Culture

Comment gâcher un mariage en dix leçons

Temps de lecture : 5 min

Si quelqu’un a quelque raison que ce soit de s’opposer à ce mariage, qu’il parle maintenant ou se taise à jamais. Attention, spoilers.

Hugh Grant et Andie MacDowell dans Quatre mariages et un enterrement (1994) | Rex
Hugh Grant et Andie MacDowell dans Quatre mariages et un enterrement (1994) | Rex

Cet article est publié en partenariat avec l'hebdomadaire Stylist, distribué gratuitement à Paris et dans une dizaine de grandes villes de France. Pour accéder à l'intégralité du numéro en ligne, c'est par ici.

De toutes les rom com’ écrites par des scénaristes peu inspirés, la fameuse scène de mariage où quelqu'un débarque dans l’église pour s’opposer à l’union et enfin déclarer sa flamme à l’être aimé est le happy end tout aussi inévitable et attendu que la reprise du sketch de la chauve-souris de Jean-Marie Bigard en rappel. Dans les deux cas, les plus sensibles sortent un mouchoir pour essuyer des larmes d’émotion. Mais dans la vraie vie, ce coup de théâtre est-il possible?

Pour Nolwenn Leroux, avocate du droit de la famille à Paris: «En France, c’est impossible, car le mariage est juridiquement très encadré. Seul l’acte civil est reconnu. N’oublions pas que la cérémonie religieuse ne peut avoir lieu qu’après un passage en mairie. Dans les pays anglo-saxons respectant la loi anglicane, mariages civil et religieux se déroulent en même temps. En France, les bans publiés à la mairie et annonçant les unions permettent à un tiers de s’y opposer, mais encore faut-il avoir une bonne raison: si c’est juste parce que vous n’aimez pas l'une ou l'autre des personnes qui se marient, votre demande auprès de l’officier de l’état civil est irrecevable. C’est aussi ce dernier qui se charge d’établir qu’il n’y a pas de consanguinité, de polygamie, de mariage blanc, etc.»

Dix coups –plus ou moins– d’éclat sur grand écran, où des trouble-fêtes ont bouleversé l’ordre établi.

L’erreur de jeunesse

La scène finale du Lauréat (1967), où Dustin Hoffman orchestre une baston générale avant de partir avec la fille, sur le point de se marier, de son ex-maîtresse cougar s’annonce comme un happy end, mais vire à l’embarras total: après les éclats de rire que procure cette situation spontanée –lol, la gueule des gens à l’église, les deux jeunes gens se retrouvent côte à côte à l’arrière d’un bus, le regard dans le vague, la parole en berne. Et le sentiment d’avoir fait une grosse erreur. La preuve qu’on ne vit pas d’amour et d’eau fraîche.

Le mauvais timing

Dans une scène parodique du Lauréat, Wayne –dans le deuxième volet de Wayne’s World, sorti en 1993– tente d’interrompre le mariage de celle qu’il aime en tapant sur la vitre et en hurlant son prénom, «Cassandraaaaa». Ce qui met tout le monde mal à l’aise, d’autant qu’il s’est trompé d’église, celle visée étant de l’autre côté de la rue. Nullité: au top.

Le coming out paternel

Quoi de mieux que de profiter de son mariage pour rétablir sa filiation paternelle? C’est le coup de théâtre –qu’on n’avait pas vu venir, tiens– dans Mamma Mia!, lorsque Sophie a la bonne idée d’inviter ses trois pères potentiels à son mariage sur l’île grecque de Kalokairi, puisque sa mère est incapable de savoir qui l’a engrossée, vingt ans auparavant –#nocapote, on ne vous félicite pas, Madame.

Mais pour ne décevoir personne, Sophie –comme Khloé Kardashian– décidera finalement de ne pas savoir qui est son géniteur et de rester dans le flou total. Comme celui qu’on a ressenti face au succès de ce film en 2008.

L’Œdipe patriarcal

Vous vous souvenez du long tunnel gênant de comédies romantiques de Matthew McConaughey? Parmi ses bouses, Un mariage trop parfait (2001), où le Texan vient crasher le mariage arrangé de Jennifer Lopez, la wedding planneuse de son mariage.

