Santé / Économie

Les compagnies aériennes continuent de discriminer les personnes obèses

Temps de lecture : 2 min

Pour les personnes en surpoids, prendre l'avion peut être un vrai calvaire.

Un oiseau? Un avion? | Florian Scheinder via Unsplash License by
Un oiseau? Un avion? | Florian Scheinder via Unsplash License by

Les personnes obèses font souvent les frais de mauvais traitements de la part des compagnies aériennes. En janvier dernier, par exemple, les membres de l’équipage d’un avion Ryanair ont fait débarquer un passager à cause de sa corpulence. Malheureusement, ce genre de discrimination n’est pas exceptionnel.

En 2016, la compagnie aérienne Hawaiian Airlines a mis en place un nouveau système d’attribution des sièges: les passagers sont placés en fonction de leur poids pour équilibrer l’avion –une politique qui a depuis été pointée du doigt par les médias. Après coup, deux passagers ont décidé de porter plainte contre le département du Transport des États-Unis pour discrimination.

«Les refus à bord des avions sont réguliers et pas toujours liés à des raisons de sécurité», a expliqué Anne-Sophie Joly, présidente du Collectif national des associations d’obèses, au journal La Croix en 2013.

En 2015, MasterCard a déposé une demande de brevet pour développer un système qui pourrait révolutionner l'attribution des sièges en avion. Grâce à votre historique d'achats, la compagnie de carte de crédit pourrait déterminer votre poids et votre taille. The Economist explique que ces résultats pourraient ensuite être transmis aux compagnies aériennes et autres compagnies de transport pour attribuer les places selon la corpulence des futurs passagers. Mais cette technique ne serait pas un moyen de plus d'humilier les obèses?

Lors d'un précédent article, nous avions rapporté le témoignagne de l'auteure du blog Your Fat Friend sur le calvaire d'être le passager obèse à bord d'un avion:

«Le voyage en avion est tristement familier: c’est un microcosme de ce qui m’arrive si souvent en tant que grosse. [...] Je suis toujours trop grosse, toujours en trop, toujours inacceptable. Je dois toujours me rendre plus petite, me réduire indéfiniment, alors que mon corps s’entête à me résister. Mais je ne suis jamais assez petite pour mettre les autres à l’aise.»

Faire du profit à tout prix

Depuis 2010, plusieurs compagnies aériennes dont Air France-KLM ont mis en place une «taxe» sur l’obésité: si le vol est complet, les passagers nécessitant un second siège devront payer 75% du prix de ce nouveau siège en plus de leur billet. En cas de vol non complet, aucune obligation d'achat n'est en revanche formulée de la part de la compagnie sur son site internet. La taille des sièges entre deux accoudoirs peut varier de 45 centimètres pour la classe économique (soit un tour de taille de 135 centimètres) à 53 centimètres (soit un tour de taille de 200 centimètres) pour la première classe. Malgré tout, la rubrique intitulée «Passagers à forte corpulence» précise que «si votre tour de taille est supérieur à ces dimensions, [Air France] vous recommande de réserver un second siège»...

En 2016, Airbus a déposé un brevet qui vise à créer des sièges adaptables à la corpulence des passagers. Selon Le Figaro ces bancs pourraient accueillir soit «deux personnes de forte corpulence, soit trois adultes ou bien deux adultes et deux enfants». Les personnes en surpoids devront toutefois payer un supplément pour avoir accès à ces places.

Toutes les compagnies aériennes ne sont pas des mauvais élèves. Air Canada adopte une toute autre stratégie: pendant le vol les passagers en surpoids munis d'une ordonnance peuvent bénéficier d'un deuxième siège.

Aurélie Rodrigues

Newsletters

Prescrire ou guérir avec un antibiotique n’est pas automatique

Prescrire ou guérir avec un antibiotique n’est pas automatique

Il est difficile de prédire combien de temps après le début d’un traitement antibiotique l’amélioration se fait sentir. Mais si au bout de deux jours, vous allez plus mal, retournez consulter…

Les festivals devraient proposer aux gens d’analyser sur place les drogues qu'ils achètent

Les festivals devraient proposer aux gens d’analyser sur place les drogues qu'ils achètent

Lors d'un festival à Cambridgeshire, cette méthode a permis de réduire de 95% les hospitalisations liées à la consommation de drogues.

Gonfler votre nombre d'heures travaillées ne fait pas de vous quelqu'un de plus respectable

Gonfler votre nombre d'heures travaillées ne fait pas de vous quelqu'un de plus respectable

Arrêtez ça.

Newsletters