La Chine est irresponsable
Seconde partie de l'article sur la guerre économique contre la Chine.
- -
Seconde partie de l'article sur la guerre économique entre la Chine et les pays occidentaux. La première partie de l'article d'Eric Le Boucher se trouve ici.
Ce week-end là, les 28 et 29 novembre, Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Junker, président de l'Eurogroupe, et Joaquin Almunia, commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires comprennent qu'ils ne pèsent plus rien. Les trois autorités européennes sont venues à Nankin dire leur conviction que le yuan doit être décroché du dollar américain et réévalué. Le Premier ministre chinois, Wen Jiabao, les reçoit à peine et publie immédiatement un communiqué agressif: les Européens sont venus «affaiblir l'économie chinoise». Pour la délégation, c'est l'humiliation. Quinze jours plus tôt, Barack Obama avait essuyé le même refus à la même demande. Mais avec les Européens, les Chinois ne mettent même plus les formes.
La Chine sort de la crise renforcée par l'échec du «modèle occidental» (lire La guerre économique est déclarée). Elle est devenue le seul moteur vaillant de l'économie mondiale. Elle est plus que jamais le pôle central de l'Asie. Mais au lieu de prendre sa place légitime dans le concert des nations, la Chine continue de jouer en solitaire, pour son seul intérêt, sans aucune préoccupation multilatérale. La troisième puissance économique mondiale, grande bénéficiaire de la mondialisation, refuse de voir que sa politique concerne désormais le monde entier. Jamais en 2000 ans, l'Empire n'a eu de colonie ni de politique étrangère. La Chine au «Milieu du monde» se suffisait à elle-même. Au XXIe siècle pourtant, il lui faudra affronter les conséquences de son importance retrouvée. Le monde est ouvert, interpénétré, chaque région est dépendante des autres. Il faudrait vite que les autorités chinoises s'en aperçoivent et renoncent à leur bel isolement.
Hélas, comme en témoigne la politique monétaire, elles sont tentées de prendre le chemin opposé, de se raidir et de dénoncer les «pressions» occidentales, comme celles de Jean-Claude Trichet, pour s'enfermer sur une vision uniquement «chinoise». Le risque que porte aujourd'hui cette attitude est lourd, c'est celui d'une guerre monétaire et économique et d'une fin de la mondialisation.
Point de bascule
Il n'y a pas que le yuan sur lequel Pékin se cabre. Les attaques contre le site google.cn pour y espionner les dissidents sont observées avec inquiétude à Washington. A Copenhague aussi les représentants chinois ont très mal pris les «pressions» pour leur faire faire des promesses chiffrées de réduction de CO². Sur beaucoup d'autres sujets, les discussions avec l'administration Obama marquent le pas ces derniers mois. Sur l'Iran, sur Taïwan, sur le Tibet, le pouvoir semble de plus en plus excédé par les demandes du G7. Comme le résume Nicholas Lardy, expert de la Chine au Peterson Institute for International Economics de Washington (PIIE), «nous sommes à un point de bascule où ceux qui ont pensé que la Chine pouvait s'intégrer dans le système international et y jouer un rôle positif rencontrent de plus en plus de difficultés à plaider leur cause » (cité par Geoff Dyer, Financial Times du 15 janvier).
Le yuan est au centre de la nouvelle attitude chinoise et, avec raison, au centre des préoccupations occidentales. Il y a sept mois, pour lutter contre la crise, la Banque centrale chinoise a recollé le yuan au dollar (les économistes parlent de «peg»). Il s'agissait de s'assurer que la compétitivité des produits «made in China» ne serait pas affaiblie. Au total, le yuan a glissé avec la monnaie américaine et a perdu 12% face à l'euro. Or, depuis, la croissance est revenue à 10% mais Pékin refuse de réévaluer. Le yuan faible cause pourtant beaucoup de problèmes ailleurs: en Europe, bien entendu, mais aussi dans les autres pays asiatiques ou en Amérique latine. Le Mexique et le Brésil sont les plus touchés.
