Santé / Société

Contraception masculine: enfin des résultats concluants (ou presque)

Temps de lecture : 2 min

Un récent essai clinique est très prometteur.

Les joies de la pilule... pour les hommes cette fois. | DraconianRain via Flickr CC License by

On avait perdu tout espoir de voir une méthode de contraception masculine commercialisée un jour… Voilà plusieurs dizaines d'années qu’une alternative à la pilule féminine est en cours d’élaboration, mais sans grande réussite.

Les femmes sont souvent les seules responsables de la contraception. En 2015, une étude sur les habitudes contraceptives dans le monde a montré que 60% des femmes en couple avec un homme utilisent une forme de contraception pour seulement 20% des hommes.

Treize des seize solutions disponibles sont destinées aux femmes. Les hommes disposent de trois options: les préservatifs, la vasectomie et le retrait. Par le passé, les scientifiques ont lancé plusieures tentatives de contraception masculine comme le Risug (Reversible Inhibition of Sperm Under Guidance), l’injection contraceptive ou encore le gel contraceptif.

Cette semaine, lors de la réunion annuelle de la Société d’endocrinologie, les chercheurs de l'université de Washington ont présenté les premiers résultats prometteurs d’un essai clinique sur la pilule contraceptive hormonale pour les hommes.

Pendant un mois, quatre-vingt-trois hommes entre dix-huit et cinquante ans ont une pris une pilule à base de diméthandrolone undécanoate (DMAU). Ce mélange d'androgènes et de stéroïdes anabolisants diminue la testotérone et les autres hormones impliquées dans la production de sperme. Les participants étaient répartis en quatre groupes associés à un dosage spécifique: placebo, 100, 200 ou 400 milligrammes. À la fin des vingt-huit jours de tests, les analyses de sang montraient que –en théorie– ces hommes n’étaient plus en mesure de procréer.

Des effets secondaires encore trop incertains

Mais des chercheurs extérieurs à l’étude ont émis des craintes quant à l’utilisation des pilules DMAU. Ce mode de contraception pourrait être néfaste pour la santé des hommes:

«Le niveau normal de testotérone chez un homme peut varier entre 350 et 1.100 nanogrammes par décilitre. Après les vingt-jours de tests, certains participants sont descendus à treize nanogrammes par décilitre», a confié Seth Cohen, urologue au NYU Langone Medical Center, dans une interview à CNN.

Quartz explique que ce taux est bien en dessous du seuil de castration chimique –cinquante nanogrammes par décilitre. Un niveau aussi bas peut générer des effets secondaires qui peuvent varier entre prise de poids, développement mammaire, caillots sanguins, dépression et réduction de la masse osseuse.

Stéphanie Page, l'endocrinologue en charge de l'étude, précise que le seul effet secondaire jusqu'à maintenant déploré par les participants est une baisse de la libido –11% d'entre eux étaient concernés par cette diminution. Cette conséquence reste cependant très commune selon le système de santé publique du Royaume-Uni (NHS). Un rapport fait état du même constat pour les femmes qui prennent une pilule contraceptive...

D'autre part, tous les participants ont pris du poids lors du traitement –certains jusqu'à quatre kilos– et ont vu leur «bon cholestérol» diminuer.

Si ce premier essai clinique est prometteur, il est difficile pour les scientifiques de prédire les effets néfastes à long terme sans une étude plus longue avec un plus grand panel de participants. Mesdames, (messieurs), patience...

Slate.fr

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