Monde

Témoignage de violence policière en Afrique du Sud

Slate.fr, mis à jour le 19.01.2010 à 17 h 30

Ce soir-là, je voulais écrire un nouvel article sur mon blog, intitulé «L’Afrique du Sud n’est pas l’Angola», pour rappeler que le pays est prêt à accueillir la Coupe du Monde. Finalement, je ne l’écrirai pas.

Installée depuis peu en Afrique du Sud, Sophie Bouillon est journaliste; elle a récemment fait l'expérience des brutalités policières sud-africaines. Un soir de janvier, à Johannesbourg, la jeune femme conduisait, ceinture mise, papier en règle. Dans la voiture, un ami zimbabwéen (noir). Elle est blanche. Ce genre de mélange n'est pas encore tout à fait tolérable au pays dit «arc-en-ciel», mais qui reste le pays où l'apartheid a séparé noirs et blancs pendant des décennies. «L’apartheid n’est pas mort. Il n’est pas vivant. Comme un cheval souffrant, ce système raciste de cinquante ans d’âge, convulse, donne des coups. Inattendus», écrit-elle.

Ce soir-là, où elle se fait arrêter à un simple barrage de police, elle est embarquée au poste parce qu'elle ne détient pas de «numéro d’enregistrement pour étranger qu’il faut obtenir au commissariat». Ce numéro n'existe pas. Quand l'ami de la journaliste le rétorque, il s'entend répondre par le policier blanc: «Parce que toi ZIMBABBOUEN tu crois que tu connais mieux la loi sud-africaine que moi? Puisque t’es si sûr, j’embarque ta copine. Elle passe en Cour de justice lundi. En attendant elle va passer le week end en cellule.»

Sophie Bouillon raconte les violences policières, les insultes, le spray au poivre dont les deux jeunes gens se voient aspergés, la nuit au poste, la sortie au petit matin; les scories de l'apartheid.

[Lire l'article complet sur libération.fr]

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Image de Une: Carte Afrique du Sud, wikimedia.

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