Mais il y a plus. En conservant un yuan sous-évalué (de sans doute 30%), la Chine s'est remise sur la courbe de hausse de ses excédents commerciaux. Sa stratégie reste l'export, le mercantilisme. Les conséquences économiques sont doubles. Un, les réserves chinoises de change ont grossit encore de 453 milliards de dollars en 2009, pour atteindre la somme astronomique de 2 400 milliards. Cet argent s'ajoute aux investissements étrangers jusqu'à l'excès. La Chine a aujourd'hui trop de liquidités, ce qui crée des bulles spéculatives, sur les prix des logements et sur les actifs financiers. Ce trop d'argent brûle les doigts des responsables monétaires et met en cause la stabilité. Deux, le «Grand déséquilibre» des flux mondiaux d'épargne entre les Etats-Unis et la Chine, perdure malgré la crise, au lieu de se résorber. «La reprise mondiale reste menacée car bancale», déplore Olivier Blanchard, l'économiste en chef du FMI (Fonds monétaire international). Voilà pourquoi le yuan est une préoccupation légitime de tous: non seulement le yuan étouffe une partie des autres pays développés et émergents, mais il «plombe» l'économie globale.
Dépendance
La conséquence est que la Chine n'est pas si «autonome» qu'elle le croit. Elle dépend encore des autres. Une moitié de ses exportations part à destination de l'Europe et de l'Amérique. Le consommateur du G7 est encore celui qui fait l'enrichissement chinois. Les raisonnements tenus dans la Cité interdite sur «un découplage» de la Chine et même de l'Asie sont faux. La réalité est que les trois grandes zones, Amérique, Europe, Asie, sont étroitement liées d'un point de vue monétaire comme d'un point de vue économique.
Réévaluer sa monnaie, augmenter le pouvoir d'achat des salariés, bâtir des systèmes de sécurité sociale et de retraite pour que les ménages chinois épargnent moins: la correction de la trajectoire économique de l'Empire est connue, y compris des autorités de Pékin. Mais la divergence vient de l'intensité et de la vitesse de cette nécessaire inflexion. Pékin veut prendre son temps, et profiter le plus possible du mercantilisme et du yuan sous-évalué, le G7 dit qu'il y a urgence.
Pourquoi urgence? Pour consolider la reprise, comme le dit Olivier Blanchard, mais aussi parce qu'en Occident, les opinions se retournent. Celle de Google suivi par la plupart des chefs d'entreprises européens et américains excédés par les «conditions chinoises» imposées à leur business. Celle des opinions publiques qui s'inquiètent pour l'emploi. La Chine, après avoir aspiré les productions industrielles sur son territoire, est en passe de s'imposer dans les secteurs de haute technologie. Que restera-t-il en France, en Europe, en Amérique ?
L'économiste Patrick Artus s'est livré à des calculs refroidissants («La Chine accroît-elle ou réduit-elle la croissance de la zone euro?» Flash, 15 janvier, Natixis). Les effets positifs de la puissance chinoise existent: le marché de 1,3 milliard de consommateurs offre de beaux débouchés, la faiblesse des prix des produits chinois diminue l'inflation, donc augmente le pouvoir d'achat au sein du G7, les liquidités abondantes de la Banque centrale chinoise abaissent partout le coût de l'argent. Mais il est aussi des effets négatifs: les entreprises chinoises prennent des marchés aux européennes, des millions d'emplois sont délocalisés et une pression pèse sur les salaires, les prix des matières premières, enfin, sont poussées à la hausse. Quel est le bilan?
Il y a encore trois ans, personne n'aurait douté d'une réponse positive, très positive même. Or, pour Artus, «au total les effets négatifs l'emportent, la zone euro profite peu de la reprise en Chine et l'effet désinflationniste est limité». Si le pétrole et les autres matières premières grimpent encore, le bilan global s'aggravera de façon «importante». Les opinions publiques sauront s'en apercevoir. Elles exigeront des mesures protectionnistes. La Chine, première bénéficiaire de la mondialisation rappelons-le, joue très gros. Ou elle prend ses responsabilités ou les gouvernements du G7 seront poussés par une sinophobie irrésistible à prendre les leurs.
Eric Le Boucher
LIRE EGALEMENT SUR LA CHINE: La Chine, le pays où la piraterie est légale, En exécutant Amal Shaikh, la Chine proclame sa puissance et Google, Un cheval de Troie derrière ma grande muraille numérique.
