Boire & manger / Monde

Aux États-Unis, 36% des étudiants ne mangent pas à leur faim

Temps de lecture : 2 min

«Aujourd'hui, j'hésite entre faire ma lessive ou manger, parce qu'il me reste moins de 100 dollars», confie une étudiante en deuxième année.

Certains étudiants profitent d'occasionnels buffets gratuits pour pouvoir se nourrir. | Samantha Gades via Unsplash License by

Lors de sa première année à l’université George Washington, Caleb Torres a perdu plus de trois kilos. Au bout de six mois, il n’avait plus assez d’argent pour faire ses courses et il a dû sauter des repas. Le Washington Post raconte que l’étudiant s'en sortait en mangeant une boîte de raviolis par jour et en participant à un maximum d’événements sur le campus qui proposaient des buffets gratuits.

Caleb n'est pas le seul. Une enquête, publiée ce mardi 3 avril, révèle que 36% des étudiants vivant sur les campus universitaires américains ne mangent pas à leur faim. Les chercheurs du Wisconcin HOPE Lab, qui signent cette publication, expliquent que ce fléau menace plusieurs millions d’étudiants chaque année.

L'étude prend en compte à la fois les campus privés et publics. Les données collectées ont révélé que 10% des étudiants inscrits à un collège communautaire passent un jour entier sans manger; il en va de même pour 6% des étudiants à l’université.

Une situation qui s’aggrave

Les chercheurs du Wisconsin HOPE Lab soulignent que la faim sur les campus est loin d’être un phénomène nouveau et empire chaque année.

«Les frais de scolarité sont en constante augmentation mais ce n’est qu’une partie du problème», explique Sara Goldrick-Rab, professeure en politique éducative à l’université de Temple à Philadelphie et auteure principale du rapport.

L'étude est fondée sur des données provenant de 43.000 étudiants de soixante-six écoles américaines différentes. Les résultats ont ensuite été analysés par le ministère de l'Agriculture qui déterminait le degré de danger des pratiques alimentaires de ces étudiants. Certains étaient classés en «faible niveau de sécurité alimentaire» –ce qui signifie qu'ils sautent des repas ou qu'ils réduisent leurs portions car ils n'ont pas assez d'argent pour manger à leur faim.

Le Washington Post explique que de plus en plus d'étudiants avec de faibles revenus s'inscrivent à l'université. La plupart d'entre eux ne sont pas assez préparés à leur arrivée sur le campus. Souvent, les bourses qu'ils ont obtenues ne suffisent pas à couvrir tous leurs frais. Par exemple, la lessive ou les frais d'impressions sont souvent ignorés.

«Je ne suis pas en train de mourir de faim mais il y a des jours où je ne peux pas manger. Par exemple aujourd'hui, j'hésite entre faire ma lessive ou manger, parce qu'il me reste moins de 100 dollars», rapporte Emma Montero, étudiante en deuxième année.

«Il y a cinq ans, personne ne voulait reconnaître ce problème –même pas un seul administrateur universitaire. Aujourd'hui, ils ne peuvent plus ignorer le phénomène, les chiffres sont renversants. Ça aide à plaider notre cause», raconte Rachel Sumekh, directrice générale de Swipe Out Hunger, une ONG située à Los Angeles.

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