Société / Monde

La police tire vingt fois sur un homme noir, pensant qu'il porte une arme: c'était un téléphone

Temps de lecture : 2 min

Dans la nuit du dimanche 18 mars, Stephon Clark a été abattu par la police au domicile familial. Suspecté d'avoir brisé des vitres de véhicules, il l'était aussi de porter une arme... qui s'est révélée inexistante.

Sequita Thompson, la grand-mère de Clark, entourée de proches | Capture d'écran via The Sacramento Bee
Sequita Thompson, la grand-mère de Clark, entourée de proches | Capture d'écran via The Sacramento Bee

Dans la soirée de dimanche dernier, deux policiers ont tiré vingt coups de feu en direction de Stephon Clark, 22 ans, qui se tenait alors dans le jardin de sa grand-mère, à Sacramento, en Californie. Les agents recherchaient un homme après avoir été dépêchés dans le quartier suite à un appel au 911 signalant qu'un individu brisait les vitres de véhicules.

«Montrez-moi vos mains! Une arme!»

D'après les images produites par une caméra-piéton, ils ont fait irruption en courant dans la cour de la maison de Sequita Thompson, la grand-mère du jeune homme. Tout va alors très vite. Un officier hurle –«Montrez-moi vos mains! Une arme!»– avant de se replier derrière un mur de la maison. Le policier, qui ne s'est toujours pas identifié comme tel d'après les enregistrements disponibles pour l'heure, lui crie de nouveau de montrer ses mains et de lâcher ce qu'il pense être une arme, avant de faire feu, secondé par son collègue. Les tirs durent environ six secondes. Clark tombe au sol et ne bouge plus.

Pendant cinq longues minutes, les agents resteront cachés derrière le mur, demandant une fois de plus au jeune homme de leur montrer ses mains. Cinq minutes pendant lesquelles les forces de l'ordre attendent des renforts, retranchés. Mais Clark est mort, avec, pour seul objet sur lui... un téléphone.

Des versions opposées

Selon les déclarations de la police de Sacramento, qui n'a pas officiellement confirmé l'identité de la victime, l'homme tué par les agents est bien l'homme signalé pour les bris de glace.

La grand-mère de Clark, Sequita Thompson, a contesté la version des événements présentée par la police dans une vidéo tournée par The Sacramento Bee, un journal local:

«Il était au mauvais endroit au mauvais moment dans son propre jardin? Allez, ils n'avaient pas à faire ça.»

Âgé de 22 ans, Stephon Clark était le père de deux enfants, de 1 et 3 ans.

Lundi, près de cent-vingt manifestants se sont regroupés devant la station de métro Meadowview sous la bannière du mouvement Black Lives Matter pour protester et apporter leur soutien à la famille.

La totalité des images prises par les caméras et l'hélicoptère devraient être diffusées et analysées sous trente jours, conformément à la politique municipale.

D'après le Washington Post, «987 personnes ont été tuées par la police l'année dernière, dont soixante-huit non-armées. Parmi elles, trente étaient blanches, vingt étaient noires, et treize hispaniques, montrant une surreprésentation des Afro-Américains parmi la population totale.»

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