Égalités / Parents & enfants

Dans le monde académique, avoir des enfants ne pénalise que les femmes

Temps de lecture : 2 min

Se reproduire constitue un malus professionnel pour les mères, mais un bonus pour les pères.

– «Maman, c'est quoi ce trou dans ta carrière?» –«Ta naissance.» | GSCSNJ via Flickr CC
– «Maman, c'est quoi ce trou dans ta carrière?» –«Ta naissance.» | GSCSNJ via Flickr CC

Le 28 mars 2019, Cornelia Lawson, Aldo Geuna et Ugo Finardi présentaient devant la Royal Economic Society une étude analysant dix ans de travaux académiques menés par 262 chercheurs et chercheuses œuvrant à l'université de Turin.

Il en ressort qu'avoir un enfant est un accélérateur de carrière pour les hommes, mais un frein pour les femmes: les chercheurs obtiennent davantage de financements et de citations lorsqu'ils deviennent pères, mais pour les chercheuses, c'est l'inverse.

En moyenne, pour les hommes, avoir un enfant augmente de 28% son stock de citations par rapport à des collègues nullipares. Lawson, Geuna et Finardi parlent de «bonus de paternité».

Chez les femmes, la maternité est au contraire une «pénalité»: lorsqu'elles ont des enfants, les chercheuses voient la quantité de leurs productions décliner. Nul besoin de désespérer totalement, car la qualité (en matière d'impact) de leurs recherches, elle, demeure identique.

Stratégie de carrière

Selon les scientifiques à l'origine de l'étude, la relation entre reproduction et baisse de la production académique semble directement causale chez les femmes: les chercheuses publient moins parce qu'elles ont un enfant.

Chez les hommes, le lien de causalité est moins évident. Il se pourrait qu'ils investissent davantage le champ professionnel lorsqu'ils deviennent pères, notamment pour mieux subvenir aux besoins de leur famille.

Mais le «bonus de paternité» pourrait aussi révéler une stratégie de carrière, avec des chercheurs choisissant consciemment d'avoir des enfants au moment où leur trajectoire académique est engagée sur de bons rails.

En Italie, selon des données Istat datant de 2008, le temps consacré aux tâches ménagères dans les foyers est à 70% pris en charge par les femmes. Les hommes, eux, profitent de 80% de temps de loisir en plus, d'après des chiffres OCDE de 2009.

Slate.fr

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