Sports

L’OM face à la malédiction des clubs français en finale

Temps de lecture : 3 min

Les Marseillais ont signé un exploit en se qualifiant pour la finale de la Ligue Europa jeudi soir. Hélas pour les supporters ciel et blancs, les clubs français échouent quasiment toujours en finale.

De gauche à droite, Andre Zambo Anguissa, Rolando et Lucas Ocampos après le but qui qualifie l'OM pour la finale de la Ligue Europe, le 3 mai 2018 à Salzburg, Autriche. |Vladimir Simiek / AFP
De gauche à droite, Andre Zambo Anguissa, Rolando et Lucas Ocampos après le but qui qualifie l'OM pour la finale de la Ligue Europe, le 3 mai 2018 à Salzburg, Autriche. |Vladimir Simiek / AFP

C’est une défaite qui s’est transformée en victoire. Au bout d’une prolongation brûlante, l’Olympique de Marseille a arraché, jeudi soir, son ticket pour la finale de la Ligue Europa. Après leur victoire 2-0 au match aller, les Marseillais n’ont perdu «que» 2-1 en Autriche face au RB Salzbourg.

Une qualification pour la finale de la «petite» coupe d’Europe (la Ligue Europa représente la deuxième division européenne après la Ligue des champions) qui a été fêtée comme une victoire à Marseille et ailleurs en France. Comme si le plus dur avait déjà été fait. «Rolando a envoyé l’OM au paradis», titre le journal local La Provence sur son site web ce vendredi matin. En une, le quotidien sportif L’Équipe affiche lui un «Rolando ballon d’or», en référence au but de la qualification inscrit par le défenseur brésilien de l’OM dans les dernières minutes des prolongations. Sur les réseaux sociaux, les supporters se sont enflammés. L’ancienne idole du stade Vélodrome, Didier Drogba, a posté sur Twitter son explosion de joie devant sa télé lors du but marseillais: «Elle est bien celle-là, elle est belle, elle est beeeeelle!!!».

Mais la meilleure analyse a peut-être été celle d’un autre supporter olympien, plus sérieux cependant, en la personne d’Emmanuel Macron. Le chef de l'État, qui a plusieurs fois affirmé son amour pour l’OM, a salué la performance marseillaise depuis la Nouvelle-Calédonie où il est en déplacement. «Je suis très heureux. C’est une très bonne nouvelle ça faisait longtemps que ça n’était pas arrivé», a t-il lancé. Des mots qui sonnent juste.

En treize finales, seulement deux victoires

Pour le football français, placer un club en finale d’une coupe d’Europe est déjà un exploit. La dernière fois remonte à 2004, quand Monaco avait disputé la finale de la Ligue des champions et Marseille... celle de la Ligue Europa déjà. Un trou de 14 ans qui a fait dire à l’éditorialiste Vincent Duluc dans les colonnes du journal L’Équipe ce vendredi 4 mai: «Quatorze ans, dans le football moderne, c’est un siècle, et l’idée que le football français ait parfois eu un siècle de retard, sur ce plan-là, a pu nous effleurer, à l’occasion».

En 2004, les deux clubs s’étaient inclinés nettement. Monaco avait sombré contre Porto (0-3), et l’OM était tombé contre plus fort que lui face à Valence (0-2). Depuis la création de la première Coupe d’Europe en 1955, c’est une suite mathématique: les clubs français butent toujours, ou presque, sur la dernière marche. En treize finales, onze fois les clubs français se sont inclinés, pour seulement deux victoires. À lui seul, l’OM est allé quatre fois en finale. Il a perdu trois fois.

La France, étoile naine du football européen

Un ratio horrible qui a une explication. La France est une étoile naine à l’échelle du football continental. Quand un club de l’Hexagone se hisse en finale à coups d’exploits, comme Bastia en 1978, ou Saint-Etienne en 1976, il doit très souvent affronter un adversaire plus fort en finale. Les Corses avaient perdu logiquement contre le PSV Eindhoven, grand club hollandais de l’époque, et les Stéphanois avaient échoué à renverser l’ogre du Bayern Munich. La place qu’a conservée l’épopée stéphanoise dans la légende du football français, avec les fameux «poteaux carrés de Glasgow», illustre à quel point une qualification en finale représente déjà une victoire au pays de Platini et Zidane.

Sur la scène européenne, les clubs français se distinguent généralement par leurs performances moyennes. Ils gagnent assez de matchs pour que la France se classe actuellement 5e à l’indice de l’UEFA, qui détermine combien de clubs de chaque nation pourront participer aux différentes coupes d’Europe l’année suivante, mais ne ramènent jamais de victoire finale. À titre de comparaison, des pays moins bien classés que la France, comme la Russie ou l’Ukraine ont remporté la Ligue Europa avec l’une de leurs équipes ces dernières années. C’était en 2009 pour les Ukrainiens du Chakhtar Donetsk, et en 2008 pour les Russes du Zenith Saint-Petersbourg. Plus effarant encore, un club suédois comme le IFK Göteborg compte à lui seul autant de coupes d’Europe à son palmarès que tout le football français.

Si, l’OM est historiquement la meilleure équipe tricolore sur le plan continental, avec une cinquième finale à disputer face à l’Atletico Madrid le 16 mai à Lyon –un beau hasard du calendrier– les supporters olympiens, qui ont allumé des dizaines de fumigènes dans l’enceinte du stade Vélodrome où le match était retransmis sur un écran géant hier soir, ont du souci à se faire. L’Atletico Madrid, qui se dressera face à eux dans quinze jours, a remporté ses deux dernières finales de la Ligue Europa en 2010 et 2012. Et comme souvent lorsqu’un club français dispute une finale, c’est dans le camp d’en face que seront les favoris. Les Espagnols, dont l’équipe est bien supérieure sur le papier, ont toutes les chances de soulever une nouvelle fois le trophée.

Camille Belsoeur Journaliste

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