Ne pas confondre Haïti et le Vietnam!
L'administration américaine n'a absolument aucun intérêt à occuper un pays qui est le plus pauvre des Amériques.
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La France médiatico-politique possède une capacité étonnante à s'abstraire de la réalité et à se complaire dans des polémiques qui sont la résurgence de vieux réflexes idéologiques, en l'occurrence anti-américains. Le tremblement de terre en Haïti en donne une nouvelle et lamentable démonstration.
Après avoir à juste titre souligné la lenteur de l'arrivée des secours aux sinistrés et aux blessés, les difficultés logistiques, la crainte d'émeutes de la faim, voilà qu'aujourd'hui, tandis que l'aide commence à arriver, pour les médias français la grande question est celle de l'impérialisme américain. On parle d'invasion, d'occupation par l'armée américaine et d'un protectorat à venir. On rappelle l'occupation de l'île de 1915 à 1934 par les Etats-Unis.
Le signal est venu du quai d'Orsay, dont l'opposition à l'hyperpuissance américaine, réelle ou supposée, est génétique. Le secrétaire d'Etat à la Coopération, Alain Joyandet, présent à Port-au-Prince, a annoncé samedi 16 janvier avoir élevé une protestation auprès des autorités américaines... après qu'un vol humanitaire français a été dérouté. Le même Alain Joyandet a reconnu à contre-cœur peu de temps après que la tour de contrôle de l'aéroport de Port-au-Prince étant détruite, seuls les Etats-Unis étaient capables techniquement de reprendre la gestion de l'aéroport, faute de quoi il n'y aurait pas eu d'atterrissage du tout en Haïti. A Paris, le ministère des Affaires étrangères a fini par démentir l'existence d'une protestation officielle auprès des Etats-Unis.
Polémique ridicule
Cela n'a pas empêché le même secrétaire d'Etat à la Coopération de revenir à la charge lundi 18 janvier. «J'espère que les choses seront précisées quant au rôle des Etats-Unis. Il s'agit d'aider Haïti, il ne s'agit pas d'occuper Haïti», a-t-il déclaré.
La polémique sur les ambitions américaines cachées est ridicule. La seule façon de venir en aide à des centaines de milliers de personnes en leur apportant de l'eau, de la nourriture et des soins dans un environnement chaotique est d'utiliser la logistique militaire. La seule armée au monde ayant les moyens, notamment de transport (maritime et aérien, surtout les hélicoptères), pour le faire est l'armée américaine. En outre, la proximité géographique des côtes de Floride rend la chose plus facile.
Si l'armée américaine n'était pas intervenue en force et rapidement, l'acheminement des secours serait resté anecdotique, en dépit des bonnes volontés. C'est un fait, contesté par personne et par aucune ONG.
Alors bien sûr, Barack Obama en se portant au secours des Haïtiens ne néglige pas la communication politique, comme les gouvernements chinois, israélien, cubain, vénézuélien, canadien, français... L'administration Obama n'a même pas besoin de mettre en avant le contraste avec la lenteur de l'engagement de l'administration Bush quand l'ouragan Katrina a ravagé la Louisiane et la Nouvelle-Orléans tant il est saisissant. Les sondages montrent que les Américains lui en sont reconnaissants. Le président américain en a bien besoin après une année de pouvoir où il a dû faire face à la plus profonde récession économique aux Etats-Unis et dans le monde depuis 80 ans.
Il ne faut pas non plus se voiler la face sur la volonté américaine d'empêcher l'arrivée d'une marée d'immigrants haïtiens sur les côtes de Floride, souci qui a aussi mené la politique de Washington vis-à-vis de Port-au-Prince sous les présidences de Bill Clinton et de George W. Bush. Il convient d'ailleurs de rappeler que les épisodes du retour d'Aristide au pouvoir en 1994 et de son départ forcé en 2004 ont été orchestrés ensemble par les Etats-Unis... et la France.
Théorie du complot
De là à imaginer que les Etats-Unis veulent mettre la main sur Haïti, il faut vivre dans un monde de fantasmes et de théories du complot. L'administration américaine n'a absolument aucun intérêt politique et stratégique à gérer un pays qui est le plus pauvre des Amériques et où les administrations et les infrastructures sont presque inexistantes et l'étaient déjà avant le tremblement de terre du 12 janvier.
