Égalités / Monde

Marvia Malik devient la première présentatrice transgenre de l'histoire de la télévision pakistanaise

Temps de lecture : 2 min

Au Pakistan, pays où l'homosexualité est illégale, les droits des personnes transgenres font un grand pas en avant.

Marvia Malik, journaliste et mannequin | via @BravePakistaniWomen License by

La chaîne Kohenoor News vient de prendre une décision historique en engageant Marvia Malik. À vingt-et-un ans, elle devient la première présentatrice transgenre de l’histoire de la télévision pakistanaise. Quelques semaines plus tôt, elle avait déjà fait les gros titres en devenant le premier mannequin transgenre à défiler sur le podium du PFDC Sunsilk Fashion Week.

«Je voulais entrer dans le monde des médias pour donner de la visibilité à la communauté transgenre», a-t-elle confié dans une interview à Geo.tv.

Son premier passage à l'antenne ce samedi 23 mars a affolé les réseaux sociaux. Les internautes n’ont pas hésité à féliciter Marvia Malik et la chaîne de télévision pour ce choix audacieux dans un pays où l’homosexualité est un crime.

Au Pakistan, les transgenres font parties de la communauté des «hijras». Traditionnellement, les «hijras» étaient des castrats convoités par les empereures de la dynastie moghole. Ce terme englobe désormais les personnes intersexes. Aujourd’hui, cette caste est affligée par une myriade de discriminations: agressions physiques et sexuelles, humiliations, assassinats, viols… The Independent explique que leur statut les oblige souvent à se prostituer, danser ou mendier pour survivre.

Marvia Malik, un modèle pour les générations futures

À quinze ans, la famille de Marvia la renie à cause de son identité sexuelle. Pour ne pas finir à la rue comme bon nombre «d’hijras», elle travaille alors dans un salon de beauté afin de financer des études de journalisme à l’université de Punjab.

«Je veux montrer la voie à la prochaine génération de transgenres. En me voyant je veux qu'ils se disent qu'ils peuvent être acceptés et qu'il y a de l'espoir. Je veux montrer que la communauté transgenre est capable de tout, même de présenter le journal télévisé», confie-t-elle dans une interview à CNN.

Junaid Ansara, le propriétaire de la chaîne de télévision, a précisé que le choix d'engager Marvia Malik n'était pas un acte politique: «Elle a été embauchée en fonction de son mérite. Les personnes transgenres devraient être traitées avec dignité et respect.»

Au début du mois, le Sénat pakistanais a voté en faveur d'une proposition de loi qui protège les personnes transgenres et leur laissent le choix de décider leur identité sexuelle/genre. En 2009, le Pakistan était le premier pays à reconnaître l'existence d'un troisième sexe – non masculin ou féminin.

Malgré tout, pour Sana Yasir, un médecin intersexe, «le Pakistan devient de plus en plus tolérant mais la compréhension et l'acceptation des transgenres n'est pas généralisée». Marvia Malik partage ce sentiment et pense qu'il faut aller encore plus loin: «Le changement commence à la maison. Il faut commencer à éduquer les parents. Il faut qu'ils arrêtent de penser que c'est une honte d'avoir des enfants transgenres.»

Slate.fr

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