouvé que les spectateurs les plus “intolérants et autoritaires” discutaient davantage du programme avec leurs pairs que les autres et mentionnaient plus souvent qu’il les faisait “douter” de leurs attitudes. Quand les chercheurs derrière les premières études de CBS ont recontacté les 16 à 19% de personnes ayant exprimé une vague sympathie pour les idées d’Archie, quatre mois après la première enquête, plus de la moitié “ne pensaient plus de cette façon” et 10% voyaient Bunker comme “le reflet de leurs anciennes erreurs”».

Le problème, pourtant, avec ce reboot de Roseanne censé prendre le poul de l’air du temps, est qu’il est fondé sur un mythe: la classe ouvrière, contrairement à ce qu’affirme Roseanne Barr, n’a pas élu Trump. 41% des votants gagnant moins de 50.000 dollars par an ont voté pour le républicain contre 53% pour Hillary Clinton. Par contre, 49% des votants gagnant entre 50.000 et 100.000 dollars ont voté pour Trump contre 47% pour la démocrate. Le revenu médian des électeurs de Trump était de 72.000 dollars, bien au-dessus des 56.000 dollars de revenu médian. En somme, la classe moyenne a élu Trump.

Dans le premier épisode du reboot, Roseanne expliquait qu’elle avait voté pour Trump «parce qu’il parlait des jobs», là où les principales raisons venaient, en réalité, surtout d’une «anxiété culturelle» comme l’appelait The Atlantic, une peur du déclassement social et culturel lié à l’immigration, du progressisme, du déclassement au regard des droits acquis par les femmes, la communauté LGBTQ et les minorités.

Par conséquent, plutôt que de dessiner un portrait réaliste de l’Amérique ouvrière en 2018, inquiète de perdre sa maison, de réussir à payer ses factures ou de ne pas pouvoir financer les études de ses enfants, Roseanne ne dessine que l’incohérent portrait de sa comédienne principale. Autrefois activiste candidate aux élections pour les Verts américains, elle est devenue supportrice de Trump via un fil Twitter aux allures de litanie de théories du complot, de déclarations islamophobes et anti-féministes. Roseanne, version 2018, se voulait être le baromètre du temps présent. Il n'est en fait qu'un baromètre cassé et déréglé indiquant des résultats aussi subjectifs et incohérents que les discours de Trump.

«C’est comme si la série était passée à travers le filtre d’une checklist de “vrais problèmes”.»

Comme l’écrivait l’écrivaine Roxane Gay dans le New York Times, «les Conner sont présentés comme une famille typique de la classe ouvrière et il est facile de s’identifier à leurs problèmes mais c’est comme si la série était passée à travers le filtre d’une checklist de “vrais problèmes” [un petit-fils gender-fluid, une petite-fille noire, une sœur féministe, une addiction aux opioïdes, des voisins musulmans, ndlr] afin de prouver à quel point les Conner sont une famille américaine moderne».

Tout le monde finit par avoir l'air ridicule

Une «checklist» d’autant plus flagrante que la famille Heck, elle, n’a jamais eu besoin de ça pour exister pendant neuf saisons sur ABC dans la sitcom The Middle. Même avec une matriarche incarnée par Patricia Heaton, une des actrices hollywoodiennes les plus prolixes sur son conservatisme (en particulier ses positions anti-avortement), cette série sur le quotidien d’une famille pauvre à Orson dans l'Indiana avait beaucoup de l’honnêteté et du réalisme social de la Roseanne de la fin des années 1980 (ses créateurs y ont fait leurs débuts), réalisme accentué par sa diffusion au cœur de la grande récession de 2009.

«Je ne suis pas en colère que tu aies fait une erreur», disait Mike, le père de famille, à sa femme Frankie qui avait par accident dépensé 200 dollars dans une crème anti-cernes. «Je suis en colère car nous ne pouvons pas nous permettre de faire une erreur. Tu penses que j’aime ça qu’à ce point de nos vies, nous devions avoir quatre boulots juste pour rester pauvres?»

Sans fanfare et sans misérabilisme, la sitcom (qui n’a jamais été un blockbuster en terme d’audience et, comme Roseanne, jamais nommée aux Emmys) ne prenait ainsi pas en otage une population en lui imposant des vues politiques qu’elle n’avait pas forcément (comme l'ont fait Roseanne Barr et de nombreux médias après l’élection de Trump), préférant aller chercher chaque semaine la vérité d’une certaine Amérique souvent écartée des écrans car pas le genre à vous faire sortir votre carte de crédit à la moindre publicité.

Pendant ce temps, des séries blockbuster comme Modern Family ou The Big Bang Theory s’emparaient d’une certaine idée de l’air du temps –le mariage pour tous, les nouvelles masculinités– pour n’en explorer que la surface, pour livrer une vision du monde déconnectée du monde réel, en vase clos, une vision réconfortante, voire assez conservatrice.

Tout l’inverse de Superstore, une des sitcoms actuelles les plus vives et rafraîchissantes sur le mode de vie occidental en 2018 entre jobs de misère, idiocratie, bien-pensance, religion –et j’en passe des sujets obsédant les médias. À travers le quotidien d’employés très divers d’un hypermarché situé au cœur du Midwest, à Saint Louis dans le Missouri, la sitcom est un condensé d’Amérique à l’échelle d’un magasin géant vendant aussi bien des télés gigantesques que des médicaments et des armes à feu.

«Faire parler nos personnages de choses dont les gens dans le vrai monde parlent au moment où l’on tourne rend la série plus actuelle et vraie, affirmait le producteur de la série à Buzzfeed. Quand un sujet apparaît, nous essayons de le considérer sous tous les points de vue et d’avoir tous ces points de vue représentés. Du coup, comme nous cherchons à avoir le regard le plus drôle possible, tout le monde, quel que soit son point de vue, finit par avoir l’air ridicule.»

Par conséquent, sans jamais abandonner un humour politique assez féroce, la sitcom s’empare des sujets les plus chauds de l’actualité sans jamais aliéner une partie de son audience, à l’image d’un épisode de la saison 2 dans lequel le très progressiste et idéaliste Jonah est chargé de vendre des armes à feu tandis que son patron, le très conservateur et chrétien Glenn, se retrouve avec des pilules abortives à écouler. Bref, une bonne façon de se remettre les idées en place et d’échapper au prosélytisme de votre timeline Twitter, que vous soyez plutôt du genre nazi-fondamentaliste ou islamo-gauchiste.

Michael Atlan

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