Boire & manger

L'alcool peut révéler l'accent que vous aviez réussi à dissimuler

Temps de lecture : 2 min

Entre perte d'attention et mimétisme, boire est susceptible de modifier votre manière de vous exprimer.

Personnes qui trinquent | Wikimedia Commons License by
Personnes qui trinquent | Wikimedia Commons License by

Se (re)mettre à parler avec un accent chantant à souhait après avoir descendu quelques verres d'alcool est on ne peut plus commun. Moult buveurs très illustres en ont déjà fait l'expérience à l'heure des terrasses ensoleillées ou des coins du feu bien arrosés. Ces grands moments d'éloquence gaillarde sont en réalité liés à différents facteurs, parmi lesquels notre cerveau joue le premier rôle.

Perte d'attention

L'alcool agit sur sur la partie de notre cerveau associée à l'inhibition. Selon Amee Shah, professeure en sciences de la santé à l'université de Stockton, «à court terme, le cortex préfrontal et le cortex frontal sont ciblés [lorsque vous buvez] –des zones qui non seulement surveillent l'attention et la mémoire, mais aussi précisent les mouvements moteurs et la capacité de planifier ce que nous disons».

À défaut de pouvoir mobiliser toutes nos ressources cognitives, nous allons éprouver une perte physiologique d'inhibition. Cela implique une concentration moindre sur la suite logique de nos discours et leur forme qui, conséquemment, est susceptible de voir un accent peu à peu gommé revenir au galop.

L'apprentissage des langues étrangères est à cet égard un point de comparaison assez intéressant: lorsque nous tâchons d'apprendre à parler une autre langue, des efforts considérables sont déployés pour imiter un accent qui ne nous est pas naturel. Cela demande une forte concentration, qui est dissipée par les effets de l'alcool; mais corrélativement, ces derniers provoquent aussi une plus grande confiance en soi et moins d'anxiété sociale: deux facteurs qui tendraient à expliquer pourquoi à consommation modérée, l'alcool est susceptible d'améliorer nos compétences en matière de langue étrangère.

«Ce n'est guère différent d'autres choses dont nous faisons l'expérience, comme lorsque vous êtes vraiment fatigué, que vous venez de vous réveiller ou que vous êtes malade. Tout cela met le cerveau dans un état plus détendu. Cela met de côté l'effort de certaines personnes qui parlent avec un accent qui ne leur est pas naturel», ajoute Shah.

Chez les personnes atteintes d'aphasie, un trouble du langage, l'accent susceptible de revenir peut être aussi bien celui qu'ils ont utilisé le plus longtemps que celui qu'ils ont appris en premier ou qui leur serait le plus familier. Même chose pour les bilingues, dont l'un ou l'autre accent pourrait ressortir indifféremment.

Mimétisme

Cette familiarité d'un accent donné est aussi ce qui peut induire des formes de mimétisme: pour peu que vous buviez en compagnie d'un ami qui aurait un accent bien prononcé, fut-il absolument étranger au vôtre, il est possible que vous l'empruntiez à votre tour. Il en va de même lorsque vous vous retrouvez avec des proches qui ont l'accent dans lequel vous avez baigné dans votre enfance.

«Cela dépend des individus et de leur adaptabilité linguistique, de leur capacité de mimétisme et de leur degré d'empathie. L'incapacité totale d'être séduit ou influencé par un accent qui nous entoure peut indiquer un désintérêt ou un privilège social. D'autres accents sont aussi plus susceptibles d'être récupérés, mais souvent simplement comme des stéréotypes, comme l'accent du sud, italien ou indien», précise Shah.

Slate.fr

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