Sauf que c’est le père de celle-ci qui coupera court à l’échange de vœux, se rendant compte qu’on ne vit plus au Moyen-Âge et qu’elle ferait mieux de «suivre son cœur» –sans déconner? Ce à quoi elle répond: «Je suis tellement heureuse d’avoir un père comme toi.» Mièvrerie: au summum, comme dirait le 113.

La loi de Godwin

Dans l’épisode «Crisis On Earth-X» (2017) –un crossover réunissant les super-héros des séries Flash, Arrow, Supergirl et Legends of Tomorrow– le mariage de Barry Allen, aka Flash, avec sa dulcinée Iris West est interrompu par des méchants nazis, ou plutôt par leur double maléfique version SS –ils portent des masques à gaz et ont le sigle sur le poitrail, avant que ça ne finisse en baston générale.

Le mariage blanc

Dans La Proposition (2009), Sandra Bullock, ressortissante canadienne en mal de visa, force quelque peu la main de son assistant, Ryan Reynolds, à l’épouser. En échange, celui-ci demande de gravir les échelons de la boîte asap –«as soon as possible», comme on dit. Sauf qu’une fois à l’autel, celle-ci balance toute la vérité sur cette mascarade, à la façon de «Mon Incroyable Fiancé» –la surcharge pondérale en moins.

Comme vous vous en doutez, l’assistant finira tout de même par demander «pour de vrai» la main de sa patronne. Une histoire d’amour qui s’est construite non seulement sur un mariage blanc, mais aussi sur une promotion canapé.

L’attention whoring

Dans Serial Noceurs (2005), Owen Wilson et Vince Vaughn sont des célibataires endurcis dont le hobby est de choper des meufs lors des mariages. Le jour où Vaughn se laisse finalement passer la bague au doigt, Wilson en profite pour déclarer sa flamme en pleine cérémonie à la demoiselle d’honneur de la mariée. Pas commun: voir se galocher sous le même toit de la maison de Dieu deux couples –l’un marié, l’autre pas.

Le silence qui en dit long

Dans Quatre mariages et un enterrement (1994), Hugh Grant, sur le point de se marier après avoir assisté à trois mariages de suite, se prend la vérité en pleine tronche dans un silence religieux, lorsque son frère sourd et muet lui explique grosso modo qu’il faut arrêter de se compliquer la vie «et se marier tout simplement à la personne que l’on aime», tout en ajoutant qu’il a la braguette ouverte.

À la question du prêtre: «En aimez-vous une autre?», Hugh répond en tout sincérité: «I do». La seule fois où on verra une mariée frapper de rage l’élu en entendant cette phrase.

L'outing public

Dans son sketch «Wedding Objections», la comédienne Amy Schumer joue les électrons libres alcoolisés et se lève en pleine cérémonie pour balancer une vérité sur le marié que lui auraient confié la veille certaines personnes invitées, mais dont elle ne se souvient plus.

Après un verbiage incompréhensible, la future mariée prise de doutes demande à son futur époux s’il n’aurait pas quelque chose à lui dire. Réponse: «Ah si, je suis gay et je baise avec des mecs.»

L’invité surprise

La série Party Down, lancée en 2009 sur la chaîne américaine Starz, suit les employés d’une société de catering qui organise divers événements. Dans l’épisode dix de la deuxième saison, Constance Carmell –interprétée par Jane Lynch, la Sue dans Glee, ancienne de la boîte, fait appel à ses ex-collègues pour gérer son mariage.

Elle ne se doute pas qu’elle a mis le grappin sur un producteur certes atteint d’insuffisance cardiaque, mais qui n’a pas perdu la main lorsqu'il s'agit de tripoter des jeunes femmes en âge d’être sa petite-fille –le monde formidable d’Hollywood.

Constance Carmell et son futur mari dans Party Down | DR

Leurs vœux seront perturbés par l’ex de Constance, Patrick Duffy jouant son propre rôle –rappel pour les plus jeunes, c’est Bobby dans Dallas, qui ne se remet toujours pas de leur partie de jambes en l’air dans un avion au-dessus de la forêt amazonienne. Malheureusement, il se fait éconduire par la dame, qui lui préfère son vieux porc. Le cœur a ses raisons…

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