Santé / Monde

Au Mexique, des cliniques traitent la dépendance aux opiacés avec des hallucinogènes

Temps de lecture : 2 min

Des Américains traversent la frontière pour être traités avec de l'ibogaïne, une substance psychédélique illégale aux Etats-Unis, et qui a de fortes propriétés anti-addictives.

Des pilules d'oxycodone, un opioïde qui crée une forte dépendance. JOHN MOORE/AFP
Des pilules d'oxycodone, un opioïde qui crée une forte dépendance. JOHN MOORE/AFP

Aux Etats-Unis, les overdoses aux opiacés ont tué plus de 60.000 personnes en 2016 et continuent de faire des ravages. Pour sortir de la dépendance, un nombre croissant d'Américains se rend au Mexique pour prendre de l'ibogaïne, une substance psychédélique extraite de l'iboga, un arbuste d'Afrique centrale.

Interdite aux Etats-Unis (et en France), l'ibogaïne est un hallucinogène qui a montré une certaine efficacité dans le sevrage des opiacés, mais qui peut s'avérer dangereuse dans certaines circonstances.

La BBC raconte le parcours d'une Américaine, Emily Albert, dont l'addiction aux opioïdes a commencé à l'âge de 14 ans suite à une prescription de médicaments antidouleurs. A la clinique mexicaine, un appareil surveille son activité cardiaque et elle est testée pour présence de drogue. En effet, dix-neuf décès ont été attribués à l'ibogaïne, et des autopsies ont révélé que ces personnes avaient des problèmes cardiaques ou de foi, ou des opiacés présents dans leur système. Si certaines cliniques font attention à ces contre-indications, ce n'est pas le cas de tous les établissements car ce genre de traitement n'est pas régulé.

Après avoir pris des pilules d'ibogaïne, Emily Albert reste au lit pendant environ 24 heures et a de puissantes hallucinations. Suite à cette expérience, elle n'éprouve plus le besoin de se droguer, et le journaliste de la BBC rapporte que deux mois après le traitement, elle continue de vivre sans drogue.

Thomas Kinglsey Brown, un anthropologue qui a étudié plusieurs patients traités à l'ibogaïne, a trouvé que 90% d'entre eux avaient connu une réduction impressionnante de leurs symptômes de manque.

En 2008, une étude faite sur des souris par le neurologue Dorit Ron a montré que l'ibogaïne permettait d'augmenter le taux d'une protéine du cerveau qui empêche la dépendance.

Effectuer des recherches supplémentaires est compliqué dans la mesure où la substance est illégale. Mais dans le contexte de la crise aiguë que traverse les Etats-Unis, plusieurs députés ont commencé à demander un assouplissement de la loi en ce qui concerne l'ibogaïne. Dans le Maryland, une loi actuellement débattue propose l'introduction de traitements expérimentaux de quatre ans dans des hôpitaux locaux. D'autres Etats ont des initiatives similaires et pourraient se lancer si le Maryland initie le mouvement.

Slate.fr

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