Sciences

Les mœurs débauchées des animaux ont rendu leur domestication plus facile

Temps de lecture : 2 min

Nos petits compagnons le sont peut-être devenus parce qu'ils se sautaient tout le temps dessus.

Plus il y en a, mieux c'est! | torne (where's my lens cap?) via Flickr CC License by
Plus il y en a, mieux c'est! | torne (where's my lens cap?) via Flickr CC License by

Les loups, les porcs et les chats ont-ils été d'autant mieux domestiqués qu'ils évoluaient dans des environnements où ils avaient le loisir de se grimper tout le temps dessus? C'est l'hypothèse que formulent le zooarchéologue Ardern Hulme-Beaman et la biologiste évolutionnaire Paula Stockley, dans une étude publiée le 21 mars dans la revue Biology Letters.

Selon les deux chercheurs affiliés à l'université de Liverpool (Royaume-Uni), en augmentant la densité des populations animales vivant à leurs côtés, les humains pourraient avoir créé un environnement favorisant les pressions sélectives sur les espèces en voie de domestication.

Avantage adaptatif

Plus précisément, le processus de domestication semble avoir été facilité par une libération des mœurs sexuelles des animaux concernés. Cette débauche se serait caractérisée par une intensification de la compétition spermatique –quand les gamètes de différents donneurs mâles se tirent la bourre pour féconder une seule femelle.

En s'adaptant à cette compétition, les animaux proto-domestiques pourraient avoir joui d'un avantage adaptatif certain sur leurs homologues sauvages, dans des niches écologiques façonnées par l'homme. En fin de compte, le phénomène aurait pu contribuer à l'étranglement du flux génétique entre les proto-domestiqués et leurs cousins sauvages, favorisant ainsi la fixation de traits propres aux individus domestiqués.

Meilleur sperme pour lui, meilleure forme pour elle

Les mâles copulant avec plusieurs femelles –au lieu de monopoliser une seule partenaire–sont plus avantagés en matière de production et de qualité de leurs spermatozoïdes. Les scientifiques observent également que les femelles qui adoptent un comportement similaire bénéficient d'une meilleure condition physique, ce qui leur permet de repousser les assauts d'indésirables et de garantir au mieux leurs intérêts reproductifs.

Hulme-Beaman et Stockley concluent que la polyandrie pourrait avoir conduit à des modifications rapides des traits relatifs à la reproduction et à la fertilité compétitive, ce qui pourrait expliquer les «comportements sociaux radicalement différents» observés entre les animaux domestiques et leurs ancêtres sauvages.

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