Boire & manger / Sciences

Grâce à un test ADN, vous pourrez savoir quel vin est fait pour vous

Temps de lecture : 2 min

Vous êtes peut-être prédisposé à boire du Cabernet.

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Les tests génétiques sont devenus la nouvelle grande tendance: pour connaître ses prédispositions à certaines maladies, savoir quoi manger ou encore décider avec qui sortir. Mais peut-on découvrir si nous sommes prédisposés à aimer le Cabernet ou le Merlot?

Un groupe de médecins américains –tous issus d'une formation scientifique en génétique– s'est reconverti en entrepreneurs pour créer Vinome. Cette entreprise située à Healdsburg en Californie propose des analyses génétiques pour découvrir vos prédispositions à certains aliments ou cépages de vin selon votre ADN.

Comme l’explique The Chicago Tribune, les personnes voulant s’essayer à ce test génétique devront remplir un questionnaire sur leurs goûts en matière de nourriture et de vin, et envoyer un échantillon de salive à l’entreprise. Les résultats du test sont ensuite transmis au client. Ils renseignent sur les préférences de palais de ce dernier: plutôt «fruité» ou «saveur du terroir» par exemple. Le rapport informe aussi sur les tolérances à l’alcool grâce notamment à l'analyse des allèles –les variations des différents gènes. Ainsi, il sera possible de savoir si vous pouvez boire un vin à 15%.

La génétique ne fait pas tout

Certains scientifiques doutent de cette méthode. Marion Nestle, professeure en nutrition et santé publique à l’université de New York, pense que la génétique ne fait pas tout: «Les goûts s’apprennent, ils ne sont pas innés… La génétique influence certaines préférences comme le fait qu'une personne va aimer l’acidité et détester la coriandre, mais pour moi ça s’arrête là». Eric Topol, généticien à Scripps Research Institute et franc critique des tests génétiques commercialisés, renchérit: «Ce genre de tests est bidon… sans aucune preuve scientifique pour les appuyer».

Dans une interview pour The Chicago Tribune, Ron A. Andrews précise que les questionnaires donnés en complément aux clients sont «justement là pour accompagner les tests génétiques».

Pourtant, d'autres études comme celle de Liz Thach –professeure en vin et management à l'université d'État de Sonoma en Californie– ont démontré que certaines caractéristiques comme le nombre de papilles gustatives ou la quantité de salive que produit la bouche influent sur les préférences en vin.

Attirer un nouveau public

Depuis août 2017, Vinome a vendu 1.800 tests à 109 dollars l’unité et 500 clients se sont inscrits à son wine club –qui propose des nouveaux crus tous les mois selon les résultats au test ADN.

«Nous avons envoyés plus de 4.000 bouteilles et notre taux de satisfaction est de 97%. C’est amusant et ça marche», explique Ron A. Andrews, le PDG et cofondateur de Vinome.

Ces tests ADN se détachent des wine clubs traditionnels et offrent un réel atout marketing. Par ailleurs, l'approche génétique attire un nouveau public, souvent plus jeune et plus enclin à adhérer au mouvement du quantified self ou «l'auto-quantification».

Pour Vinome, ce n'est que le début. L'entreprise a déposé un brevet pour ses tests génétiques. Il ne faudra pas être étonné de voir apparaître des options pour la bière, les cocktails ou même le parfum: «Nous cherchons à améliorer les algorithmes pour se rapprocher au plus près des goûts des cliens. C'est exactement comme Netflix ou Spotify», conclut Ron A. Andrews.

Slate.fr

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