Société / Monde

Aux Philippines, la statue d'une «femme de réconfort» a été retirée par les autorités

Temps de lecture : 2 min

Ces statues rendent hommage aux femmes forcées de se prostituer auprès de l'armée impériale du Japon durant la Seconde Guerre mondiale.

Une statue de «femme de réconfort» | YunHo LEE via Wikimedia Commons License by
Une statue de «femme de réconfort» | YunHo LEE via Wikimedia Commons License by

La statue en bronze, représentant une femme, les yeux bandés, vêtue d'une robe, avait été installée à Manille en décembre dernier. Ce vendredi 27 avril, elle a été enlevée «silencieusement», rapporte l'agence de presse Associated Press, citée par The Independent.

La mairie de la capitale philipinne assure que ce retrait n'est que temporaire, et que la statue sera remise en place après des «travaux de drainage». Mais les groupes de militantes se montrent très sceptiques: elles craignent que le Japon n'ait fait pression sur le gouvernement philippin.

Les «femmes de réconfort», sujet de tensions

Ces statues d'«esclaves sexuelles», encore appelées «femmes de réconfort», sont en effet un sujet de tensions entre le Japon et ses voisins. Elles rendent hommage aux plusieurs dizaines de milliers de femmes forcées à se prostituer auprès des soldats de l'armée du Japon entre 1942 et 1945. Selon les historiens, entre 20.000 et 200.000 Coréennes, Indonésiennes, Chinoises ou encore Philippines auraient été enrôlées de force dans ce trafic durant la Seconde Guerre mondiale.

Le Japon, qui a longtemps nié ces accusations, prétendant qu'il s'agissait de «prostituées volontaires», a finalement reconnu ses crimes et a présenté ses «excuses sincères» à la Corée du Sud, au terme d'un accord conclu en 2015. L'État nippon a même versé 7,5 millions d'euros de dédommagement aux victimes encore vivantes, rappelait L'Humanité il y a quelque temps. Mais les organisations militantes jugent cet accord insultant.

Des statues pour dénoncer et rendre hommage

Pour dénoncer les crimes de cette période, et rendre hommage à ces femmes réduites en esclavage, des statues ont commencé à apparaître dans les bus de Séoul. À San Francisco,les communautés chinoises, coréennes ou philippines ont également décidé d'ériger une statue de bronze. Suite à cela, Osaka a tout bonnement rompu son jumelage avec la ville américaine.

Alors lorsque Manille a dressé sa statue sur sa promenade en bord de mer, en décembre dernier, le gouvernement japonais n'a pas mis longtemps à réagir. À peine un mois plus tard, le ministre de l'Intérieur a estimé l'installation «regrettable», détaillait alors Daily News. De quoi fonder les craintes des groupes de militantes. L'un d'entre eux, appelé Gabriela, s'exprimait en ce sens en janvier:

«Si le Japon veut vraiment régler ce problème, et nous aider à aller de l'avant, il devrait reconnaître officiellement les horreurs de l'esclavage sexuel promu par l'État, et s'excuser auprès des victimes.»

«Créer des polémiques futiles à propos d'une statue ne règlera pas le problème», concluait la secrétaire générale de l'organisation.

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