Égalités / Monde

La Cour d'appel du Kenya juge illégaux les tests anaux à l'encontre des homosexuels

Temps de lecture : 2 min

Ces examens, qui visent officiellement à déterminer si deux hommes ont eu une relation homosexuelle, sont contraires à la dignité humaine, ont estimé les juges en charge de l'affaire.

Le drapeau arc-en-ciel, symbole de la communauté LGBT | Sam T via Flickr CC License by

«Nous saluons la décision de la Cour d'appel, qui a donné la priorité aux droits des citoyens kenyans». Sur le site Pink News, Njeri Gateru, en charge des questions juridiques de la Commission nationale pour les droits humains gays et lesbiens au Kenya (NGLHRC), a exprimé le soulagement de son organisation vis-à-vis de la décision adoptée ce jeudi 22 mars par la Cour d'appel du Kenya: la pratique de tests anaux à l'encontre des personnes homosexuelles a été jugée illégale.

Cette «décision historique et unique au monde», selon les mots de Neela Ghoshal, de l’organisation Human Rights Watch, arrive au terme de trois ans d'une bataille juridique. En 2015, deux jeunes Kenyans avaient en effet été arrêtés, car suspectés d'avoir eu une relation sexuelle. Ils avaient alors subi des examens anaux de la part des agents de police et des personnels de l'hôpital. Le but? «Prouver» leur relation, dans un pays où l'homosexualité est interdite par la loi.

Les deux jeunes hommes avaient porté cette affaire devant la justice nationale, mais avaient vu leur plainte rejetée une première fois en 2016. Selon Jeune Afrique, le juge de la Haute cour de Mombasa avait alors déclaré qu'«il n’y avait aucun autre moyen qu’une analyse anale pour que des preuves de leur homosexualité puissent être obtenues.»

Une décision qu'a cassée ce 22 mars les juges de la Cour d'appel, revendiquant le droit à l'intimité, rapporte Daily Nation:

«Le droit à l'intimité, et plus particulièrement le droit à ne pas voir son intimité violée par des fouilles au corps illégales, est fermement liée au droit à la dignité. Selon nous, ces droits s'étendent à la liberté de ne pas avoir à subir un examen médical.»

En 2017, Human Rights Watch répertoriait pas moins de huit pays où ce type d'examens étaient pratiqués. Parmi eux: le Kenya bien sûr, mais aussi l'Égypte, le Liban ou encore le Turkménistan. Autant de pays où l'homosexualité est pénalisée. Au Kenya par exemple, elle est punie de 14 ans de prison. Les défenseurs des droits espèrent que la décision de la Cour d'appel permettra de faire évoluer la législation interne, ainsi que les pratiques dans les autres pays.

Slate.fr

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