Image de Une: Le siège de Google à Pékin
Mis à jour le 20/01/2010 à 9h38











































Quel que soit le verdict des calculettes et projections, on peut être sûr d'une chose: jamais la Chine ne fera quoi que ce soit contre ses intérêts quand bien même l'avenir du monde en dépend; jamais elle ne tolérera la moindre suggestion concernant sa politique intérieure. Depuis des années, le mercantilisme généralisé de l'hyperindustrialisation /hyperconsommation a conduit le monde à renoncer à toute éthique, à tout accepter de l'usine du monde dont l'Occident profite allègrement.
http://shodavid.blog.lemonde.fr/2009/10/26/la-fabrique-de-lincompetence/
On peut imaginer sans trop forcer sur la parano qu'un clash serait souhaitable pour Beijing. Ce serait l'occasion de montrer la toute puissance de la Chine, la face retrouvé du géant humilié. Et le Parti a besoin de la fibre nationaliste, toujours très prompte dès que l'étranger est montré du doigt, pour maintenir la stabilité intérieure. La Chine ne souhaite pas, n'est peut-être pas capable, de jouer avec les autres, l'Autre. Elle ne sait que contraindre, soumettre, imposer, avec ou sans le sourire.
Si l'Europe ne remet pas sous une forme ou une autre quelques limites aux importations chinoises, les conséquences seront lourdes, il s'agit de bon sens. Une sorte de TVA sociale par exemple. Il ne faut se leurrer, les chinois trichent avec une monnaie sous évalué.
Dans la presse Chinoise, il est dit que le moyen de resoudre la crise financiere aurait ete de nationaliser les banques (au pire de la crise, ca aurait ete bon marche!...), de limiter la speculation (le casino) et d'aider l'emploi. Toutes choses somme toute assez logiques et raisonnables...mais l'Ouest n'a pas a recevoir de lecons de la Chine...donc lui en donne! Et on a passe la note a nos etats (aides, prets a taux zero aux banques et deficits) et a nos citoyens (qui perder leur emploi avant de payer la note) afin de continuer a motiver les joueurs du casino et de s'assurer que l'economie casino ruine vraiment nos economies reelles. Une lecon par l'absurde en quelque sorte...
Enfin, les recriminations ont commence, prelude au (inevitable?) protectionnisme et conflits...
(afin d'eviter les remarques ideologiques de Peter Jones, je note qu'apres la 2eme guerre mondiale et jusqu'aux annees 80, le systeme bancaire Francais etait public ce qui a permis d'avoir des services bancaires utiles et peu chers (pas besoin de payer des centaines de milliards de bonus chaque annee) et de connaitre 30 annees glorieuses).
Et oui, nous faisons des courbettes au Chinois mais la Chine est une dictature. Il ne faut pas oublier non plus que ce régime peut disparaître subitement comme d'autres ont disparu aussi. Alors quand Sarkozy ne reçoit plus le dalaï-lama, il soutient un régime dont nous profitons finalement très peu. Un jour, il va bien falloir mettre tout ça sur la table.
Non la chine n'est pas irresponsable, la chine est simplement sûr de sa puissance et hégémonique.
Non l'Iran n'est pas irresponsable, l'Iran a une stratégie affichée depuis longtemps : celle de sanctuariser son territoire pour pouvoir détruire Israël en toute impunité.
Munich n'a donc servi à rien et les démocraties sont toujours aussi naïves ou impuissantes face aux dangers visibles comme le nez au milieu de la figure.
La guerre économique est déclarée depuis longtemps mais maintenant le rapport des forces n'est plus favorable aux occidentaux.
On pourrait imaginer un boycott généralisé du made in China mais comment empêcher quelqu'un de payer deux à trois fois moins cher un vêtement et un capitaliste le nez dans sa bottom line de délocaliser sa production?
On pourrait imaginer des barrières douanières mais comment écouler nos airbus, nos centrales, etc.
Un jour peut-être le salut viendra du citoyen chinois car la fenêtre est maintenant grande ouverte et ce n'est pas les attaques très médiatisées contre Google qui empêcheront les chinois d'accéder à l’information sur un monde épris de liberté et de justice.
En attendant nos contorsions maladroites oscillant entre courbette pour vendre nos produits, installer des usines et froncements de sourcil pour dénoncer les atteintes aux droit de l’homme ou le cours scandaleux du yuan n’ont jamais impressionné nos interlocuteurs chinois. D’ailleurs le terme interlocuteurs lui-même prête à sourire tant il s’agit de leur part de monologue à usage de propagande interne.
Je me contenterai d'une des dernières phrases :
'La Chine joue très gros" !
