Monde

Trop de journalistes à Haïti?

Temps de lecture : 2 min

«La catastrophe en Haïti pose de véritables défis médiatiques. Défi de la pertinence, du respect, défi aussi de bien mettre en contexte les informations sans sombrer dans le voyeurisme», avertit Le Devoir.

Sur le site du journal, des internautes s'interrogent depuis quelques jours: y a-t-il trop de journalistes à Haïti? Nuisent-ils à l'organisation des secours?

Les journalistes sont nécessaires à la couverture médiatique, donc à la sensibilisation du monde entier, des populations comme des gouvernements: c'est précisément leur rôle de se rendre sur les lieux de crise pour veiller à ce que la réalité du terrain ne soit pas déformée, ou par exemple qu'il n'y ait pas de fausses photos qui soient diffusées, comme dans les premiers temps, parce que les rédactions, à domicile, cherchaient des images à tous prix.

Mais il y a des scènes choquantes: «Quand on voit la vedette de CNN, Anderson Cooper, braquer son micro sur les cris d'une jeune adolescente qui était ensevelie sous les décombres pendant que des secouristes tentaient de la sortir de là sans aucun outil, on a vraiment le goût de lui dire 'lâche ton micro et va donc les aider à soulever le morceau de béton!"», souligne Le Devoir.

Il est aussi légitime de se demander si les journalistes se rendant sur place prennent la place de secouristes. Si les provisions qui les nourrissent correctement sont enlevées aux provisions envoyées pour les Haïtiens.

«Pourtant, on doit accepter le fait que les médias se ruent en troupeau dans les rues de Port-au-Prince, parce que de toute façon le silence médiatique serait pire. Et le nombre de médias sur place est une garantie que l'organisation de l'aide sera surveillée. Peut-être pas une garantie à 100%... mais croyez-vous vraiment que ce serait mieux si tous les médias partaient?»

Par ailleurs, il ne faut pas croire que les journalistes sur place vivent dans le luxe. Certains correspondants médicaux sont même amenés à aider des patients. Sur 20Minutes, un envoyé de RFI, Florent Guignard, raconte la façon dont ils se débrouillent. «Pour des questions pratiques, on s’est établi à la résidence de l’ambassade de France. Le bâtiment était détruit, mais le jardin a été transformé en gros camping sauvage, sans sanitaire, mais c’est anecdotique par rapport à ce que vivent les gens.»

[Lire l'article complet sur LeDevoir]

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Image de une: dans les ruines d'une école de Port-au-Prince, le 13 janvier. REUTERS/Carlos Barria

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