Economie

Proglio renonce aux 450.000 euros de Veolia

Slate.fr, mis à jour le 21.01.2010 à 19 h 00

Selon Le Monde, Henri Proglio a renoncé jeudi 21 janvier à sa rémunération annuelle de 450.000 euros chez Véolia à la demande de Nicolas Sarkozy. La polémique enflait à propos de sa  double rémunération. En tant que président d'EDF, il touchera 1,6 million par an auxquels devaient s'ajouter 450.000 euros au titre de président du conseil d'administration de Veolia. Soit un total d'un peu plus deux millions. Le prix de la compétence pour le gouvernement qui le défendait encore ce jeudi matin.

En novembre dernier, devant le Sénat, la ministre de l’Economie, Christine Lagarde, avait pourtant affirmé qu’Henri Proglio ne cumulerait pas les salaires. Elle aurait donc «changé d’avis», comme l’a confirmé Christian Estrosi jeudi matin au micro de RTL. Mercredi 20 janvier à l’Assemblée nationale, Christine Lagarde a tenté de se défendre en expliquant qu’il n’y avait pas de cumul car «Veolia a supprimé sa rémunération et lui a alloué une indemnité correspondant à ses fonctions en qualité de président du conseil de surveillance», comme le rapporte Le Monde. Et d’invoquer la logique du marché pour justifier la rémunération de Proglio.

Son prédécesseur à la tête d’EDF, Pierre Gadonneix, ne touchait «que» 1,1 million par an. Mais ces 2 millions sont très inférieurs «à la rémunération moyenne des dirigeants du CAC 40. Elle s'élevait à 3,6 millions d'euros par an en 2008, selon le dernier rapport de la société de conseil Proxinvest», note Le Monde, dans un autre article.

«Un symbole d'une économie de la cupidité»

A la différence de beaucoup de ces grands patrons, Henri Proglio dirige un groupe public et ce double-salaire/double casquette ont attisé les critiques. L'ancien Premier ministre Michel Rocard, interviewé par i-Télé, a estimé que «c'est un symbole d'une économie de la cupidité qui n'est plus moralement vendable aux électeurs (...) La colère populaire, elle va monter, tous ces gens sont complètement déraisonnables». Le chef du Modem, François Bayrou a parlé d'«atteinte à la décence», se demandant: «Quand cette folie va-t-elle s'arrêter?»

 

Même Jean-François Roubaud, président de la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME) a émis des réserves. «C'est vrai que ça choque, la dimension du salaire paraît complètement irréaliste», a-t-il déclaré sur BFM.  «Peut-être que ces gens-là sont dans un autre monde, entre eux, a-t-il ajouté, mais pas dans le monde que je connais, c'est-à-dire l'entreprise qui est près de ses salariés où le patron a le même salaire que son directeur ou son ingénieur.»

Une autre critique porte sur le cumul des fonctions. Pour certains, comme Arnaud Montebourg, cela débouche sur un conflit d'intérêts. Ce problème reste entier.

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Image: la tour EDF à la Défense via Flickr

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