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La stratégie de drague la plus naze du monde

Temps de lecture : 3 min

Les beaux jours reviennent. Et les relous et reloues aussi.

Électrique | Michael Prewettvia Unsplash CC License by
Électrique | Michael Prewettvia Unsplash CC License by

Le soleil nous réchauffe, les bourgeons éclosent, les oisillons pépient, les clitoris palpitent, les chibres se lèvent, et aux tréfonds de nos corps le liquide séminal et la cyprine frémissent. Le printemps, ce sont les pâquerettes et le retour de l’envie de se frotter les zizis les uns contre les autres. Voici donc une excellente occasion de ruiner l'ambiance en évoquant la stratégie de drague la plus naze du monde: celle qui consiste à convaincre intellectuellement.

Pas à séduire par son intelligence mais bel et bien à essayer de convaincre une personne qui de prime abord semble réticente à l'idée de partager ses miasmes. C’est un phénomène étonnant mais des individus font vraiment ça. Vous leur dites «Non, je n’ai pas envie, tu ne me plais pas» et bah ils ne se débinent pas. Ils restent plantés là et ils insistent avec des arguments. Comme si à l’usure on allait écarter les jambes en soupirant «Okay, je n'avais pas envisagé ça sous cet angle, c’est bon, vas-y». Sauf qu’un rapport sexuel ce n’est pas comme une sucette que maman ne voulait pas nous donner. Notre mère, si on insistait, promettait, criait, «Maman allez allez allez, s’il te plaît, je te promets que je mangerai quand même au dîner, ALLEZ», il était envisageable qu’elle en ait ras-le-cul et nous la file cette sucette. Mais un vagin et une sucette, ça n’est pas pareil.

Techniques de gros relou

Je ne veux pas faire de discrimination mais comme je vais partir de mes propres expériences, le gros relou sera un mec. Celui qui vous colle en soirée, à qui vous avez dit «non merci» et qui vous déballe son argumentaire d’ingénieux VRP du cul. Quelles sont les stratégies argumentatives employées?

1°) Les promesses. «Je te promets que ça va être génial.» Cet individu ne voit pas de contradiction entre le fait de devoir se forcer et que ce soit génial parce qu’il a une foi absolue en sa technique. (Accessoirement, il ment.) En général, c'est le même qui te dit qu'il va te faire découvrir l'orgasme vaginal.

2°) «De toute façon, on est bourrés.» Argument pourri par excellence, qui va souvent de pair avec «on s’en fout, on s’en souviendra pas demain». Alors, d’abord, si c’était vraiment le cas, ça prouverait que ça n’a vraiment aucun intérêt. Ensuite, c’est faux. On s’en souvient le lendemain. Peut-être pas hyper précisément mais on traîne toute la journée cette sensation désagréable qui nous fait murmurer «Mais putain pourquoi j’ai fait ça».

3°) «L’appétit vient en mangeant.» Ouais. Véridique. Entendu plusieurs fois. Quand un parfait inconnu qui vous dégoûte un peu vous sort ce dicton de grand-mère avec un air vaguement libidineux, vous pouvez sentir un truc bizarre au niveau du bas du ventre: ce sont vos ovaires qui se recroquevillent.

4°) «Ça fera passer ta migraine.» Ou tout autre argument thérapeutique. C’est bon pour la santé, ça fait maigrir, le sperme soigne les maux de gorge etc. Ça, ce sont des mecs qui ne draguent pas, ils prescrivent un rapport sexuel avec eux parce qu’ils ont Hippocrate au bout du zguègue. Mais concrètement, entre une teub et une boîte de prontalgine, il n'y a pas de comparaison possible.

5°) «Si t’as pas essayé, tu peux pas savoir.» (L’honnêteté me force à avouer que j’ai moi-même à plusieurs reprises usé de cet argument mais ce n’était pas pour négocier un premier rapport sexuel. Je proposais une nouvelle pratique. C’est très différent.) Franchement, c’est bizarre comme argument. Ça ressemble au «Si t’as pas goûté, tu peux pas savoir si t’aimes». Mais enfin, si un vagin n’est pas une sucette, un phallus n’est pas un plat d’épinards.

J’ai moi-même entendu souvent ces phrases (du temps où j’étais jeune et ferme) mais vous pensez peut-être que j’exagère. Eh bien figurez-vous que ces personnes peuvent trouver des «astuces» supplémentaires sur Internet. Par exemple sur Melty qui nous avait gratifié de ce vomi en 2010 (si vous avez l'orthographe sensible, je vous déconseille de le lire):



Incroyable non? Et c’est encore pire que ce que vous imaginez.



S'ensuit la liste des «excuses» des meufs (parce qu’il faut une «excuse» pour échapper au «devoir conjugal» j’imagine). Exemple:



Mais rassurez-vous, dans cette liste, il y a quand même une «excuse» jugée acceptable par l'auteur de cette crotte. Et c'est ça:



Voilà. C'était 2010. Heureusement, le monde a tellllleeeeemmeeent changé depuis. Profitez de votre printemps, pour ma part, je serai absente la semaine prochaine.

Ce texte est paru dans la newsletter hebdomadaire de Titiou Lecoq. Pour vous abonner c'est ici. Pour la lire en entier:

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