Je rajouterai "l'occident joue très gros aussi"
Les années de mondialisation libérale capitaliste (en gros, de 80 à aujourd'hui aux USA/UK, de 90 à aujourd'hui pour les autres) finiront bien par déboucher sur une crise aux réelles conséquences pour les états qui ont poussé ce système à ses limites.
Quel sera le modèle politique qui survivra à la prochaine crise ??
Le modèle capitalisto-communiste Chinois sera-t-il balayé dans une recherche de plus de liberté ? Ou le modèle ultra-libéral occidental sera-t-il balayé par une recherche de plus d'égalité ??
Le futur est incertain, à mon avis. Et vu les nouveaux excès dans lesquels retombent la société actuelle (en gros, les banques et les financiers n'ont rien appris), la prochaine bulle/crise risque de faire bien plus mal que celle de 2007, qui a pourtant mis une bonne claque aussi bien aux riches qu'aux pauvres.
excellent mais j'ai l'impression que certain point sont évités.
obama se tourne vers la chine pour contrer l'Europe. on?
la chine provoque de plus en plus de remous:
- vol de brevet
- vol d'information
- vol d'identité industriel ...
ces raisons sont elles à l'origine de l'isolement "maintenu" (pas forcément voulu mais ...) de la chine?
ensuite la chine à en partie raison sur le décrochage de l'asie.
les partenaires de la chine sont plus dépendant de la chine que du reste du monde,
certain pays asiatique peuvent ignorer les occidentaux tant que le frere chinois veille et aprovisione .....
j'aime bien le comparatif allemagne et chine dans un précédent commentaire ^^
Beaucoup de produits chinois sont copiés sur des modèles développés par les européens, les américains, ou même les japonais (et dieu sait s'ils n'aiment pas les chinois et vice versa) mais qui soit sont tombés dans le domaine public soit ont été vendus en bonne et due forme sous license... Ainsi la plupart des scooters chinois d'aujourd'hui sont basés sur des plateformes japonaises élaborées fin des années 60 par Honda mais en toute légalité, là où est le hic c'est que pour beaucoup de gens c'est suffisant, surtout en temps de crise.
Par ailleurs dans la grande majorité des cas quand on parle de "made in china", à part quelques trucs en plastique tout pourris, il s'agit de produits de marques japonaises, européennes, ou coréennes qui sont seulement manufacturées sur le territoire chinois, de préférence à Taiwan, mais dont toute la technologie est conservée aussi loin de la Chine que possible (en vain ?...) Les Coréens ou les Japonais seules réelles puissances économiques de la région sont tout aussi dépendants de l'Europe que de la Chine AMHA, ils fabriquent en Chine et vendent en Europe , coupez un des deux liens et: plus de LG, plus de Samsung, plus de Sony, plus de Panasonic, adieu veaux, vaches, cochons et Mao ...
On voit bien dans les développements récents que l'important c'est les banques et non la technologie qui est pratiquement capable de tout depuis quelques années, mais ce n'est qu'au prix d'investissements colossaux parfois trans-continentaux (alliance LG-Phillips, abandon total du plasma par Sony (grosse erreur AMHA) faute de partenaire, etc...) que les sociétés bâties sur le modèle classique peuvent s'en sortir...
Encore des articles perspicaces de M. Le Boucher mais quelques commentaires toutefois.
La Chine moderne est un pays très jeune. (Mais oui!) Elle est très instable (ce qui explique le nombre important de condamnés à mort), très corrompu (idem), totalitaire (et encore idem), naïve politiquement et économiquement, avec une classe ouvrière Zola-esque et pour tout arranger souffrent régulièrement de cataclysmes naturels et industriels comparables à celui dernièrement à Haïti.
Elle a fait l'extraordinaire transition du 'grand bond en avant' au capitalisme effréné dans une seule génération. Elle en est fière et elle profite de ses forces économiques actuelles pour se faire respecter par un Occident qui l'a toujours traité avec dérision. Un Jihad économique en quelque sorte.
Que doit-on faire? Mais rien. Continuons d'acheter ses produits bon marché (chacun entre nous en avons chez nous) et laissons-les accumuler leurs richesses.
Dans le temps, nous avons fait pareil avec le Japon, Le Taiwan, la Corée tous aujourd'hui des membres plus ou moins respectables de la société des nations.
