Boire & manger

Même hors Festival, Cannes attire le monde entier

Temps de lecture : 6 min

Touristes mais surtout professionnels du monde entier choisissent la station azuréenne grâce à une offre de qualité, dont le sensationnel Hôtel Majestic.

Hôtel Majestic Barrière © Pascal Pronnier
Hôtel Majestic Barrière © Pascal Pronnier

Grâce à la puissance médiatique du Festival International du Film, la cité de la Croisette a développé une forte stratégie de tourisme d’affaires: il représente 72,50% des visiteurs en 2017, soit plus d’un million d’étrangers et 280.000 accrédités au Palais des Festivals et des Congrès.

En 2016, il y a eu 52 événements pour 300 jours d’exploitation, ce qui a représenté 850 millions d’euros. Désormais, Cannes n’est surclassée que par Paris pour l’organisation des salons professionnels. La station balnéaire azuréenne chère à Henri Salvador et Jean Marais offre 8.000 chambres d’hôtels pour 130 établissements dont 7 cinq étoiles, 35 quatre étoiles et 32 trois étoiles plus 30 plages privées et 3.000 boutiques dont les plus grandes marques de luxe du globe et trois casinos – il faut bien distraire les congressistes venus des quatre coins du monde.

Au chapitre des palaces de prestige, la concurrence n’a jamais été aussi rude. Il s’agit d’attirer la belle clientèle qui recherche à la fois le confort, le luxe et des prestations haut de gamme: le SPA, les piscines, l’espace, la diversité des restaurants, la vue panoramique sur la Grande Bleue, les plages privées et la qualité du service personnalisé… Tous ces avantages des plus indéniables attirent le top niveau des visiteurs pour que se conjuguent les obligations de travail et le plaisir de vivre sur la plus belle baie de la Côte d’Azur.

Plage la Folie Douce by le Majestic Barrière © Pascal Pronnier

Le Majestic Barrière, en face du nouveau Palais des Festivals, jouit d’une situation privilégiée qui était celle du Carlton à l’époque du premier Palais trop exigu pour l’expansion des manifestations cannoises. Dominique Desseigne, PDG du Groupe Barrière, l’a bien vu dès les années 1990, c’est pourquoi il a tant investi dans la rénovation magistrale du Majestic: 120 millions d’euros injectés en douze ans dont le rachat de l’immeuble de la Banque de France limitrophe du palace immaculé.

Le monument de sept étages a acquis une sorte de splendeur aristocratique, rehaussée par les suites à terrasse au sommet face à l’horizon liquide, les plus demandées par les gens d’affaires bien fortunés.

Vue sur la mer d'une suite du Majestic © Fabrice Rambert

Il faut bien voir que le Majestic du XXIe siècle compte 90 suites contre 39 au Carlton, 14 au Hyatt Martinez et 3 au Grand Hôtel et que c’est là où se trouve la plus forte profitabilité – jusqu’à 1.200 euros la nuit et bien plus pour le Festival du Film, le Midem, le MIPTV, le Duty free shop en octobre…

Lobby de l'Hôtel Majestic Barrière © Fabrice Rambert

D’où ces cinq suites high class logées sous le toit: le penthouse de 450 mètres carrés –un voyage dans l’espace, la suite Dior et ses chambres habillées de soie et de velours, la suite Riviera pour un séjour croisière, la suite Mélodie en souvenir du film d’Henri Verneuil Mélodie en sous-sol tourné à Cannes, la suite Michèle Morgan de 85 mètres carrés et ses portraits rares de la star du Quai des brumes. Ces lieux de rêve au Majestic nécessitent 8.000 roses par an. Pour le service, trois butlers dédiés au cirage et lustrage des chaussures à la demande.

Suite Dior à l'Hôtel Majestic Barrière © Fabrice Rambert

Il y a à Cannes une clientèle de luxe qui continue comme jamais à séjourner sur la Croisette pour des vacances au bord de la mer. L’image glamour de la ville, son attractivité permanente – à Noël, à Pâques, l’été – ont été renforcées par le nombre croissant de manifestations, congrès et fêtes diverses, 3.000 invités sur les plages c’est possible. Il y a 500 cafés et restaurants à Cannes et 30 lounge clubs et discothèques: un chiffre record en France.

Les plaisirs gourmands du Majestic

En 2016, Dominique Desseigne a engagé Pierre Gagnaire, le chef trois étoiles rue Balzac à Paris (75008), comme conseiller culinaire au Fouquet’s Paris et à la succursale du Majestic: une brasserie méditerranéenne en lisière de la piscine turquoise où l’on peut se restaurer sous le ciel cannois ou dans la vaste salle à manger intérieure.

Salle du restaurant le Fouquet's au Majestic Barrière © Fabrice Rambert

Le choix de Pierre Gagnaire le stéphanois, admirable chef créateur et innovant, cinquante ans de métier, se justifiait dans la mesure où ce grand gaillard souriant, jovial, amateur de jazz, a commencé sa carrière de cuisinier au piano grâce aux préparations lyonnaises: le saucisson chaud, la quenelle de brochet sauce Nantua, le pâté en croûte, le poulet aux écrevisses, la poularde demi deuil ou au vinaigre et la tarte aux pralines.

Sa mémoire de maestro reste toute imprégnée de ces plats de la tradition bocusienne. C’est l’as du soufflé au fromage servi à Paris, inégalé, du pot-au-feu en petites portions et du plantureux lièvre à la royale. Un cuisinier de génie.