Les défenseurs de la souveraineté bafouée de Haïti ne savent pas de quoi ils parlent. L'Etat haïtien était, et depuis des années, inexistant et défaillant. La seule force capable d'imposer un minimum d'autorité était la force militaire de l'ONU, la Minustah. Et elle éprouvait les pires difficultés à maintenir un semblant d'ordre à Port-au-Prince. L'économie haïtienne dévastée reposait sur deux piliers: l'aide de la diaspora et l'aide internationale. L'absence de toute forme véritable de police, de justice et de notion d'intérêt général ont fait disparaître du pays au fil des années tout comportement citoyen.
J'ai le souvenir il y a trois ans lors d'un séjour à Port-au-Prince de la réflexion d'un propriétaire terrien qui, dans un pays où les gens ont faim, avait cessé de cultiver des terres fertiles et irriguées car ses récoltes étaient pillées avant d'être arrivées à maturité. Un autre Haïtien expliquait avoir voulu construire une maison et s'être fait voler tous les matériaux déposés sur un terrain en deux jours. Chaque Haïtien de la diaspora a une anecdote similaire à raconter.
Pour entrer dans le bidonville le plus insalubre et le plus dangereux de Port-au-Prince, Cité soleil, il fallait soudoyer les chefs de gang. Ces derniers, c'était en 2006, terrorisaient les malheureux casques bleus jordaniens calfeutrés à l'entrée du bidonville dans leurs automitrailleuses. Il faut reconstruire Haïti depuis les fondations.
Alors les postures sur l'impérialisme américain et la souveraineté haïtienne n'ont tout simplement aucun sens, sauf celui du ridicule.
Eric Leser
LIRE EGALEMENT SUR HAITI: Comment les journalistes travaillent en Haïti, Cinq leçons à méditer, Haïti n'est pas le pire pays au monde
REGARDER EN GRAND FORMAT: Survivre en Haïti, Bidonvilles de Port-au-Prince
Image de une: des Marines transportent des packs d'eau, le 19 janvier 2010 à Port-au-Prince. REUTERS/St Felix Evens
Mis à jour le 21/01/2010 à 5h12










































Merci de nous remettre la réalité en face.
Il faut croire que la manipulation de l'information est un cancer bien implanté dans les médias.
Aujourd'hui sur le journal de france 2 à 13h, la journaliste présente à Haiti explique qu'elle ne voit pas beaucoup d'Américains dans les rues, témoignages à l'appui. Mais la présentatrice enchaîne sur "l'omniprésence américaine" et parle d'armada et FR2 ne montre que des images d'hélicoptères et de Marines. C'est le sujet du jour, hier c'était le pillage "généralisé"
On espère que Sarkozi ne va pas aller serrer des mains à l'ambassade de France , notre ambassadeur a (vu de Paris) fait un excellent travail et n'a pas besoin d'un supplément de soucis.
Obama vient pour la première fois de justifier son prix Nobel
je constate une petite coquille dans l'article : "la plus profonde récession économique aux Etats-Unis et dans le monde depuis 80 ans"
Il faut retirer "et dans le monde".
Je trouve cet article très incomplet et de mauvaise foi.
Déjà le titre: Ne pas confondre Haïti et le Vietnam! Aucune comparaison apparente dans le texte entre Haïti et le Vietnam. Normal, ca n'a strictement rien à voir. Alors pourquoi ce titre????
Sans chercher à donner de crédit aux théoriciens du complot, on ne perd jamais son temps à remettre en cause l'information qui nous parvient des 4 coins du monde. L'esprit critique, me semble-t-il, est le dernier rempart contre l'avilissement et les dérives extrémistes.
Je ne vois pas en quoi s'interroger sur le zèle Américain est malsain ou à mettre systématiquement sur le compte de l'anti-américanisme.
D'ailleurs, les exemples sont trop nombreux de nos jours, des véritables excès (le mot est faible) en tous genre issus de la politique Américaine. Il faut vraiment être un novice de la géopolitique pour croire que les raisons qui ont été données pour envahir l'Irak et l'Afghanistan étaient parfaitement valables et honnêtes.
Alors oui, quand les Américains déplacent leurs troupes quelque part dans le monde, on est en DROIT de s'interroger sur leurs intentions véritables. Ce n'est pas de l'anti-américanisme. Le contraire est par contre du pro-américanisme aveugle et insensé.
Pour finir, contrairement à ce qui est dit ici, le sous sol Haitien possède des gisements d'or et vraisemblablement du pétrole + de l'iridium.