Car un industriel (et la Chine en ce qui nous concerne n'est qu'un ensemble d'industriels) a besoin de deux choses : des clients et des salariés. Et l'histoire moderne prouve qu'il faut à la longue bien traiter ses salairiés et ses clients. La Chine fera pareil ou s'implosera comme l'URSS.
Quant à sa trésorie énorme il faut bien qu'elle trouve là aussi des clients. Mais aujourd'hui qui court le plus grand risque - les USA (le client) ou la Chine (le banquier)?
L'arrogance dont parle à juste titre M. Le Boucher ne fera pas long feu quand des dirigeants plus sages que ceux en place actuellement se rendront compte que c'est le banquier qui préte qui a des problèmes pas son client!
Regardons l'histoire récente de l'Asie tout d'abord le Japon qui malgré la défaite de 45 a relancé son pays pour conquérir le monde et si l'économie japonaise va mal aujourd'hui ses besoins financiers sont aux mains des japonais et non sur un endettement des "marchés spéculateurs" internationaux.
Le Vietnam a tenu tête aux français et aux américains et commence à se lancer dans l'économie mondiale regardons la Corée du sud, Taiwan etc, tous ses pays d'asie ont depuis 20 ans "envahis" le monde de leurs produits de haute technlogie. La différence avec la Chine , leur marché intérieur faible et pour certains la dépendance politique vis à vis des USA.
Alors la Chine a pris la même voie avec deux différences imprtantes son régime , mais qui convient a bien des chinois loin des pb de démocratie mais également le poids de ses env. 1,3 milliards d'habitants. Sur le plan économique le poids de ses réservent monétaires et enfin peut-être le plus fort sa fierté d'être chinois et de conquérir le monde économique.
Conclusion les occidentaux imbus de leur "avance" ont cru que le reste du monde était moins intelligent, que la planète serait toujours gérée par eux.
Que faire? être courageux et accepter de souffrir en bloquant l'économie chinoise en mettant en place une taxe sociale et carbone (à la mode) en conformité avec les règles de l'OMC sur le libre échange des produits pur impser à la Chine des règles qui conviendront à toute la planète.
Si l'Europe naine politique, avec son poids économique, pour une décennie maxi, refuse d'affonter la Chine, qui je le répète n'aime pas les faibles, alors notre continent sera la première victime de la Chine d'ici 5 ans.
Ne pas oublier qu'en dehors d'envoyer des soldats en Afghanistan( au fait pas de Chinois) l'Europe n'est plus un partenaire pour les US.
Si nous avons des C..... le monde sera un G3 et non le G2 d'aujourd'hui.
Qui écrit "guerre économique contre" la Chine ?
Il y a de l'inconstance à trafiquer, le verbe est délibéré, avec la Chine et puis, à se plaindre de la réussite du circuit ainsi imprimé quand le fournisseur, d'abord méprisé devient partenaire, évidemment moins docile, pour finir concurrent, qui plus est, de poids, dans le vrai jeu insensible de la compétition internationale.
Le commerce est sans odorat mais l'intimité a ses limites avec un régime autoritaire, de surcroît un peu rouge. La cuillère à manche extensible est pratique pour dîner avec le diable : " - Décidément, que ces peuples sont fourbes ! Rendez-vous compte : au début, il nous ont copiés !". Ils ont donc été très durs en affaires mais l'appât devait être assez attirant ou alors le moment est venu d'avouer une bêtise grandiose d'être tombés dans un piège aussi grossier.
En fin de compte, le plus gênant n'est-il pas d'être battu à son propre jeu ? Car l'économie de marché débridée n'est-elle pas le seul moteur qui a produit la situation économique mondiale actuelle ? Quoi d'étonnant à ce que les perdants à la table soient mauvais joueurs et demandent à changer les règles sans attendre ?
- Des barrières douanières ?
- Des rééquilibrages politiques, diplomatiques ?
- Des scrupules tardifs en matière sociale ou de droits individuels ?
- Sans oublier un souci écologique bien compris ? (Le permis de polluer est-il toujours d'autant moins cher qu'il s'exerce loin de celui qui l'accorde ?).
Le grand pays gagnant, pour le moment, n'a-t-il pas déjà du mal à gérer sa victoire, partielle, et sa croissance ? Le comprendre et l'intégrer n'est pas destiné à l'exonérer de toutes ses responsabilités mais le désigner comme ennemi n'est-il pas l'aveu d'une impuissance à traiter avec lui, voire avec fermeté, sur une base de réciprocité ?
