Médias

Pourquoi déteste-t-on les journalistes?*

Temps de lecture : 14 min

*Télé, radio ou de presse écrite.

Illustration par Laurence Bentz
Illustration par Laurence Bentz

Non, Slate ne déteste pas les journalistes. Notre série «Pourquoi déteste-t-on les…?» recense les préjugés les plus courants pour les expliquer et les démonter.

Beaufs, fonctionnaires, punks à chien… Retrouvez chaque semaine la déconstruction d'un nouveau stéréotype.

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La question serait plutôt: pourquoi ai-je accepté d'écrire ce papier? Il y a une forme de masochisme à vouloir se plonger dans un sujet aussi vaste et aussi nourri en arguments que le thème de la défiance du public vis-à-vis des journalistes.

J'y ai pourtant vu un exercice d'humilité qui aurait au moins le mérite de me faire réfléchir sur mon métier. «Il faut avoir l'idée et le goût de se remettre en question», conseille Jean-Luc Martin-Lagardette aux jeunes journalistes, dans son Guide de l'écriture journalistique.

J'ai repensé aux critiques et aux frictions que j'avais moi-même pu rencontrer dans ma pratique. Il y a cet homme très gros donneur de sang interviewé pour un journal local qui, las, m'a dit que les articles sur lui étaient en général truffés d'erreurs –peut-être se trompait-on sur son nombre de dons du sang? Il y a ce couple de militants d'extrême droite qui m'a refait le portrait sur un site internet de la fachosphère pour dénoncer ma bien-pensance et mon «islamo-gauchisme». Il y a ces femmes expertes qui, lors d'un forum, m'ont dit leur agacement de voir leurs propos tronqués ou mal retranscrits dans les articles, et de devoir répondre à des journalistes pressés qui ne «connaissent rien au sujet» et doivent rendre leur papier dans l'heure. Il y a aussi mon grand-père, grand critique médiatique, qui s'est ému du sort réservé à François Fillon pendant la dernière campagne présidentielle et s'énerve souvent de nos «obsessions» de meute. On en ferait trop sur «Balance ton porc», pas assez sur tel autre sujet, et on dicterait à tous ce qu'il est bon de penser.

Défiance et mythologie du journalisme

Comment décanter tout cela? On peut déjà constater que le débat a quelque chose de passionnel, et que si l'on n'investissait pas le rôle du journaliste d'une quelconque forme d'importance, on ne passerait pas tant de temps à lui faire ces procès. «S'il y a de la défiance, il n'y a pas d'indifférence», me fait remarquer Sonia Devillers, journaliste à France Inter et animatrice de l'émission d'actualité des médias «L'instant M». Elle cite l'exemple des animateurs, «appropriés par l'auditeur», avec un rapport de distance qui n'est plus le même qu'au temps de l'ORTF. «Avec les réseaux sociaux, chacun a un compte personnel à régler avec les voix ou les images des gens de la télé et de la radio. Il y a un procès fait en permanence au journaliste de ne pas être comme on veut qu'il soit [...]. C'est quelque chose de très émotif, de très affectif.»

La méfiance à l'égard des journalistes est teintée de contradictions. En 2018, la crédibilité des médias traditionnels se porte un peu mieux, après une dégradation de la confiance l'année dernière. Selon le 31e Baromètre de la confiance des Français dans les médias, réalisé par Kantar Sofres pour La Croix, 56% (+4% sur un an) des sondés pensent que les choses se sont passées tel que la radio le raconte; ils sont 52% à le penser pour la presse écrite (+8%) et 48% pour la télé (+7%).

Le chiffre se dégrade toutefois pour la catégorie internet: 25% des personnes ont confiance dans les nouvelles qu'ils lisent sur ce support (-1%). Cet espace pluriel a lui-même ses subtilités, notamment sur les réseaux sociaux, où 45% des personnes ne font pas confiance aux informations publiées par un site de la presse écrite ou audiovisuelle –ce qui est assez problématique quand on sait que de très nombreux articles et de reportages télévisés ou radio sont aussi diffusés par ce biais.

