Culture

Plus qu'un film culte, une religion

Temps de lecture : 2 min

A sa sortie sur les écrans en 1998, The Big Lebowski n'a pas connu le même succès que d'autres films des frères Coen. Pourtant, plus d'une décennie après ses débuts poussifs, le film compte des milliers de fans à travers le monde qui vénèrent l'œuvre d'une manière quasi-religieuse. Son personnage principal, un loser marginal se faisant appeler the Dude dont l'existence se résume à fumer des joints, jouer au bowling, éviter tout conflit et boire des White Russians, est devenu une sorte de figure divine dont les moindres mots sont des enseignements à méditer.

Car plus qu'avec un film culte classique à la manière d'un Rocky Horror Picture Show, les fans du Big Lebowski ont développé une vénération quasi-religieuse. Les bowlings sont devenus des lieux de rencontre privilégiés du mouvement Lebowski Fest, des rencontres de personnes qui partagent les valeurs et les vices de leur héros. Il n'est pas rare de voir des adeptes habillés en Pape ou en Moise lors de ces rassemblements, même si aucun des deux n'apparaît dans le film.

Un des nombreux travaux académiques sur le film (un livre en a recensé 21 dans la même année) souligne que le bowling n'est pas étranger à la religion (il est tiré du jeu allemand Kegelspiel, dont un des adeptes était Luther), et que le film contient son lot de références religieuses, notamment à travers le personnage de Walter, qui s'est autoproclamé juif. Dans un documentaire consacré aux fans du film, l'un d'entre eux affirme que «si Moise était vivant aujourd'hui, il serait fan de Lebowski».

Si le Big Lebowski est une religion pour toute une génération de jeunes Américains, elle se rapprocherait plus du bouddhisme et du taôisme que du christianisme ou du protestantisme, avec des valeurs centrales telles que le pacifisme et la sérénité. Aujourd'hui, l'Eglise du «Latter-day Dude» compte plus de 70.000 adeptes.

[Lire l'article complet sur guardian.co.uk]

LIRE EGALEMENT AU SUJET DES FRERES COEN: «Serious Man», sérieusement bon, mais...

Vous souhaitez proposer un lien complémentaire sur ce sujet ou sur tout autre sujet d'actualité? Envoyez-le à infos @ slate.fr

Image de Une: Big Lebowski, Sleeper Cell, Flickr, CC

Slate.fr

Newsletters

«Portnoy et son complexe», entre plaisir solitaire et vérité universelle

«Portnoy et son complexe», entre plaisir solitaire et vérité universelle

Philip Roth n'aurait sans doute pas imaginé que son roman aiderait un homme transgenre confiné dans un refuge pour femmes victimes de violences conjugales.

Silence, on mange!

Silence, on mange!

Le cinéma français n’aime rien tant que casser la croûte. À tel point que la cuisine et la gastronomie sont devenues un élément central de ses chefs-d’œuvre. Ou de ses navets.

«La Fête des Mères», mais pas celle de l'engagement politique

«La Fête des Mères», mais pas celle de l'engagement politique

Le gentil film-catalogue de Marie-Castille Mention-Schaar, qui sort opportunément à quatre jours de la fête des mères, évite avec souplesse toute forme de prise de position politique.

Newsletters