Aux Champs-Élysées, Pierre Gagnaire a fait évoluer la carte classique du Fouquet’s et à Cannes, il a introduit des références azuréennes: la pissaladière aux goûts nets (12 euros), la friture de calamars au guacamole d’avocat (30 euros), le velouté de petits pois à la menthe (18 euros), le tartare de thon rouge et sa galette de riz (24 euros), les gambas au yuzu (30 euros). Des entrées bienvenues et locavores. Quelle métamorphose!

Parmi les classiques de l’adresse cannoise si prisée des résidents (c’est un peu l’air de Paris sur la Croisette): le fish and chips sauce gribiche (28 euros), le lieu jaune rôti à la pancetta, purée de brocolis (38 euros) et le fantastique tartare Fouquet’s (aussi à Paris) composé de beaufort, de hareng, de thon rouge, de bœuf et d’une gelée fraîche, une création jamais goûtée nulle part (34 euros).

Croque Monsieur noir élaboré par Pierre Gagnaire pour le Fouquet's du Majestic Barrière © Laurent Fau - Studio des Fleurs

Ajoutons pour les carnivores le cheeseburger et pommes coin de rue (25 euros), le filet de bœuf au poivre noir (42 euros) et l’épaule d’agneau confite (36 euros) comme au Pavillon Noura à Marrakech, propriété du Groupe Barrière. On peut accompagner ces mets classiques de la purée aux truffes (9 euros).

C’est l’excellent chef Pierrick Cizeron, assisté de Yohan Fatela, qui envoie ce récital soigné, varié, goûteux qui s’achève par un mi-cuit au chocolat amer ou par la tarte aux fruits de saison (12 euros). Jamais le Fouquet’s cannois n’a atteint ce niveau de qualité, amplifié par une brigade de salle d’un dévouement de restaurant étoilé, « incontournable » écrit le Michelin 2018.

Salle du restaurant la Petite Maison de Nicole © Fabrice Rambert

De l’autre côté du Fouquet’s, Dominique Desseigne a fait venir Nicole Rubi et sa Petite Maison, la fée niçoise des plats nissards comme disait l’ancien maire Jacques Médecin, excellente fourchette. Ainsi peut-on goûter les fleurs de courgette en beignets, les fameux petits farcis, le thon mariné, le tempura de crabe sans oublier les macaronis et d’autres spécialités de la Baie des Anges très recherchées par les fins becs. Dîner pas donné.

Macaronis aux truffes à la Petite Maison de Nicole © Laurent Fau - Studio des Fleurs

À la table de la plage privée, sous les parasols, autre recrue de choix: Mauro Colagreco, le chef italo-argentin du Mirazur à Menton. Au BFire, il déploie sa maîtrise culinaire au feu de bois, les poissons, viandes, légumes sont choyés, caressés par la patte de ce double étoilé au Michelin, 4e Chef du Monde lors d’un classement récent.

Dans son répertoire, on trouve des merveilles: le carpaccio de gamberonis de San Remo au citron de Menton, la pêche du jour à la mousseline de topinambours et noisettes du Piémont, les crevettes carabineros XXL au feu de bois, sauce vierge, le sorbet orange, la crème de safran, l’espuma d’amandes. Aucun restaurant de plage à Cannes n’offre une telle palette de préparations originales servies face à la Grande Bleue, un enchantement.

Au BFire by Mauro Colagreco, la côte de bœuf frottée au sel noir, champignons à la diable, salade et mesclun d'herbes © Alban Couturier

Là encore, le Majestic innove dans ces trois restaurants à l’identité bien définie: c’est l’esprit Barrière porté à un niveau d’excellence peu vu dans les palaces azuréens de grande capacité d’accueil. Ici, on peut héberger jusqu’à 800 convives par jour en période de festivals. Il s’agit d’être à la hauteur du défi qui a fini par payer. En 2019, le Majestic pourrait redevenir le grand hôtel numéro 1 du classement Michelin à Cannes.

Le Majestic Barrière

• 73 boulevard de la Croisette. Tél: 04 92 98 77 00. Au Fouquet’s, menu au déjeuner à 32 euros, beau menu au dîner à 68 euros. Carte de 55 à 120 euros. À la Petite Maison de Nicole (tél. : 04 92 98 77 00), carte de 60 à 130 euros, dîner seulement. Au BFire à la plage, menu à 35 euros, plat du jour à 29 euros et café, brunch à 49 euros. Chambres à partir de 200 euros hors festivals, 90 suites, petit déjeuner à 42 euros. Ciné club à 35 euros avec champagne, studio de cinéma pour les enfants, cours de cuisine et déjeuner à 69 euros, cours de pâtisserie, soirées champagne et musicales, dégustation de caviar à partir de 40 euros.

Le Gray d’Albion

• 38 rue des Serbes. Tél: 04 92 99 79 79. Entre la Croisette et la rue d’Antibes, un cinq étoiles très chic à l’écart de la foule déchaînée. Repas sur la terrasse à la fraîche, menus à 29 et 33 euros. Carte Thalasso, plage Barrière privée, petit déjeuner à 21 et 24 euros. Carte du midi dès 50 euros. 211 chambres à partir de 129 euros hors festivals, petit déjeuner à 29 euros.

Nicolas de Rabaudy

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