Les médias font également partie des institutions les plus rejetées par les Français, selon le Cevipof.

Pourtant, le métier fait toujours un peu rêver: «Beaucoup de jeunes veulent faire du journalisme et leurs parents ne vont pas les en dissuader. Il y a une certaine forme de schizophrénie, dans le sens où l'exercice du métier est contesté, mais le journalisme continue d'être une profession désirable, avec beaucoup de formations et d'inscriptions dans les écoles. La mythologie du journalisme opère toujours», relève Arnaud Mercier, professeur en sciences de l'information et de la communication à l'Université Paris II Panthéon-Assas et à l'Institut français de presse (IFP).

Considérations partisanes

Une mythologie qui n'empêche pas les critiques sur le terrain, comme me l'explique un ami journaliste reporter d'image pour le JT de France 2. Cela n'a aucune valeur scientifique, mais lui a l'impression que «les gens supportent de moins en moins de voir des journalistes».

Il comprend que certaines pratiques choquent, comme les hordes de reporters télé qui débarquent sur le lieu d'un événement ou lorsque des images sont, dans l'empressement de «l'actu», trop rapidement diffusées –comme celles de cet homme au côté du cadavre de sa femme après l'attentat de Nice, qui ont valu à sa chaîne d'être sanctionnée par le CSA.

«Pour les gens de droite, tu es un gros gauchiste. Pour les autres, tu es à la solde du grand capital. Et nous, avec le service public, on est les suppôts de Macron.»

Un journaliste reporter d'image pour le JT de France 2

Mais la plupart du temps, les accusations qu'il rencontre relèvent de considérations partisanes. Il a aussi bien récolté des coups sur son matériel en manif contre la loi Travail que des noms d'oiseaux à Sablé-sur-Sarthe, fief de François Fillon, alors empêtré dans l'affaire de soupçons d'emplois fictifs. «Pour les gens de droite, tu es un gros gauchiste. Pour les autres, tu es à la solde du grand capital. Et nous, avec le service public, on est les suppôts de Macron», résume-t-il.

Ces accusations n'ont rien de bien nouveau. Le procès de «gauchisme» fait par la droite française emprunte à une rhétorique qui existait déjà dans les années 1970 et à «une vieille antienne venue des États-Unis et des think tanks républicains» qui, après la chute de Nixon, estimaient qu'il fallait investir dans les médias pour y réinjecter des idées conservatrices, explique Arnaud Mercier.

Quant à la conception d'une presse achetée par le pouvoir, elle ne date pas non plus d'hier. «Dès le XIXe siècle, on accuse la presse d'être vendue, d'obliger les gens à penser des choses qu'ils ne pensent pas et de mentir pour protéger le capital», rappelle Patrick Eveno, professeur à la Sorbonne et spécialiste de l'histoire des médias.

«Dans les décennies suivant la Révolution, la presse joue un rôle essentiel dans le développement des diverses écoles socialistes, malgré la persistance d’une législation liberticide. Cependant, au-delà du contrôle que peuvent exercer les autorités, penseurs et militants progressistes craignent de plus en plus que ce moyen d’expression soit économiquement accaparé par la bourgeoisie», complète l'historien Dominique Pinsolle dans Le Monde diplomatique.

Des scandales comme celui de Panama, une affaire de corruption durant la Troisième République dans laquelle des journalistes furent soudoyés, ou celui des emprunts russes contribuent à ternir l'image des journaux et à discréditer leurs rédacteurs. L'entre-deux-guerres est aussi un moment de vive critique. En 1935, le journaliste René Modiano publie La presse pourrie aux ordres du capital, dans lequel il s'en prend notamment à l'agence de presse et de publicité Havas, accusée de truster journaux et opinion.