Je ne fais pas de parallèle direct, mais cela montre bien que l'article présenté ici a été écrit d'une traite pour pousser "un coup de gueule", mais sans approfondissement des thèses exposées.
Peu crédible donc. Inutile et mensonger.
Je suis bien déçu de lire tout ça sur un site comme Slate.
Votre commentaire est la parfaite illustration de la façon dont on plaque des à-priori idéologiques sur une situation donnée afin de la faire correspondre à son schéma de pensée. Et ensuite on déguise cela sous le vocable de l'esprit critique, c'est exactement le contraire. L'intervention américaine massive en Haïti doit forcément être une manifestation de l'impérialisme et la comparaison surgit immédiatement avec l'Irak et l'Afghanistan. Elle n'est pas plus extrême que celle avec le Vietnam!
Vous dénoncez un manque de rigueur intellectuelle, mais je suis désolé vos arguments ne tiennent pas deux secondes. En Irak et en Afghanistan, les Américains font la guerre... cela vous a peut-être échappé mais ce n'est pas le cas en Haïti.
Le sous-sol haïtien qui posséderait des richesses cachées et inconnues de tous les géologues et expliquerait l'intervention américaine. Mais c'est bien sûr! Quelle découverte qu'il faut annoncer au monde immédiatement... Pour moi, cela ressemble plutôt à cette bonne vieille et inusable théorie du complot.
Essayez de penser un peu en-dehors de vos grilles de lecture automatiques. C'est bon pour la santé et c'est ce que nous faisons tous les jours sur Slate.
Bien Cordialement
Zen avec le "Gavroche", l'a pas l'air très malin, et surtout facilement influençable...
Qui sait, il y a peut être un complot mondial pour conserver Haïti dans la pauvreté en lui cachant que son sous-sol regorge de métaux précieux, et peut être que le but de ce complot mondial était d'attendre le prochain gros tremblement de terre pour que l'armée américaine puisse se déployer sans avoir à tirer de coup de feu et ainsi envahir l'île.
Peut être...
N'empêche...
Si dans 2 ans, on se rend compte que Gavroche avait raison, on aura l'air malin à notre tour, tiens ! :)
Cher Monsieur,
Votre posture de pourfendeur de "complotistes" est trop apparente dans votre rhétorique pour qu'on puisse envisager de débattre normalement.
Aussi je crois qu'il y a un risque similaire à déchiffrer l'actualité au travers du schéma que vous dénoncez que d'en prêcher systématiquement l'inverse par soucis de contradiction.
Encore une fois, mais vous n'êtes pas obligé de me croire j'en conviens, je n'adhère ni à l'approche complotiste de l'actualité, ni ne me satisfaits du discours bien pensant qui nous est servi avec la soupe tous les soirs à 20H par nos médias.
Je ne saisis toujours pas la comparaison avec le Vietnam, mais ce qui est certain c'est que votre titre m'a justement induit en erreur et amené à comparer Haïti avec l'Irak et l'Afghanistan, pour essayer de comprendre votre démarche.
Le fait que les Américains soient en guerre en Irak et Afghanistan ne m'a pas échappé je vous rassure. Mais le statut de "guerre" ne doit pas empêcher d'y rechercher les éléments communs à une dynamique globale, ou plus précisément une politique étrangère.
Un mouvement de troupes est avant tout un acte géopolitique, qui traduit une politique prédéfinie. Que ce soit une guerre offensive, défensive, préventive, qu'importe, le but final est d'occuper un terrain.
Vous êtes libre de penser que les moyens gigantesques mobilisés par les Américains au Moyen Orient le sont pour des raisons purement pacifistes, pour la conquête de la liberté, pour offrir la démocratie à des peuples opprimés. S'il y a un peu de ça, c'est très bien.
A titre personnel je ne suis pas aussi optimiste que vous, ni alors naïf. Et en raison des doutes profonds qui subsistent, je trouve légitime de m'interroger sur les raisons profondes qui poussent les USA à agir, à chaque fois qu'ils le font.
Ca s'appelle de la suspicion, et elle découle en général d'une suite d'évènements contradictoires. On peut aussi appeler cela de la vigilance, ou de la veille.
Pour finir, j'insiste, le sous sol Haitien possède des minerais comme l'or, l'argent, le bauxite etc... Je ne suis pas géologue moi-même alors me suis renseigné auprès de sources compétentes.
Je vous rassure, je n'ai jamais dit que les USA étaient à Haiti pour profiter de ses richesses. C'est un non-sens effectivement. Nous ne le saurions que dans quelques années si c'était le cas.
