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Le hoax des hackers russes qui se faisaient passer pour Daech

Temps de lecture : 2 min

Plusieurs médias américains s'étaient fait avoir, renforçant le sentiment alarmiste des messages.

Le message reçu par Angela Ricketts | Capture d'écran via AP
Le message reçu par Angela Ricketts | Capture d'écran via AP

Le 10 février 2015, Angela Ricketts, mariée à un vétéran américain déployé par huit fois en Irak et en Afghanistan, recevait un sinistre et avant-coureur message de saint Valentin sur Facebook:

«Chère Angela! Une sanglante saint Valentin! #CyberCaliphate
Au nom d'Allah, le Plus Gracieux, le Plus Miséricordieux, sous le drapeau du CyberCaliphat de l'Etat islamique continue son CyberJihad.
Tandis que votre président et votre mari tuent nos frères en Syrie, en Iraq et en Afghanistan, nous venons pour vous. Vous pensez être en sécurité mais l'EI est déjà là, le CyberCaliphat est entré dans votre PC et votre smartphone. Nous savons tout de vous, votre mari et vos enfants, et nous sommes bien plus proches que ce que vous pouvez seulement imaginer.
»

Reprendre les codes de l'EI

Accompagné d'un visuel inspiré des codes de l'organisation État islamique, sur lequel figurait une personne portant un keffieh, la devise de l'EI et l'inscription «Je suIS IS» –clin d'oeil cinglant au slogan «Je suis Charlie»–, le message avait été envoyé à cinq autres femmes, elles aussi mariées à des soldats américains, avec une autre adresse à Michelle Obama.

À l'origine de ce qui s'est révélé être un canular, point de djihadiste pourtant, mais des hackers russes. The Associated Press, trois ans après l'envoi des messages, vient de déboulonner le hoax, repris à l'époque par de nombreux médias américains: Fox, CNN, The Hill et consors avaient repris et fait tourner la menace, renforcée d'un sentiment alarmiste pour cette supposée première à l'encontre des femmes de vétérans.

«En ciblant les membres de la communauté militaire qui ont une voix et une bonne connaissance de la presse, ils avaient la garantie que le message serait diffusé», relève Vice.

Dans le piège médiatique

Le présumé «CyberCaliphate» renvoyait de fait au groupe Fancy Bear (ou APT28), dont les forfaits sont déjà nombreux. En avril 2015, la chaîne TV5 Monde avait été piratée, elle aussi supposément par le CyberCaliphate. En 2016 puis en 2017, ce sont les campagnes du parti démocrate américain puis du mouvement français En Marche qui en avaient été victimes lors des élections présidentielles.

Les femmes visées par les hackers, dont les boîtes mails ont également été piratées lors de l'envoi des messages, avait été citées quelques semaines plus tôt dans un article de CNN au sujet du piratage du compte Twitter du United States Central Command par le CyberCaliphate.

«Non seulement nous avons fait leur jeu en paniquant, mais les médias l'ont fait aussi. Nous avons réagi d'une manière qui était probablement exactement ce qu'ils espéraient», reconsidère aujourd'hui Angela Ricketts.

Slate.fr

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