Procès en soumission

Aujourd'hui, la critique prend la forme du procès en soumission aux grands groupes, qui concentrent bon nombre de médias. Dans Les Nouveaux Chiens de garde, Serge Halimi fustige un «petit groupe de journalistes omniprésents impos[ant] sa définition de l'information-marchandise» et pratiquant un «journalisme de connivence». On reproche aux journalistes de ne pas tout dire, parce qu'ils auraient les mains liées aux milliardaires qui détiennent leur média ou aux politiques, eux-mêmes amis de ces milliardaires. Selon le baromètre publié par La Croix, deux sondés sur trois pensent d'ailleurs que les journalistes ne sont pas indépendants vis-à-vis des partis politiques et des pressions de l'argent.

La concentration des médias par des grands groupes est une réalité, fort bien illustrée par cette infographie du Monde diplomatique et d'Acrimed. Des exemples récents ont conforté cette image, comme la reprise en main agressive de Canal+ par Vincent Bolloré.

Mais le constat mérite lui aussi d'être nuancé. «Il y a une part de vérité dans cette représentation, mais si tu ne fais pas une enquête sur Dassault dans Le Figaro [dont il est propriétaire], elle sortira dans Libération. Le problème est que les gens prennent un fond de vrai pour nourrir de fausses théories. La critique à laquelle j'ai été le plus confronté est: “Vous mentez” et “Vous ne nous dites pas tout”, parce que nous aurions quelqu'un qui nous passerait des coups de fil pour nous interdire de publier tel ou tel sujet», remarque Thomas Vampouille, rédacteur en chef adjoint du site de Marianne.

Déconnexion du réel

Une autre accusation, plus récente, est celle de la déconnexion du réel qui présiderait à l'exercice du journalisme. Dans un covoiturage Paris-Vannes, les autres passagers du véhicule m'ont fait savoir qu'ils trouvaient que les journalistes étaient les dignes représentants d'un entre-soi arrogant, déconnecté de la vie des gens, qu'il était facile de détester.

J'en fais part à Jérôme Lefilliâtre, journaliste médias à Libération, qui met en cause le parisianisme des rédactions. «Tous ceux qui fabriquent l'information nationale sont à Paris. On est entre nous, et cela joue sur nos réflexes et nos raisonnements, fait-il remarquer. Je suis assez frappé que le fait qu'on soit coupés des gens, illustré notamment par la désaffection des lecteurs, soit si peu interrogé dans la profession.» Lui estime que les rédactions devraient se demander s'il ne faudrait pas éclater certains services phares –politique, économie– pour traiter ces problématiques en régions.

Il note aussi «l'adoration» pour des figures du petit écran comme Jean-Pierre Pernaut ou Élise Lucet, à la tête de l'émission «Cash Investigation»: «Ils ont réussi à casser un rapport de verticalité entre le public et les médias. Le rapport d'autorité verticale ne fonctionne plus. La position de surplomb de certains journalistes est détestée dans un pays crispé qui en veut aussi aux politiques et aux dirigeants économiques», explique-t-il.

«On est parfois en boucle sur des sujets qui ne parlent pas aux gens. Les [Christophe] Barbier qui se pignolent sur la dimension jupitérienne de Macron, qu'est-ce qu'ils en ont à faire?»

Thomas Vampouille, rédacteur en chef adjoint du site de Marianne

Je me souviens aussi d'une dispute musclée avec mon frère, qui m'accusait, quand je travaillais chez Madame Figaro, de m'adonner complaisamment à des polémiques stériles qui n'intéressaient que moi, comme sur le point de savoir s'il faut dire «Madame le président» ou «Madame la présidente» pour parler d'une présidente de séance à l'Assemblée nationale.

Même si je le soupçonne de mauvaise foi, je peux concevoir que certaines obsessions journalistiques, tout comme la notion de «hiérarchie de l'info», puissent fatiguer le public. «On est parfois en boucle sur des sujets qui ne parlent pas aux gens. Les [Christophe] Barbier qui se pignolent sur la dimension jupitérienne de Macron, qu'est-ce qu'ils en ont à faire?», relève Thomas Vampouille.

Dans son livre Mauvaise presse. Une sociologie compréhensive du travail journalistique et de ses critiques, le sociologue Cyril Lemieux éclaire ce point. Pour lui, l'accusation de superficialité et de suivisme des médias s'explique par le fait que les journalistes servent la visée commerciale de leur publication. Ils doivent rendre leurs contenus «vendeurs», en s'adaptant à des formats décidés par leurs supérieurs, eux-mêmes obsédés par ce que font leurs concurrents.

