Monde / Économie

Grâce à une bataille entre applis, les Chinois peuvent se faire livrer quasi-gratuitement des repas

Temps de lecture : 2 min

La concurrence entre services de livraison de nourriture à domicile est exacerbée depuis le lancement de l'application du champion des VTC Didi, d'où des rabais à la pelle.

Un livreur travaillant pour Ele.me à Shanghai, en Chine, le 16 octobre 2017 / Chandan Khanna / AFP
Un livreur travaillant pour Ele.me à Shanghai, en Chine, le 16 octobre 2017 / Chandan Khanna / AFP

Les livreurs de nourriture sillonnent sans discontinuer les routes de Chine: à toute heure en tout lieu, on peut commander un repas qui arrivera quelques temps après par coursier sur bécane. Naturellement, pour un si grand marché, la concurrence est rude entre les différentes entreprises proposant ce type de service.

En août 2016, Uber se faisait absorber en Chine par le géant des VTC Didi Chuxing. La semaine dernière, le même Didi ajoutait à son offre un service de livraison de nourriture disponible dans la ville de Wuxi, près de Shanghai. Ce lancement était accompagné d'un bon de vingt yuans (environ 2,50 euros) pour les nouveaux utilisateurs et d'une série d'autres réductions.

Le 4 avril, soit trois jours à peine après le lancement de la version beta, Didi annonçait détenir un tiers du marché de la livraison à domicile dans la ville de six millions d'habitants, avec près de 334.000 commandes dès le premier jour.

«Guerre alimentaire»

Les autres applications de livraison se sont mises au diapason et ont débloqué à leur tour des offres susceptibles d'attirer le chaland. Entre Ele.me, appartenant à Alibaba, Meituan financé par Tencent, et Didi, pour ne citer que les plus gros, les prix des livraisons deviennent ridiculement petits.

Sur l'application WeChat, des clients discutent les forfaits et trophées de cette «guerre alimentaire»: ici, 1,8 yuan (0,23 euro) à payer une fois les réductions effectuées pour une commande sur Meituan qui devait en coûter 59,3 (7,7 euros) –«Wuxi est tout simplement inhumaine», commente celui-ci–, là, 0,01 yuan (0,001 euro) pour une commande de 34,49 (4,4 euros); jusqu'au zéro pointé pour cet autre, qui trouvait pour 30,8 yuans (3,9 euros) de nourriture livrée sur le palier.

Les réductions se distribuent à la volée, témoignages d'une concurrence de plus en plus délétère: dans une vidéo, des coursiers de Ele.me étaient filmés en train de chanter en rangs et en chœur un nouveau slogan: «Tuer Meituan, écraser Didi, Ele.me se bat avec vous».

Dans certains restaurants, on croise plus de livreurs en gilets oranges –la couleur de Didi– que de clients. Certains d'entre eux ont même été rayés des listes de Meituan et Ele pour participer à cette stratégie de marketing «extrême» et de concurrence déloyale.

Combat entre deux licornes

Quartz relève que l'introduction de Didi dans le marché de la livraison de nourriture coïncide avec celle, également récente, de Meituan dans celui des taxis: «De cette façon, les deux licornes de la tech sont désormais en train de reluquer l'une et l'autre leurs territoires –une compétition que l'un des cadres de Didi a décrit comme “la guerre du siècle».

À plus grande échelle, cette lutte fait partie de celle qui oppose le géant chinois des services internet Tencent à Alibaba Group, spécialisé dans le commerce électronique: si Ele.me a été rachetée début avril par Alibaba à prix d'or, Meituan et Didi sont sponsorisées par Tencent, qui entend régner en maître sur le marché chinois.

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