Monde

Tourisme en Haïti: crise d'éthique

Temps de lecture : 2 min

Depuis qu'un bateau de croisière s'est arrêté le 18 janvier dans un port d'Haïti, pour que, comme le rapportait Slate, les passagers puissent profiter des plages paradisiaques de l'île pendant qu'à une centaine de kilomètres Port-au-Prince compte ses morts, les touristes sont en proie à des crises de conscience...

CNN publie un article soulignant que nombre de passagers «hésitent à s'y rendre». The Guardian, citait le 20 janvier des clients de la compagnie incriminée, Royal Carribean International: «Je ne me vois pas prendre un bain de soleil sur la plage, jouer dans l'eau, faire des grillades et boire des cocktails, tandis qu'à Port-au-Prince des milliers de morts s'entassent dans les rues, les survivants choqués et en recherche de nourriture et d'eau», soulignait un passager.

«C'était déjà assez dur de s'asseoir pour un pique-nique à Labadee avant le séisme, juste en sachant combien d'Haïtiens mouraient de faim», ajoute un autre qui a pourtant choisi de faire cette croisière. «Je ne peux pas imaginer aller y avaler un hamburger maintenant.»

CNN interviewe des spécialistes d'éthique et de tourisme durable. Selon eux, «ce type de réaction est natuel et compréhensible», mais ils invitent ces voyageurs à remettre en cause leurs inquiétudes, et à songer aux bénéfices du tourisme pour Haïti et son économie locale, que ce soit aujourd'hui ou à l'avenir. Brian Mullis, president de Sustainable Travel International (Voyage durable International) estime que le tourisme ne devrait donc pas être interrompu, même à l'heure des événements que l'île connaît.

L'histoire montre d'autres exemples, selon CNN, de l'importance du tourisme sur des lieux dévastés par les catastrophes naturelles: New York invitant des visiteurs après le 11 Septembre, la Louisiane demandant à recevoir des touristes après l'houragan Katrina en 2005...

L'article du Guardian soulignait que certains des passagers souhaitaient aider Haïti. Le danger éthique reste que les passagers se servent de l'idée que le tourisme est utile à Haïti pour motiver leur départ, ou qu'ils s'y rendent par manque de sensations fortes, entrant dans ce «tourisme» d'un nouveau genre que Slate décrivait il y a quelques semaines, dévoilant «la volonté de ces amateurs de "sensations fortes mais pas trop" qui trouvent un moyen un peu pathétique de s'offrir une parenthèse de frissons encadrés avec l'assurance en bout de course de reprendre tranquillement leurs petites vies rangées. (...) Pour ceux qui n'auraient pas le goût des bidonvilles brésiliens, aucun problème, d'autres tours opérators proposent une visite du ghetto de Soweto à Johannesburg en Afrique du Sud, ou du bidonville de Dharavi à Bombay en Inde pour marcher sur les traces des acteurs de Slumdog Millionnaire

[Lire l'article complet sur CNN.com]

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Image de une: bateau de croisière Royal Caribeean passant à Labadee.

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