Ma santé est bonne sinon, merci de vous en soucier, même si je confesse sacrifier un peu de mon bien-être pour tenter de comprendre la marche du monde, avec mes petits moyens, plutôt que m'enfermer confortablement dans une approche manichéenne qui me permettrait pourtant de mieux dormir.
Bien sincèrement
Cette polémique me semble inoportune dans ce moment. Peut-être chacun d'entre vous a raison, je ne veux pas tout nier en bloc, mais pensez plutôt qu'à cet instant des gens ont besoin d'un minimum vital pour surmonter cette énorme catastrophe. Les américains, sont là pour les aider, il n'y a pas trop de bras pour aider et le moindre geste d'aide est le bienvenu, chacun à son niveau. Le Président OBAMA, se sent probablement proche d'une manière ou d'une autre de ces gens, pourquoi omettre cette éventualité ? ne peut-on penser que les Américains "qui n'ont peut-être pas tout fait pour La Nouvelle Orléan en temps voulu" se sont sentis investis d'un devoir de Citoyens du monde ? Pour ma part, je veux espérer qu'il en est ainsi et l'avenir nous dira ce qu'il en est. En attendant que chacun d'entre nous, apporte son aide, ne serai-t-ce que par une obole modeste à cette terrible tragédie. De tout mon coeur je souhaite bon courrage à tous ceux qui aident sur le terrain "eux".
Depuis des décennies, l'usage de la puissance des USA n'est pas pour soumettre les autres …
C'est le sens des propos tenus récemment par Barack Obama dans une déclaration au magazine Newsweek, reprise dans Le Monde, au-sujet de l'intervention en Haïti.
Cf détails sur Pnyx: http://www.pnyx.com/fr_fr/poll/502
C'est pas un peu too much, Mr Obama ? … faire comme s'il n'y avait jamais eu l'épisode irakien … Finalement, ce qui transparait clairement dans une sorte de volontarisme "nationaliste", c'est que sur la thématique du leadership des USA, Barack Obama saisit ce drame pour marquer l'autorité de sa présidence, qu'il a décidé de tourner la page de la repentance, certainement dans un objectif d'unification du peuple états-unien, mais sans doute aussi, à l'attention de l'ensemble de la planète: We are the Boss and, Yes, we can !
Pour ceux qui doutaient encore que ce président serait celui de la reconstruction de la puissance …
Cette réflexion n'enlève rien, bien-sûr, au fait que, dans sa dimension humanitaire, et pour le bénéfice du peuple haïtien qui en tant et si urgemment besoin, la vigueur de cet engagement est absolument formidable !
Monsieur Leser, merci pour cet article qui crée débat et me permet de constater avec réconfort qu'il existe encore des gens qui pensent rationnellement et avec mesure, des gens comme votre lecteur Gavroche, dont j'approuve à 100% l'intervention. Hélas je n'ai pas l'impression que vous ayez pris la peine de parfaitement lire son texte ni pris ses remarques à leur juste valeur, tant votre réponse semble rapide et agressive (c'est sûrement pour vous défendre en fait) et ne dénote aucun respect ni désir de compréhension, et tant Gavroche a pris la peine et la patience de vous rectifier sur le fond de ses pensées, en utilisant un ton didactique et équilibré.
Car votre article Monsieur Leser, à part le mérite précité de nous faire prendre la parole en réaction à votre propos, est l'un des plus beaux exemples de la façon par laquelle un journaliste de notre triste décennie s'exprime pour dénigrer des gens et pour les réduire à des moins-que-rien en quelques mots, le doigt pointé vers eux, c'est-à-dire de les traiter de "théoricien du complot" qui disent "n'importe quoi", insultes suprêmes de notre époque. Certes ces gens ne sont pas engagés comme vous dans le circuit commercial de la presse et ne sont pas instruits dans vos écoles médiatiques mais ils reflètent une intelligence supérieure et un esprit critique non "docilisé" et non fossilisé.
Continuez sur slate.fr à nous fournir, avec certains de vos confrères, ces jolis articles qui iront dans quelques années alimenter le musée des exemples de journalisme à ne pas imiter dans les futures écoles de la nouvelle presse libre, celle d'après le grand chambardement inévitable (c'est déjà arrivé après la dernière guerre n'est-ce pas, et comme l'histoire est cyclique...).
