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Aux États-Unis, 21% des garçons noirs élevés dans des familles riches sont devenus pauvres à l'âge adulte

Temps de lecture : 2 min

L'étude montre aussi que les femmes noires issues de milieux aisés s'en sortent beaucoup mieux que les hommes noirs élevés dans les mêmes conditions.

Un jeune Afro-Américain à Los Angeles. |
Robyn Beck/AFP
Un jeune Afro-Américain à Los Angeles. | Robyn Beck/AFP

Même lorsqu'ils ont été élevés dans des familles riches et dans des quartiers aisés, les jeunes adultes afro-américains gagnent beaucoup moins que les blancs venant de milieux similaires. C'est ce qu'indique l'étude de la trajectoire de 20 millions d'enfants américains nés entre 1979 et 1983, réalisée par des économistes de Harvard, Stanford et du bureau du recensement des États-Unis.

Sur 10.000 garçons nés dans des familles riches, 80% des blancs seront de classe moyenne ou riches à l'âge adulte, alors que c'est le cas de seulement 59% des Afro-Américains. En effet, 21% seront pauvres et 20% de classe moyenne inférieure à l'âge adulte. Les chiffres montrent que l'écart persiste même lorsque ces garçons sont nés dans des familles avec des salaires et niveaux d'éducation similaires à ceux des garçons blancs.

«Une des idées post-raciale en vogue chez les progressistes est que le problème fondamental est maintenant la classe sociale, pas la couleur de peau, et cette étude contredit cette idée», explique Ibram Kendi, un historien à l'American University interviewé par le New York Times.

Les hommes noirs sont plus affectés par le racisme que les femmes

Les chercheurs ont noté que ces inégalités de revenus entre noirs et blancs ne se retrouvaient pas chez les femmes. En effet, lorsqu'elles sont issues de milieux aisés, les femmes afro-américaines gagnent en moyenne un peu plus que les femmes blanches de milieux similaires.

«Ce n'est pas juste le fait d'être noir mais le fait d'être un homme noir qui a été hyper-stéréotypé de façon négative. Les hommes noirs sont vus comme intimidants et potentiellement violents», explique Noelle Hurd, une professeure de psychologie.

Dans ce contexte, même en vivant dans des quartiers aisés, les jeunes hommes noirs sont plus affectés par le racisme que les femmes noires.

Pour Will Jawando, qui a travaillé avec Barack Obama sur l'initiative My Brother's Keeper pour les garçons noirs, cette étude confirme la nécessité de programmes qui procurent des mentors pour les jeunes Afro-Américains. En effet, bien qu'il vive dans un quartier aisé, Jawando demeure conscient du poids des stéréotypes racistes. Il explique au New York Times que lorsqu'il sort en jogging au lieu de son costume, il se demande toujours si les gens le reconnaîtront ou s'ils penseront qu'il est un «noir du ghetto»...

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