Parents & enfants

Une école américaine interdit l'expression «meilleure amie»

Temps de lecture : 2 min

Des parents du Massachusetts ont changé leur fille de maternelle après qu'une enseignante lui a demandé d'éviter de dire «meilleure amie», sous prétexte que d'autres élèves se sentiraient exclues.

Amies | STEFANOS PAPACHRISTOU via Flickr CC License by
Amies | STEFANOS PAPACHRISTOU via Flickr CC License by

Dans le Massachusetts, une écolière de quatre ans a récemment révélé à sa famille que sa maîtresse lui avait dit de ne pas utiliser l'expression «meilleure amie» à l'école. Choqués, les parents ont demandé des explications à la direction et reçu la lettre suivante:

«Dans notre expérience (sur plusieurs décennies), l'utilisation du terme “meilleur ami”, même dit d'une façon affectueuse, peut conduire à ce que d'autres enfants se sentent exclus, [...] ce qui conduit à la formation de “bandes” avec des “laissés-pour-compte”.»

Pas convaincus par la réponse, les parents ont décidé de changer d'école pour que leur fille puisse «exprimer ses sentiments librement».

«Nous leur disons qu'il n'a pas besoin de meilleur ami»

Même si les interdictions sont rares, le débat sur les risques qu'il y a à désigner un meilleur ami ou une meilleure amie sont pris au sérieux dans le milieu éducatif aux États-Unis. En 2010, le New York Times citait une conseillère d'orientation qui expliquait que son établissement encourageait les enfants à ne pas avoir de «best friend».

«Nous essayons de parler avec eux et de faire en sorte qu'ils aient des grands groupes d'amis au lieu d'être possessifs en amitié. Les parents disent parfois que Johnny a besoin de cet ami particulier. Nous leur disons qu'il n'a pas besoin de meilleur ami.»

Le but est d'éviter l'exclusion sociale et le harcèlement. Mais plusieurs psychologues soulignent l'importance des relations amicales fortes qui peuvent se développer entre deux enfants.

Interviewé dans le New York Times, le directeur d'une colonie de vacances explique qu'il utilise des «coachs d'amitié» qui encouragent les enfants à être amis avec tout le monde:

«Je ne pense pas que ce soit particulièrement sain pour un enfant de compter sur un seul ami.»

Ce genre de mesures fait partie d'une tendance à la surprotection de plus en plus critiquée aux États-Unis. Par exemple, certaines écoles organisent des événements sportifs sans vainqueurs ni perdants (pour éviter les déceptions et les classements traumatisants), et de nombreux enseignants évitent de corriger les devoirs avec des stylos rouges, car cette couleur est jugée trop agressive.

Slate.fr

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