Manque de diversité

Autre point faisant l'objet de critiques: l'endogamie des rédactions, où les origines sociales des journalistes sont peu diversifiées. Ce phénomène se retrouve à l'entrée des écoles: «Le droit d’entrée scolaire dans les formations reconnues de journalisme se double d’un droit d’entrée social. La sélection est en effet relativement forte, puisque la part des enfants de pères cadres ou membres de professions intellectuelles supérieures atteint les 52,7%», relève une enquête publiée dans la revue Actes de la recherche en sciences sociales en 2011.

Pour la journaliste et écrivaine Rokhaya Diallo, auteure notamment d'un Précis à l'usage des journalistes qui veulent écrire sur les noirs, les musulmans, les asiatiques, etc., ce manque de diversité pose problème: «Ce sont les enfants issus des classes moyennes et supérieures qui font l'actualité, et non les enfants d'ouvriers. Cela participe du fait que des catégories de population ne se sentent pas représentées –comme les milieux ruraux ou populaires– et constatent que l'on parle d'elles, mais qu'elles-mêmes ne parlent pas. La conséquence est qu'un certain journalisme de débat hors-sol émane de gens, essentiellement des hommes qui sont dans le métier depuis des années, qui disent ce qui est digne d'intérêt et énoncent des vérités», estime-t-elle.

Cette sociologie des rédactions, univers essentiellement blanc où les chefferies sont encore très masculines, aurait des conséquences sur les discours médiatiques. Rokhaya Diallo cite la façon dont les journalistes exotisent parfois les femmes politiques noires en interview, appellent des meurtres conjugaux des «drames passionnels», un terme qui n'a pas de signification juridique, et «oublient» de donner un nom à Shaoyao Liu, ressortissant chinois abattu par un policier. «Tenir compte des voix plurielles fait partie de la pérennité et de la crédibilité du journalisme», conclut-elle.

Manque de diversité, mais aussi absence de pluralité des idées. C'est ce que pense Aude Lancelin, ancienne directrice adjointe de L'Obs et auteure du Monde libre, un livre dans lequel elle dépeint sous une plume acérée les dérives du milieu journalistique français. Elle dénonce notamment «l'idéologie libérale qui ne met pas en valeur la pensée critique» et qui prédomine selon elle dans les médias. «Il n'y a pas de pluralité, même dans le service public, et il faut se battre quand vous avez des convictions de gauche», dit celle qui a rejoint Le Média, fondé, entre autres, par l'ancienne directrice de la communication de Jean-Luc Mélenchon, Sophia Chikirou.

Elle ajoute que le fait, au moins en début de carrière, de «n'avoir rien réalisé et d'être en position de peser sur la vie des gens et d'émettre des oukases sur leur travail ou leur œuvre», n'aide pas à notre réputation. À ce sujet, les intellectuels français se moquaient des journalistes dès le XVIIIe siècle, les considérant comme de «bien piètres lettrés», avec une «prétention intellectuelle sans fondement», note Cyril Lemieux.

Accusations d'élitisme

Cela n'empêche pas, aujourd'hui, les accusations d'élitisme de proliférer. Le journaliste serait cet être à gros salaire qui déjeunerait avec des politiques le midi et irait au spectacle tous les soir. Un fantasme qui découlerait du manque de connaissance des nombreuses manières d'exercer ce métier: «Pour beaucoup de gens, il y a deux types de journalistes: l'icône de la télé, chic et bien payée, et le journaliste local qu'on croise au café. Alors qu'entre les deux, il y a beaucoup d'autres réalités», relève Cyril Petit, rédacteur en chef du JDD. Pigistes précaires (dont je suis), journalistes radio de terrain aux journées à rallonge et aux salaires loin d'être mirobolants, grands reporters à l'étranger obligés d'avancer leurs frais, chroniqueurs payés plus de 27.000 euros mensuels... Tout existe.

