Culture

Comment «Serge Gainsbourg, vie héroïque» est né

Slate.fr, mis à jour le 20.01.2010 à 15 h 03

Film atypique, Serge Gainsbourg, vie héroïque mêle un réalisateur néophyte star de la BD, Joann Sfar; un acteur principal, Eric Elmosnino, habitué à fouler les planches mais jamais passé à l'écran et des producteurs spécialisés dans l'animation.

L'Express, qui retrace la genèse du film, souligne qu'il aura fallu «un peu d'inconscience et beaucoup d'envie», et que l'envie a été partagée par Sfar, ses acteurs, ses producteurs, distributeurs qui croyaient en lui. «Le projet dégringole d'une marche mais s'accroche à la rampe, raconte l'Express. Le scénario touche à sa fin. Validé par les ayants droit au début de 2008. Côté production et ramassage d'argent, c'est un peu l'ascension de l'Himalaya. "90 % de la profession trouvaient le film trop cher et trop risqué", note Marc de Pontavis. Grâce à l'enthousiasme de Frédérique Dumas, responsable de Studio 37, qui est allée chercher Universal, le dossier s'accélère. "Joann est un des grands talents de demain. Il fallait rester ambitieux", dit-elle.»

Sfar a décidé de tourner un film sur Gainsbourg en partie parce que le grand enfant qu'était le monstre sacré résonne en lui. «J'ai deux enfants en moi: un petit garçon qui me permet de me faire pardonner toutes mes conneries, et une petite fille, une sorte d'Alice au pays des merveilles, très fragile et rêveuse», raconte Joan Sfar à L'Express. «L'enfant en moi me donne un appétit énorme pour tout, une capacité intacte à raconter de vrais sentiments.(...) Chez Gainsbourg, l'enfant s'exprimait par des caprices et une grande fragilité. (...) Cet enfant en lui, qui ne l'a jamais quitté, lui permettait de se faire tout pardonner, des femmes en particulier et de la France en général.»

L'un résonne en l'autre, mais Sfar n'a pas cherché à restituer toute la vérité du personnage: ce n'est pas un biopic —surtout pas. «C'est un mensonge basé sur tous les mensonges de Serge Gainsbourg. C'est ultra-documenté mais faux. C'est un conte. Gainsbourg avait une personnalité qui permet d'aller dans l'étrange. Il était provocateur mais il avait aussi un côté enfantin, je voulais retrouver tout ça.»

Voir le diaporama sur «Les femmes de Gainsbourg» et lire le dossier que L'Express consacre à la sortie du film.

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Image de une: Serge Gainsbourg, wikipedia

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