Pour conclure, je ne pense pas que le fait que des gens comme Gavroche ou moi pensent de la sorte ne signifie pas que nous n'ayons peine ni compassion pour nos semblables qui souffrent à Haïti. Bien au contraire, car au-delà des devoirs d'aide présents, il faut penser à l'avenir de tous ces pays qui ont été abusés, dépouillés de leur ressources et écrasés de dettes odieuses par le colonialisme, le néocolonialisme, le néolibéralisme. Il faut lire "The shock doctrine" de Naomi Klein", traduit en français sous le titre "La stratégie du choc" pour bien saisir les mécanismes qui ont amené à la paupérisation des nations comme Haïti, les Philippines et bien d'autres.
Saviez-vous que l'indépendance fut donnée à Haïti par la France en 1825 contre le paiement d'une somme énorme qui l'a entrainée dans la spirale de l'endettement que nous lui connaissons (lire ici le contenu d'un débat datant de 2004)? Imaginez qu'on vous prenne deux fois votre pays, d'abord en nature, puis en vous faisant payer pour vous le rendre, sans parler de la meurtrissure de l'esclavage… Il me semble que la dette va dans l'autre sens!
Il est donc sain de se poser des questions sur les motivations qui assurément se cachent derrière des actions humanitaires menées par les USA alors qu'elles auraient dû normalement être menées par les Nations Unies, si cette dernière organisation n'avait pas été délibérément affaiblie par les USA eux-mêmes lors des précédentes décennies. Les américains ne font jamais rien sans intérêt. Il est du ressort de toutes les autres nations de s'assurer de la justice avec laquelle Haïti sera traitée dans les années qui viennent. J'apprends que le FMI parle de faire bénéficier Haïti d'une annulation de dette, ce serait un bon premier pas vers l'annulation de toutes les dettes odieuses, condition essentielle à un nouvel essor du développement de ces pays.
Une des vertus de l'article de M Eric Leser est de faire sortir du bois des commentaires qui reflètent bien un courant de pensée franco-français.
Il faut être élevé depuis tout petit dans une opposition systématique à toute action "américaine", les "impérialistes envahisseurs", pour écrire de tels commentaires. Mais ainsi va le monde.
Que ferait la population d'Haiti aujourd'hui si les USA n'avaient pas mis à leur service leur maîtrise de l'organisation et leurs énormes moyens? Décision rapide et claire d'Obama, actions efficaces de toutes les organisations. Tout le contraire de Bush!
Fallait-il attendre que la France agisse?, ou la Chine, ou le Vénézuela, le Brésil? Fallait t il que l'ONU, organise une conférence internationale pour décider de ce qu'il fallait faire (voir Copenhague, le Darfour etc...)?
La France (et l'Europe) a fait preuve de bien peu de courage et a géré cette catastrophe "as usual" , 4 M euros de dette effacée et basta. Les Français ont réagi aussi "as usual" avec compassion et générosité , mandatant les ONG gérer la situation. Et ils se préoccupent de "rapatrier" leurs orphelins
Alors que nous sommes redevables devant l'Histoire! Mais pourquoi la France serait elle exemplaire maintenant alors qu'elle n'a rien fait pour Haiti depuis des décennies? La plupart des Français qui vont se faire bronzer à Punta Cana ne savent même pas qu'Haiti, c'est la même île.
Alors mettre en doute les intentions américaines, alors que ce sont les seuls à avoir pris le problème à bras le corps, c'est proprement insultant pour le peuple américain.
J'espère que ces beaux penseurs qui ont peur de voir "l'hégémonie américaine" mettre en péril l'indépendance haitienne, vont prendre vite fait un billet d'avion et vont se précipiter à Port aux Princes (drôle de nom aujourd'hui pour tous ces habitants) pour faire quelque chose de positif.
Ils m'ont bien aidée à comprendre cet article en faisant la balance des arguments de l'un et des autres.
C'est dans ces cas-là qu'on est heureux de passer du temps sur Slate, car comme le dit Gavroche : "Je confesse sacrifier un peu de mon bien-être pour tenter de comprendre la marche du monde", et c'est vrai que Slate nous y aide.
En revanche, c'est vrai aussi, que le ton sur lequel le journaliste lui a répondu était assez choquant.
Il y a deux jours, moi aussi j'avais fait une comparaison, sans doute incertaine, qui était parue sur le site et avait disparu, sans explication, le jour d'après.
M'étant renseignée auprès de la rédaction il m'a été signifié
que ma comparaison était gênante "Terriblement".
Il y a donc pour Slate des comparaisons terriblement gênantes et d'autres moins.