Mais cette méconnaissance serait aussi un peu de notre faute: «On a beaucoup fermé nos portes. Il faut que le journalisme retrouve de l'humilité et de la proximité», préconise Cyril Petit.

Le procès en élitisme est en outre nourri par les politiques eux-mêmes. Les attaques en règle contre les journalistes viennent de tous les bords, de Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon, comme le rappelle Sonia Devillers: «Pendant la campagne présidentielle, les journalistes ont été qualifiés de système, d'acteurs de la pensée dominante, et cela de l'extrême gauche à l'extrême droite, en passant par Fillon, Sarkozy ou Valls, cédant à des tentations populistes et électoralistes. Je trouve cela très grave», tacle-t-elle.

«Macron, lui, a un double discours: il méprise assez ouvertement les journalistes et critique leur vacuité, et en même temps, il s'érige contre les fake news», note mon confrère de L'Express Alexandre Sulzer, lui-même accusé de façon totalement irrationnelle, par certains politiques mécontents de ses articles, de rouler pour leurs adversaires.

Nécessité de recréer du lien

J'en arrive à présent au point critique de cet exposé: la responsabilité des journalistes dans la défiance qu'ils peuvent inspirer. Au-delà des questions de déontologie ou d'erreurs grossières, comme l'annonce erronée par l'AFP de la mort de Martin Bouygues pour n'en citer qu'une, notre attitude est aussi à interroger.

«[...] Il est de plus en plus difficile de faire correctement son travail, parce qu'on a moins de temps et qu'il faut nourrir le flux du web et des “contenus”.»

François Ernenwein, rédacteur en chef à La Croix.

C'est en tout cas ce que m'explique François Ernenwein, rédacteur en chef à La Croix. «Quand vous comparez une conférence de presse politique aux États-Unis et en France, les journalistes français vont avoir des comportements de complicité, alors que les Américains vont poser des questions claires. Pour bien faire son métier, il faut poser des questions précises et ne pas flatter», dit-il, pointant également l'intrication entre journalisme et communication. «Notre rôle est aussi de démonter le storytelling du pouvoir; notre fonction est d'aller au-delà du lissage et des discours ripolinés. Sauf qu'il est de plus en plus difficile de faire correctement son travail, parce qu'on a moins de temps et qu'il faut nourrir le flux du web et des “contenus”. Les rédactions manquent de respiration et de temps où l'on peut se poser», regrette-t-il.

Reste à explorer les pistes pour l'amélioration de notre fonction. Faut-il recruter en dehors des écoles de journalisme, comme le préconise Rokhaya Diallo? Décentraliser les journaux nationaux? Ouvrir nos portes?

Patrick Eveno, qui préside l'Observatoire de la déontologie de l'information, avance une autre piste pour regagner la confiance des lecteurs et des lectrices: la création d'un conseil indépendant et tripartite de déontologie, qui concentrerait des représentants du public, des journalistes et des entreprises de médias. «Le but de ce conseil serait de pouvoir répondre aux critiques exprimées par le public. Ce n'est pas un tribunal, mais quand il y aurait une erreur, l'idée serait de faire une enquête et de la publier via ce canal. Cela permettrait d'apaiser les tensions et d'accroître la fiabilité de l'information, de lutter contre les accusations de “fake news”», explique-t-il.

Pour recréer du lien, certains médias comme Le Monde se sont dotés d'un médiateur. «Pour les lecteurs, c'est la garantie d'avoir d'un contre-pouvoir à l'intérieur de la rédaction, avec un statut d'indépendance», plaide Franck Nouchi, le médiateur du quotidien du soir. «Je remarque que dès que je raconte la façon dont une info a été traitée ou couverte, mes papiers sont très lus. Dès que l'on raconte les coulisses, les gens y trouvent beaucoup d'intérêt, poursuit-il. Tout ce qui va dans le sens du dialogue, de la pédagogie et de l'explication des problèmes que l'on rencontre est bienvenu. Cela renforce la confiance.»

Pauline Verduzier Journaliste

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