Sciences

Regarder du porno, c'est tromper?

Temps de lecture : 2 min

Ça dépend (un peu) du pays.

Sex shop | trash world via Flickr CC License by
Sex shop | trash world via Flickr CC License by

Dans le monde, 13% des recherches internet concernent des contenus sexuellement explicites –autrement dit, du porno. Selon des chiffres de 2014 collectés par l'Ifop, «le nombre de Français à avoir déjà surfé sur un site pornographique au cours de leur vie a progressé de manière continue au cours des 10 dernières années, passant de 17% en 2005 à 39% en 2009 pour s’élever désormais à 60%». Et en 2017, cette tendance haussière se poursuivait. Aux États-Unis, en 2013, le Pew Research Center estimait que 25% des hommes et 8% des femmes se servaient d'internet pour télécharger du porno –des chiffres probablement sous-côtés de l'aveu même de l'institut de sondages, vu que l'enquête reposait sur une auto-évaluation de la consommation.

En d'autres termes: qu'on se bouche ou non le nez face à lui, le porno fait partie de notre quotidien. Mais qu'en est-il de son influence sur le quotidien de nos relations personnelles en général et amoureuses en particulier? Quatre psychologues des universités d'Alicante, en Espagne, et de Floride centrale, aux États-Unis, viennent spécifiquement de se pencher sur les liens entre pornographie et jalousie: est-ce que regarder du porno, c'est tromper? Un parallèle établi dans certaines études, dont la significativité est cependant limitée par leur recrutement au sein de cabinets de sexologues et autres conseillers conjugaux. Soit chez des populations où la fréquence de problèmes affectifs est, par définition, plus élevée que la moyenne.

Cette nouvelle étude, publiée dans le numéro d'avril des Archives of Sexual Behavior, porte sur 392 étudiants américains (266 femmes et 126 hommes âgés de 18 à 36 ans) et 200 étudiants espagnols (157 femmes et 43 hommes âgés de 18 à 35 ans). Chez les Américains, 49,7% des participants s'identifiaient comme Blancs non-hispaniques, 24% comme Hispaniques, 11,6 % comme Afro-Américains, 6,9% comme Asio-Américains et 6,1% comme «autre». L'échantillon espagnol se divisait quant à lui en 93,5% d'auto-identifiés comme Blancs/Espagnols et 5,5% comme Hispaniques.

Il en ressort que 77% des Espagnols et 73% des Américains estiment que regarder du porno n'équivaut pas à tromper son partenaire, que l'infidélité soit considérée comme sexuelle ou affective.

Sans trop de surprise, les chercheurs, menés par Charles Negy, observent une plus forte assimilation du porno à l'infidélité chez les personnes les plus religieuses et/ou qui ne sont pas consommatrices de contenus sexuellement explicites. Une corrélation d'autant plus solide chez les Américains que chez les Espagnols.

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