Mais veut-on vraiment de sa voix au conseil d'administration planétaire ?
Ah, et un économiste, fût-il indépendant, ce qui n'est pas le cas, est-il la meilleure référence pour régler ainsi des tensions internationales ?
Diplombatiquement.
Diplômé de l'Essec, j'ai écrit à son président, Mr Tapiès ( qui cherche à récolter des fonds chez les anciens étudiantspour une soi-disante politique redoutablement intelligents d'implantation en Chine) que sa stratégie était forcénée et demandait d'abord une authentique réflexion collective du type : 'La Chine est-elle créatrice ou destructrice de valeur et de valeurs pour l'occident ?
Donc j'ai refusé de verser quoi que ce soit. Aujourd'hui, il faut taper du poing sur la table en faisant tomber une herse puissante entre l'Europe et la Chine. Et, on verra ce qui se passe. Ce n'est qu'une question de courage; De surcroît, on a rien à perdre, nous sommes en voie de 'dés-usinisation', or on a pas eu besoin d'eux pour fabriquer des voitures, avions, armements et autres libertés et produits culturels.
Rendons leur donc la monnaie de leurs dés pipés !
Cette missive par mail que je lui adressé date de mi-décembre, quand je lis votre article, celui-ci semble plutôt me donner raison.
Je ne suis pas sûr que la sinophobie grimpe dans les opinions, mais ce dont je suis sûr c’est que votre article tend à la stimuler. Qu’il me soit permis de répondre sur trois points.
Vous évoquez l’affaire Google : à ce jour, aucune preuve objective n’a été encore présentée en ce qui concerne 1) la réalité du piratage des comptes e-mails de défenseurs des Droits de l’Homme chinois dans cette attaque soi-disant "ultra sophistiquées" selon les mots de Google (Monsieur Eric le Boucher si vous avez des données concrètes à fournir, merci de nous les transmettre ) ; et s’il a véritablement eu lieu … 2) la responsabilité des autorités chinoises dans le méfait. Par rapport à ces deux observations, deux remarques s’imposent : 1) en supposant que des comptes ont été compromis au cours de cet assaut cybernétique, comment Google a-t-il fait pour savoir qu’ils appartiennent à des militants chinois ? Ceux-ci étaient-ils fichés par la firme de Mountain View ? 2) Les comptes de ces dissidents sont discrètement et sans trace sous observation de l’Etat chinois depuis longtemps, bien avant le déclenchement de l'incident par la firme américaine. Les infrastructures de sécurité chinoises, comme d’ailleurs le NSA, disposent de ce qu’il faut pour ne pas avoir à procéder à une grossière attaque rootable de hacker amateur, pour surveiller son territoire. Tout le monde sait en outre qu’une cyber attaque, à tel lieu de la planisphère, peut prendre des chemins détournés, via un/des ordinateurs tiers, sous contrôle à l’insu de leur propriétaire, localisés aux quatre coins du monde, pour leur faire porter en fin de compte le chapeau. N’importe lequel d’entre nous lecteurs de ce blog peut être victime d’un tel stratagème. Donc s’empresser de faire du pouvoir chinois le bouc émissaire de cette histoire, simplement parce que Google le prétend, alors que rien n’est encore objectivement clair, n’est ce pas un peu gros ? Par ailleurs, si c’est de l'idéal de liberté qui motive la réaction états-unienne, on peut discuter, non seulement de l'algorithme de recherche de Google, mais encore des nombreuses lois US (dont le fameux Patriot Act ) comprimant les libertés des Américains sur Internet, au nom de la lutte contre le terrorisme, la pédophilie ou le piratage, ou encore du système Echelon…
Vous pointez la « Sous-évaluation du yuan ». On ne comprend pas très bien votre argumentation. Question d’emblée : qui achètent en masse des bons du Trésor américains ? Il n’y a pas que cet aspect. Autre chose : 60% des importations de produits chinois sur le marché états-uniens proviennent de sites de production de firmes américaines qui, grâce aux délocalisations, engrangent des bénéfices à des niveaux jamais atteints (non comptabilisés dans la balance commerciale). Idem pour les importations de l’UE : une part quasi comparable provient de filiales européennes. Une reévaluation du régime de change de la devise chinoise pénaliserait les entreprises américaines et européennes. Donc cette sous-évaluation n’est pas automatiquement néfaste pour tout le monde. Le fond du problème n’est pas le niveau du yuan, mais permettez-moi, les différences de coûts de