Sports

Pourquoi le Qatar ne veut pas d'une Coupe du Monde 2022 à 48 équipes

Temps de lecture : 2 min

Prévu pour 2026, l'élargissement du nombre d'équipes présentes lors du tournoi de football quadriennal pourrait finalement être testé dès 2022 par la FIFA. Ce qui est loin de réjouir le pays organisateur.

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Cela semblait être planifié depuis début 2017, au grand dam de bon nombre de spécialistes: le nombre de nations participant à la Coupe du Monde de football devait passer de 32 à 48 à partir de l'édition 2026, qui devrait être accueillie soit par le Maroc, soit par le trio Canada - USA - Mexique (verdict le 13 juin). Seulement voilà: comme le raconte The Independent, le calendrier pourrait être accéléré, ce qui ne fait pas les affaires du Qatar.

La confédération sud-américaine de football (Commebol) vient de déposer une demande officielle pour que la Coupe du Monde 2022 accueille 48 équipes, ce qui permettrait à la zone Amsud de bénéficier d'une place qualificative supplémentaire dès cette édition. La décision de la FIFA, encore en suspens, pourrait bien être positive, et pas seulement pour faire plaisir aux responsables du football sud-américain. Président de la fédération internationale de football depuis février 2016, l'Italien Gianni Infantino compterait sur cette accélération de calendrier pour faciliter sa réélection en 2020. Rendre 16 pays heureux en une seule décision, ça n'a pas de prix.

Supposons qu'une Coupe du Monde à 48 soit organisée dès 2022. Dans un tel cas de figure, le pays hôte de l'événement, qui annonçait récemment que 90% de ses infrastructures seraient prêtes dès 2019, devrait alors remettre la main à la pâte et se creuser les méninges. Malgré le milliard de dollars supplémentaire promis par la FIFA, le Qatar est loin d'être ravi à l'idée d'accueillir la première Coupe du Monde de ce type.

Plus de stades, plus de jours

Le problème, c'est qu'un tournoi à 48 nécessiterait 4 stades supplémentaires, et que la durée de 28 jours prévue par le Qatar pour le déroulement du tournoi ne collerait alors plus. Rappelons qu'exceptionnellement, en raison des conditions climatiques sur place, cette Coupe du Monde se jouera à la fin de l'automne 2022 (dates prévues: du 21 novembre au 18 décembre). Allonger son calendrier, c'est prendre le risque de perturber outre mesure les grands championnats européens, et notamment la Premier League anglaise. Le retour de bâton pourrait bien être terrible.

Outre les soucis de logistique, c'est un problème bien plus profond qui hante les nuits des organisateurs de cette Coupe du Monde 2022. Un problème fait à la fois de fierté et de relations internationales plus que tendues. En raison de sa superficie limitée (11 571 km², soit un peu moins que celle de l'Ile-de-France), le Qatar pourrait être contraint de co-organiser le tournoi avec un pays voisin, faute de lieux où implanter des stades.

Tensions diplomatiques

Dans ce cas, le choix se porterait vraisemblablement sur le Koweït, pays non frontalier, mais le plus proche à ne pas avoir rompu les relations diplomatiques avec le Qatar. Bahreïn, le Yemen, l'Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis, ont en effet mis fin à tout contact avec le Qatar depuis juin 2017. Le pays est principalement pointé du doigt pour ses relations avec l'Iran, qui lui valent d'être accusé de «soutenir le terrorisme». Des blocus drastiques ont également été mis en place afin de limiter au maximum les échanges commerciaux avec le pays.

Non seulement les pays cités plus haut n'ont aucune intention d'aider le Qatar à organiser la Coupe du Monde 2022, mais ils comptent encore tout faire pour que le pays soit obligé de renoncer à cet événement international tant attendu (voir l'article de Yannick Cochennec).

À l'heure actuelle, un seul stade koweïtien est suceptible d'accueillir des matches de la compétition: le stade Jaber Al-Ahmad et ses 60 001 places. Et il n'est pas certain que trois autres stades puissent être conçus et implantés d'ici 2022. Pendant ce temps, l'alliance menée par l'Arabie Saoudite se frotte les mains à l'idée que le Qatar puisse soudain tout perdre. Mais puisque la FIFA a tout intérêt à ce que la Coupe du Monde ne soit pas annulée, ou organisée au dernier moment par des pays qui ne s'y étaient pas préparés, peut-on imaginer qu'elle puisse réellement mettre l'organisateur qatari en difficulté en décidant d'accélérer coûte que coûte l'expansion de son tournoi majeur?

Slate.fr

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