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Prendre des photos avec nos smartphones change notre façon de se souvenir

Temps de lecture : 2 min

Des chercheurs américains ont montré les conséquences des smartphones sur notre mémoire.

Time is an illusion | Michelle Robinson via Flickr CC License by
Time is an illusion | Michelle Robinson via Flickr CC License by

Une étude réalisée par Jason Chan, professeur en psychologie à l’université d'État de l’Iowa, montre que nos souvenirs sont comme des documents Word: nous pouvons les éditer, les réécrire ou même les supprimer. Mais aujourd’hui, l'utilisation de nos smartphones pour documenter nos vies ne serait pas sans conséquences sur notre mémoire.

Brian Resnick, journaliste scientifique à Vox, s’est penché sur la question. Pour se forger un souvenir durable, il faut prêter attention. Notre cerveau sera alors en mesure de capter tous les détails environnants: l’odeur d’un parfum, la caresse du vent sur notre peau ou encore la couleur flamboyante des feuilles en automne.

On prête moins attention au monde qui nous entoure

Une étude qui sera publiée en mai prochain dans la revue scientifique Journal of Experiment Social Psychology a voulu tester les conséquences du manque d’attention sur la mémoire. Les participants avaient pour mission de visiter le Stanford Memorial Church, une église située en plein coeur de l’université de Stanford en Californie. Certains d’entre eux devaient prendre des photos lors de la visite.

Une semaine plus tard, les participants ont été invités à répondre à un quiz. Résultat, les personnes chargées de prendre des photos ont obtenu un score inférieur: un peu moins de six réponses correctes sur dix contre sept pour les autres.

Emma Templeton, chercheuse en psychologie à l’université de Dartmouth et co-autrice de l’étude, explique que «les smartphones sont des distractions qui empêchent de prêter complètement attention au monde qui nous entoure».

Les auteurs de l’étude soupçonnent que le fait de prendre des photos n’est pas la seule emprise sur nos souvenirs. Par exemple, tweeter pendant un évènement, envoyer des textos ou prendre des notes peut aussi provoquer des trous de mémoires.

On se souvient en adoptant une perspective extérieure

Une autre étude rapportée par Vox montre toutefois que photographier améliore la mémoire visuelle. Cependant, les autres sens sont souvent laissés de côté. En conséquence, nos souvenirs ont tendance à être mono-sensoriels.

Faites le test: essayez de vous rappeler de la dernière photo que vous avez postée sur Instagram ou Facebook. Vous aurez tendance à la visualiser comme si vous étiez extérieur à la scène. Alixandra Barasch, experte en sciences cognitives, explique que c'est une conséquence directe du partage de nos images sur les réseaux sociaux.

«Cette perspective influe aussi sur notre façon de ressentir le souvenir en question. Les émotions associées sont souvent oubliées», précise-t-elle.

Emma Templeton souligne que les recherches sur l'influence des smartphones sur nos fonctions cognitives ne font que commencer –notamment à cause du fait que la technologie et notre façon de l’utiliser évoluent constamment.

Slate.fr

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