production entre la Chine d’une part, les USA et l’Europe d’autre part (dus aux écarts de développement). Puis, il faut dire aussi que si la France se plaint plus souvent que ses partenaires ( l’Allemagne notamment) d’un euro fort, c’est parce qu’elle a un problème de compétitivité face à ses concurrents de l’OCDE (et pas vis-à-vis de la Chine dont la spécialisation diffère complètement). Celui-ci découle de sa mauvaise spécialisation industrielle de la France et de ses faiblesses innovatoires, lacunes causées principalement, soulignons le, par les rigidités sociales hexagonales (mauvais système de formation tant dans les GE que les universités, segmentations sociales hermétiques…). Et pas parce que le yuan est sous-évalué ! La problématique du taux de change est complexe et montrer du doigt la Chine sans nuance est quand même trop trop facile…
Vous parlez de l’« Irresponsabilité de la Chine ». (???) Désolé : incompréhensible. Qui est à l’origine de la grave crise dans la quelle la planète se trouve encore ? Quel est le pays qui a montré que la gouvernance a failli dans tous les secteurs, tant social, économique que diplomatique avec deux guerres en cours faisant fi du Droit international, guerres à l’origine d’horribles souffrances pour les populations locales, lassantes pour les alliés et sources de coûts impondérables ? De quel pays est parti un système non seulement technique, mais pire de pensée où la finance devient prédateur de l’économie ? Autres questions : qui perfuse actuellement l’Amérique malade pour ne pas qu’elle s’écroule et, avec elle, la planète entière ? Qui porte à ce titre à bout de bras l’économie mondiale ? La Chine qualifiée d’« irresponsable » car elle a eu l’audace de dépasser la France dans la hiérarchie internationale ? Dans le contexte extraordinairement difficile qui est le nôtre, la Chine montre au contraire une confiance tranquille (elle n’a pas cédé à la panique et a continué d'acheter de la dette américaine) et le souci de prendre en compte les interdépendances planétaires par la coopération internationale (aide à Haïti, conférence de Londres sur l’Afghanistan, lutte contre la piraterie dans l’Océan indien et le Golfe d’Aden…). Quoi qu’on en dise, la planète profite de la reprise en Chine (sans elle, où trouver des gisements de croissance ?). Si tout dernièrement Peugeot (avec notamment la 408), Microsoft, Sanofi-Aventis… ont exprimé leur volonté de consolider leur présence en Chine, ce n’est pas pour rien.
La « guerre » économique contre la Chine est déclarée (???).... afin de barrer son émergence sans doute... Je suis assez inquiet car cela signifie aussi désinformation massive. Toujours est-il que si guerre il y a, ce n’est pas avec le syndrome du Colonel Piroth ou en trépignant des pieds tel des fils à papa gâtés piaillant «c’est pas juuuuuste ! » qu’elle sera gagnée. Car avec cette approche, un nouveau Dien Bien Phu attend certainement la France au tournant.
Cordialement,
Oui j'ai mis en titre "pètez" car je veux bien être vulgaire mais de là à tutoyer n'importe qui, non ;-) ... J'avais une amie chinoise à la fac dans un autre siècle et même millénaire qui disait lors de l'absorbtion de certains brevages locaux "ça passe en passant" (sa traduction littérale) c'est peut-être ce qu'il conviendrait de dire de cet article de monsieur Leboucher qui n'est pas à vôtre goût ? LOL...
Comme beaucoup je suis conscient qu'au contraire il faut acheter le plus possible de produits chinois tant que nous le pouvons encore, car je pratique l'économie réaliste et non l'économie "de salon".
Ceci étant dit ce serait être un peu naïf que de penser que Google n'est pas capable d'identifier les sources réelles d'attaques, au contraire ils ont des dispositifs très sophistiqués inventés à la base pour identifier les gens qui tentent de tricher pour toucher de l'argent indûment du programme AdWords/AdSense et je vous prie de croire que ça marche très bien...
La responsabilité du gouvernement Chinois peut être prouvée de diverses manières mais je ne dispose pas des éléments, toujours est il que dans un pays qui est connu pour être plutôt favorable à la censure et au filtrage on peut penser que si un "gros paquet de n'importe quoi" sort du pays c'est pas involontaire, ou alors c'est que le contrôle gouvernemental ne fonctionne pas et qu'une secte est à l'oeuvre, donc aveu d'échec pour le gouvernement ?