Monde

Haïti: «La surcatastrophe n'est pas à craindre»

Slate.fr, mis à jour le 20.01.2010 à 14 h 04

«La surcatastrophe humanitaire liée au phénomène de surabondance des secours n'est pas actuellement à redouter», explique le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner dans le Quotidien du médecin (payant). La surcatastrophe humanitaire est liée à une incohérence dans les secours apportés lors d'une crise, comme cela avait été le cas lors du tsunami en Indonésie, en décembre 2004. «Sur l'île d'Haïti, c'est le contraire de la surabondance des secours: les ports sont détruits et l'aéroport vient d'être remis en service. Il y a énormément de demande et encore trop peu à donner. Les équipes de l'ONU présentes sur place sont aussi victimes du séisme, avec 34 morts et près de 650 disparus. Ce sont donc les États eux-mêmes qui se sont mobilisés pour la phase de première urgence. L'ONU reste mobilisée et réactive en participant à l'effort de reconstruction.»

D’où le message que le ministre adresse aux médecins français pour qu’ils se mobilisent. Comme en témoigne notamment le Dr Brigitte Vasset, de MSF, la situation sanitaire est extrêmement fragile, avec le manque d’eau et de nourriture, les milliers de blessés dans l’attente d’une intervention et les risques de diarrhées, d’infections respiratoires, de rougeole et de tétanos. Débordée, l'équipe médicale de MSF se constitue actuellement de 165 volontaires, dont 30 étaient déjà présents à Haïti, a indiqué une porte-parole de MSF, Avril Benoît. Une quarantaine d'autres sont en route.

Les soins doivent donc être amplifiés et leur organisation améliorée. Le président haïtien René Préval, qui avait salué vendredi 15 janvier la mobilisation de la communauté internationale, regrettait «une mauvaise coordination.» Préval avait ainsi relevé que 74 avions venant de plusieurs pays, dont les Etats-Unis, la France ou le Venezuela, étaient arrivés en un seul jour à l'aéroport de Port-au-Prince, saturé.

Des critiques se sont aussi élevées contre le rôle joué par les Etats-Unis qui tentent de coordonner les aides. Le Guardian écrivait par exemple le 17 janvier que cette prise de gouvernail des Etats-Unis avait déclenché des frictions diplomatiques, notamment avec le Brésil et la France.

Bernard Kouchner a désamorcé ces critiques: «Les États-Unis sont les voisins immédiats d’Haïti. Ils ont des moyens sans commune mesure avec ceux des autres pays. Leur effort de secours en Haïti est juste, légitime, nécessaire et accepté. D (...) L’effort de reconstruction qui suivra, proposé par la France, le Brésil, le Canada et les États-Unis et l’Union européenne, se fera sous la conduite des Nations unies.»

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Image de une: Bernard Kouchner, wikipedia

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